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28 octobre 2004
J’assistais hier à l’assemblée plénière du Conseil général consacrée au “Plan départemental de cohésion sociale”. Avec ma collègue Anick Le Toullec - un sacré bout de femme, celle-là, disponible, volontaire pour faire bouger et avancer “le schmilblick”, râleuse à souhait et sur laquelle nous sommes nombreux à savoir pouvoir compter - avec Anick donc, j’y représentais le Conseil régional.
J’eus le loisir d’observer Nassimah Dindar. Avec son petit mètre soixante, elle donne l’impression d’être entre les mastodontes que sont le D.G.S. des lieux, Christian Dijoux, et le préfet Dominique Vian. Une impression qui s’évapore sitôt qu’elle prend la parole.
Par-delà la qualité de son discours, c’est l’aisance qu’elle dégage quand elle vous cause cohérence et cohésion sociales. Elle n’a pas à se forcer. Elle est ici dans son élément. Son texte a été écrit, mais on sent qu’elle le sait, qu’elle le vit, qu’elle le maîtrise.
Me remonte à l’esprit le commentaire qui avait accueilli son élection à la présidence de l’assemblée départementale. C’était - clin d’œil, s’il en est, de l’Histoire en même temps que de l’anecdote - un jeudi premier avril.
Ceux qui en ont souri, attendant que le poisson soit ferré aux hameçons classiques des machos, peuvent aller se rhabiller : la jeune femme s’est vite hissée là où elle doit être, à l’aise à la barre de sa mission, capable d’aller chercher en dehors de son hémicycle les forces vives capables de donner de la dimension à ce qu’elle veut entreprendre.
Et puis, elle sait placer quand il le faut, là où il faut, ce qui, chez elle, prend la dimension d’un principe fort : "... par-delà nos chapelles",... "par-delà nos petites victoires"... "ne pas croire que nous détenons la solution miracle..." ... "il s’agit d’une lueur d’espoir, d’un élan nouveau..."
Et la première femme musulmane présidente d’un Conseil général en France de donner la parole à Odile Thiéblin, à Deva Radakichenin, à Jean-François Rivière. Et aussi à Jean-Pierre Técher, trop comblé de pouvoir, en tant que rapporteur d’une des quatre commissions mises en place, dire que bien des Réunionnais attendent du concret dans l’optimisation des mesures présentées.
J’ose prétendre que les paroles du représentant du Collectif de lutte contre l’exclusion n’avaient pas l’air de déplaire à Nassimah Dindar. Bien au contraire...
Raymond Lauret
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