Où vont les statistiques du chômage ?

14 juin 2008

Il y a un an, le collectif ACDC (Les Autres Chiffres du Chômage) organisait des ’Etats généraux des chiffres du chômage et de la précarité’. Après la controverse qui avait mis en évidence les dérives du traitement statistique du chômage, il s’agissait de déboucher sur des avancées concrètes.

Ces Etats généraux ont permis d’identifier des propositions pour reconstruire un système cohérent d’indicateurs du chômage, de la précarité de l’emploi et du travail. C’était, comme le soulignait le collectif à l’époque, la condition pour restaurer la crédibilité du système statistique public, permettre un réel débat démocratique et, surtout, mener des politiques publiques efficaces et justes.
Depuis 1 an, plusieurs rapports officiels ont été publiés, l’INSEE et le système statistique public ont modifié la définition et la méthodologie de calcul et de publication des chiffres du chômage. Mardi 11 juin étaient présentées au CNIS (Conseil national de l’information statistique) les nouvelles propositions du groupe de travail ad hoc présidé par J.B. de Foucauld.

Quelle est la réalité des évolutions du chômage et de la précarité depuis deux ans ? Que penser des changements déjà intervenus dans les indicateurs statistiques et des préconisations du groupe du CNIS ?
Un taux de chômage promis à 5% et un taux de pauvreté soi-disant divisé par deux en 2012 ; d’improbables 500.000 emplois vacants... Les statistiques sociales sont instrumentalisées par le gouvernement pour légitimer les contre-réformes et renforcer encore la pression sur les demandeurs d’emploi, avec la fusion ANPE-Unédic ou la redéfinition au rabais de l’"offre valable d’emploi".

Quelles conséquences pour la cohésion sociale et la qualité du débat public ?
L’Insee ne considère pas comme chômeurs les personnes qui maintiennent leur inscription à l’ANPE, mais ne signalent pas d’autres démarches actives de recherche d’emplois. « Exclure ces personnes a permis à l’Insee de faire baisser d’un point le taux de chômage », souligne Thomas Coutrot de l’ACDC. Le problème, selon le collectif, est désormais la mesure de la précarité de l’emploi, davantage que celle du taux de chômage. « Le 5 juin, l’Insee a modifié le mode de calcul du taux de sous-emploi », qui indique la proportion de personnes à temps partiel voulant travailler davantage. Ce taux, qui augmentait régulièrement depuis 2003, est brutalement passé de 5,6% au dernier trimestre 2007 à 4,4% au premier trimestre 2008. ACDC soupçonne un simple changement de formulation dans le questionnaire de l’Insee d’être à l’origine de cette baisse.


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Témoignages - 82e année


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