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Alors que la nouvelle direction de la Région arrête des chantiers
24 avril 2010
Joël Mongin avait réussi à entraîner des travailleurs de bonne foi dans sa tentative de transformer la révolte contre les pannes de chantiers en croisade contre la Région Réunion. Aujourd’hui, ceux-ci ne peuvent plus avoir d’illusions : alors que les prix augmentent et que le nouveau pouvoir régional détruit les seules chances de reprises et d’emploi, Joël Mongin est aux abonnés absents.

Joël Mongin avait entraîné des chefs d’entreprise à bloquer la Région pour demander des chantiers. Aujourd’hui, les chantiers ne sont plus là, et Joël Mongin non plus.
À grand renfort de communication, Didier Robert tente de camper l’image d’un homme d’action, prêt à prendre par les cornes le taureau de la crise. Malgré les efforts déployés, la communication peine à dissimuler la réalité d’une politique de destruction engagée par le nouvel exécutif régional en un mois seulement de pouvoir. Avec l’arrêt du tram-train, Didier Robert a condamné à la ruine un grand nombre de PME du secteur du BTP. À plusieurs reprises, les associations syndicales et les représentants des entreprises de ce secteur ont lancé des signaux d’alarme.
Indignation sélective
En Juillet dernier, alors que Paul Vergès était Président de la Région Réunion, Joël Mongin présidait la FNTR. Il évoquait alors à pleine voix le sort des entrepreneurs de PME, « étranglés par les dettes » ; il rassemblait de lourds cortèges de camions et d’engins pour mettre le siège devant l’Hôtel de Région, et « encadrer », avec la bienveillance du Préfet, la cérémonie d’inauguration de la Route des Tamarins.
Aujourd’hui, Didier Robert préside le Conseil régional. Joël Mongin préside toujours la FNTR ; il est de surcroît membre de "lo FER" (Fédération des entreprises réunionnaises), organisation qui revendique une certaine radicalité dans la défense de l’emploi.
Ayant appelé à voter pour Didier Robert à la veille du second tour, ne devrait-il pas aujourd’hui être le premier à demander des comptes à un candidat qui s’est résolument engagé dans la destruction des emplois ouvriers et dans la fermeture des chantiers ? De même, l’augmentation des carburants annoncée récemment n’a pas suscité les commentaires qu’on aurait pu attendre de celui qui déclarait il y a quelques mois encore qu’il ne « renoncerait pas » à « combattre la vie chère ». Mais depuis les élections, Joël Mongin est parfaitement silencieux. Il faut croire que la misère du monde lui est moins pénible, maintenant que son camp politique est parvenu au pouvoir…
Geoffroy Géraud-Legros
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