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"Ne laissons pas se dégrader le service public d’éducation"

28 septembre 2006

C’était le mot d’ordre de plusieurs centaines de personnes (entre 300 et 500 selon les organisateurs) qui ont défilé hier dans les rues de la ville Saint-Pierre pour dénoncer les 9.000 suppressions de postes dans l’Éducation prévues dans le budget 2007 par Bercy. Personnels, parents et étudiants accusent le gouvernement de mener une politique dangereuse pour l’avenir des jeunes et du service public : dégradation des conditions d’enseignement et de travail, réduction de l’offre d’enseignement, précarité accrue...




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Les manifestants sont arrivés très lentement hier devant la place de la Mairie. On a pu apercevoir dans la foule des TOS (Techniciens Ouvriers de Service) en grand nombre, accompagnés par des enseignants venus également nombreux, quelques parents d’élèves de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques) et une dizaine d’étudiants de l’Université du Tampon.
Le cortège est sorti de la place de Mairie vers 10h15 pour traverser la rue principale de Saint-Pierre, la rue des Bons Enfants. Escortés par la gendarmerie et la police nationale, les manifestants ont remonté la rue François Isautier pour arriver sur la Marius et Ary Leblond. Arrivée à l’intersection avec la rue Augustin Archambaud, au lieu de remonter vers la Sous-préfecture, la foule est redescendue vers la place de la Mairie. "Qu’est ce qui se passe ? On ne va pas à la Sous-préfecture ?", murmurent quelques grévistes. Non, mais apparemment, tous n’étaient pas au courant. "Nous avons déjà déposé des motions à la Préfecture, il n’était donc pas prévu de se rendre aujourd’hui à la Sous-préfecture", nous confiera ensuite un représentant de l’UNSA.
Un "rendez-vous à la prochaine !" est pris pour continuer le combat. Avec le souhait d’être plus nombreux, car ce qui est en jeu est l’avenir des jeunes. Notre avenir !

Pourquoi n’avoir pas fait un seul rassemblement à Saint-Denis ?

Dans le passé, on avait pu constaté que lorsqu’il y avait 2 rassemblements différents, un à Saint-Denis et un à Saint-Pierre, celui de Saint-Pierre ne rencontrait pas le succès espéré. Selon, Michel Zerwetz, Secrétaire départemental adjoint FSU, "nous avons choisi de faire un rassemblement dans le Sud car c’était à la demande des collègues ; avec tous les d’embouteillages, la route du Littoral, il était préférable pour nous de rester à Saint-Pierre, de rester près de la population".
"On se s’attendait pas à voir autant de personnes mobilisées
, ajoute Benoît Blard, Président de la FCPE, vu qu’il y avait aussi un rendez-vous dans le Nord ; nous sommes satisfaits. Nous suivons le mouvement national de la FCPE". Mais dans la foule, les parents d’élèves ne sont pas très nombreux. Et cela se comprend, les uns travaillent et les autres doivent garder leurs enfants à la maison puisque les enseignants font grève. Mais ceux qui défilent sont bien conscients des enjeux de la manifestation.

C’est au détriment des élèves que le gouvernement détruit l’Éducation nationale

9.000 suppressions de postes, le budget 2007 poursuit l’entreprise de dégradation du service public d’éducation. Aux dizaines de milliers de postes supprimés lors des précédentes rentrées s’ajouteront 9.000 postes (sur les 15.000 suppressions d’emplois de fonctionnaires) qui manqueront pour assurer un service public de qualité. Dans le même temps, dans l’enseignement supérieur et la recherche, les engagements de créations de postes (1.500 au lieu de 3.000) ne sont pas tenus.
Les fédérations de l’éducation (SNAEN, FO, SNES, CFDT, CGT, FSU, UNSA) dénoncent les politiques budgétaires du gouvernement qui conduiront à réduire considérablement les moyens du service public. Les fédérations confirment leur dénonciation d’"une politique à courte vue, rétrograde dans ses choix et dangereuse pour l’avenir, dont les élèves, les jeunes, notamment ceux qui sont le plus en difficulté, tout autant que les personnels, vont payer le prix". Cet appel à la grève d’hier faisait suite à l’appel de juin 2006.

Sophie Périabe


An plis ke sa

o De 2003 à 2007, 4.101 enseignants de plus pour 184.901 élèves de plus, soit en moyenne une création de poste pour 45 élèves supplémentaires... Cherchez l’erreur.

o Le budget 2007 prévoit 15.000 suppressions d’emplois dont 9.000 dans l’Éducation nationale.

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