APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Manifestation du COSPAR
7 mars 2009

Rencontrées jeudi dernier dans la manifestation, des femmes venues défendre le pouvoir d’achat, l’emploi, le droit à la formation. Témoignages.
• Larissa, en 1ère année de Lettres Modernes
« J’ai très peur de l’avenir »
« Ma mère est célibataire, elle élève 3 enfants. Je la vois se lever le matin tôt pour aller travailler. Elle est agent de propreté. Aujourd’hui, j’ai très peur de l’avenir. Notre seule solution, est-ce l’exil ? Aujourd’hui, il faut au minimum un Bac pour obtenir un emploi de caissière. Je me pose beaucoup de questions. Faut-il étudier ? Que faut-il faire pour avoir une place dans la société ? ». Larissa est étudiante en 1ère année de Lettres Modernes. Son objectif, « les métiers du livre ». Elle avoue renoncer à devenir enseignante, sa première motivation. « Avec la réforme de masterisation de l’IUFM, on décourage la jeunesse à s’orienter vers l’enseignement », affirme-t-elle. Le budget de l’université baisse, l’éducation n’est plus une priorité, l’étudiant n’a pas de véritable statut social. « Nous demandons une aide pour tous les étudiants en fonction de leur situation propre », ajoute Larissa.
• Marie-Claire, technicienne de l’intervention sociale et familiale
« Avant tout, défendre nos emplois »
« Pendant longtemps, les femmes étaient au foyer à La Réunion. Aujourd’hui, elles sont plus nombreuses à travailler, mais elles ont les plus bas salaires, les plus basses tâches. Il y a peu de femmes cadres, et même en politique, on les comptes sur les doigts de la main ». Marie-Claire voit juste. Les femmes représentent 70% des salaires modestes à La Réunion. « Les femmes ont longtemps été soumises. Elles ne sont plus décidées à se laisser marcher sur les pieds, elles veulent faire bouger les choses. Celles qui travaillent donnent à leurs filles une autre éducation. Nous avons autant de mérite que les hommes ».
A l’ARTISF (Association réunionnaise des techniciens de l’intervention sociale et familiale) où elle travaille, les femmes constituent la majorité des salariés. Accompagnement, aide à domicile, action de dynamisation de quartier, autant de services d’aide à la personne assurés en majorité par les femmes. Aujourd’hui, 60 emplois sont menacés sur les 135 de l’association. L’ARAST, association à laquelle l’ARTISF est rattachée, se prépare à licencier. « Les licenciements vont concerner des femmes de 21 ans à 57 ans dans toute l’île. Il n’y a plus de budget du Conseil général pour l’aide à la personne », explique Marie-Claire. Les salariés de l’ARTISF ont déjà prévu une autre grève la semaine prochaine.
• Emilie, étudiante en 2ème année de Sciences de la Vie et de la Terre
« La génération des jeunes femmes ne veut plus vivre en retrait »
« Je pense que les gens sont conscients que les femmes sont égales aux hommes, mais la société garde les anciens clichés pour les payer moins. La France a accumulé du retard par rapport aux autres pays européens. Il faut une évolution sociale. J’ai la volonté de travailler à La Réunion, et je sais qu’il faudra se battre deux fois plus qu’un homme ». Emilie, étudiante en 2ème année de Sciences de la Vie et de la Terre, souhaite « idéalement » devenir technicienne forestière. « Un métier où on croise peu de femmes », souligne l’étudiante.
Emilie était jeudi à la manif pour revendiquer « un statut social pour les étudiants ». « Nous sommes autant touchés, voire plus par la baisse du pouvoir d’achat », affirme-t-elle. Bourse insuffisante, difficultés à se soigner, à se loger, à financer ses études, le lot de milliers d’étudiants.
Propos recueillis par Edith Poulbassia
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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