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Barack Obama encore le plus rapide
4 mai 2011, par

À un an de la présidentielle, Nicolas Sarkozy est devenu le premier chef d’État à présider en même temps le G20 et le G7. Cette opportunité devait être mise à profit pour utiliser la politique étrangère comme fer-de-lance de la conquête de l’opinion publique. Mais Barack Obama vient de lui infliger un nouveau revers qui achève de discréditer le président français. Désormais, ce dernier ne peut plus compter sur la politique étrangère pour sauver un bilan largement réprouvé.
Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont un point commun, c’est en 2012 qu’auront lieu les élections présidentielles dans leurs pays. Le président américain a déjà annoncé qu’il sera candidat à sa propre succession, alors que s’il ne l’a pas encore fait, Nicolas Sarkozy ne tardera pas à dévoiler ses intentions. À La Réunion, il bénéficie d’ores et déjà du soutien de Didier Robert, parlementaire UMP en mission et président de Région.
Mais en 2011, Nicolas Sarkozy avait sur le papier un avantage sur Barack Obama. Il héritait en effet de la présidence du G20 et du G8. Jamais un chef d’État ou de gouvernement n’a eu à endosser cette double responsabilité. C’était donc un moyen pour le chef de l’État d’utiliser ce levier pour faire oublier un bilan social désastreux. Et il avait multiplié les déclarations sur une réforme de la gouvernance financière du monde. Mais dès le départ, patatras, la France est empêtrée dans un guêpier tunisien qu’elle n’a pas vu venir, à la différence des États-Unis. Le reste est à l’avenant, avec l’effondrement d’Hosni Moubarak, co-président avec Nicolas Sarkozy de l’Union de la Méditerranée.
Du coup, ce dernier tente de reprendre la main en étant la cheville ouvrière du déclenchement de la guerre en Libye, c’est même un avion français qui a tiré le premier missile selon la version officielle. Mais très rapidement, les États-Unis se mettent en retrait, et le commandement est confié à l’OTAN. Depuis lors, le conflit s’enlise. En Côte d’Ivoire, l’engagement partisan de l’armée française dans la guerre civile postélectorale n’a pas rehaussé le prestige de la France. En effet, elle a pris fait et cause pour un candidat convaincu d’avoir massivement fraudé.
C’est de la Maison Blanche qu’est venu le coup final qui fait totalement s’effondrer la stratégie de Nicolas Sarkozy. Dimanche soir, Barack Obama annonce que des soldats américains ont abattu Oussama Ben Laden, désigné comme le principal responsable des attaques du 11 septembre 2001. Cette annonce est une grande victoire de Barack Obama sur le président français. Désormais, que reste-t-il à ce dernier pour sauver sa double présidence du G20 et du G8 ? Plus rien…
À moins d’un an de la présidentielle, Nicolas Sarkozy ne peut pas dissimuler son désastreux bilan social derrière sa politique internationale. C’est un bilan très largement réprouvé par celles et ceux qui éliront le président de la République.
M.M.
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