Olympiens réunionnais

23 septembre 2008

Une exposition sur les Jeux olympiques est à la disposition des collectivités qui en feront la demande, au Comité régional olympique et sportif (C.R.O.S)

Les affiches des jeux de 1956, 1960 et 1964, parmi la série des 24 panneaux.
Un récapitulatif de tous les JO depuis 1896. Ils ont eu lieu tous les quatre ans, sauf en 1916 (Grande Guerre), en 1940 et 1944 (Seconde Guerre mondiale), soit 23 éditions.

Pour accompagner les J.O de Pékin et consolider la culture olympienne de tout un chacun, le C.R.O.S fait circuler une exposition de 24 panneaux (une par Jeux + une présentation générale), visible jusqu’au 24 septembre à la médiathèque de Saint-Benoît. Elle réintégrera ensuite le C.R.O.S, disponible pour toute collectivité qui souhaiterait la présenter au public.
A Saint-Benoît, une rencontre organisée avec la participation de l’adjointe aux sports et de l’adjointe à la culture a eu lieu autour de quelques sportifs de hauts niveau ayant participé à des Jeux olympiques : Jean-Louis Prianon évidemment, présent aux jeux de Séoul (1988) et “doyen” des olympiens réunionnais avec Daniel Sangouma (médaille de bronze), Franck Schott et Eric Laderval, le premier Réunionnais à participer aux jeux paralympiques, où il remporta une médaille de bronze au lancer de javelot. Avec Jean-Louis Prianon, Nelly Ramassamy et Patrice Casimir représentaient la génération de sportifs formés à partir des années 80. Avec eux, Johanny Maden a été le seul arbitre réunionnais hissé au niveau mondial dans l’arbitrage (boxe anglaise).
Les “anciens” comme Prianon ou Laderval n’étaient pas exactement les premiers, puisqu’ils avaient été précédés en 1976 par Jean Mayer, présent aux Jeux de Montréal jusqu’au quart de finale du 200 m. Sa participation était pour l’époque tout à fait exceptionnelle, dans une île qui manquait encore cruellement d’équipements sportifs et d’une politique de masse et de haut niveau susceptible de faire émerger des champions.
Depuis 1988, la participation des Réunionnais aux Jeux olympiques, dans diverses équipes de France, a été régulière, bien que plus ou moins importante et couronnée de succès. C’est en 2000, à Sydney, qu’ils ont été les plus nombreux, avec notamment la présence remarquable de l’haltérophile Sabrina Richard, la première Française dans cette discipline à participer aux jeux olympiques.
Il faut aussi noter la participation de sportifs réunionnais aux jeux paralympiques, après Eric Landerval (Séoul, 1988). En 1992, Jean-Denis Aboukir décrochait le bronze en basket. Il était aux côtés d’Eliane Ovide et José Thérézo - ce dernier ayant aussi participé à Sydney (2000) et Athènes (2004).

Une fois le rideau tombé sur les jeux olympiques et paralympiques, cette année encore, reste la question non résolue de l’insertion dans la société réunionnaise de ces sportifs qui ont atteint le haut niveau, le plus souvent au prix de gros sacrifices personnels, comme ont pu en témoigner Patrice Casimir et Nelly Ramassamy, qui tous deux ont quitté leur famille très jeune - à 10/12 ans - pour rejoindre une école du sport en France.
Jean-Louis Prianon, s’il a pu rejoindre la fonction publique, a soulevé cette question en invitant les politiques et le C.R.O.S à s’impliquer davantage dans la résolution de cette question. « Les autres galèrent pas mal, surtout les champions de sports amateurs » dit-il, ajoutant que « respecter un sportif de haut niveau qui a donné dix ou vingt ans de sa vie à une discipline, c’est respecter l’humain » a souligné le grand coureur réunionnais.

P. David


Jean-François Beaulieu, président du C.R.O.S :

Plus de moyens pour le haut niveau et plus de reconnaissance pour ses sportifs

Ils seraient entre 200 et 250 athlètes à La Réunion et, selon le président du CROS, Jean-François Beaulieu, citant une étude faite il y a deux ans environ, il n’y aurait que « cinq athlètes sans emploi ».
« Mais il se pose un problème de reconnaissance de la personne, dans ces emplois » a poursuivi Jean-François Beaulieu. Ils sont en effet, pour la plupart, dans des emplois qui ne correspondent pas à leur profil et qui les laissent végéter, au lieu de leur permettre de transmettre le meilleur de ce qu’ils ont appris.
Autre point préoccupant : sur les dix pôles espoir - qui permettent l’accès au haut niveau, dans neuf disciplines - deux viennent de fermer, dont le pôle gymnastique.
« Si véritablement, au niveau régional, on veut mettre en place une politique de haut niveau, il faut soutenir plus ces structures, sachant qu’il faudra y mettre des entraîneurs et des encadrants de haut niveau, pour amener les jeunes vers le haut niveau national », a indiqué le président du CROS, en invitant les politiques « à faire plus d’efforts pour le haut niveau ». Les dirigeants sportifs de l’île ne peuvent que constater la réduction des moyens dont disposent les fédérations, jusqu’à il y a peu soutenues aussi par le Secrétariat d’Etat à l’Outre-mer. Ces moyens-là, aujourd’hui, ont disparu. « De fait, l’outre-mer est devenu un handicap pour les Fédérations », a constaté le président du CROS.
Une autre piste encouragée, pour soutenir les sportifs de haut niveau et leur trouver un débouché valorisant, serait une Académie du Sport, réunissant les sportifs distingués aux Victoires du sport, sur des projets étudiés pour faire vivre l’Académie. Mais là encore, pour faire vivre une académie, il faut des moyens...


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