Accueil du site> Chroniques> Alon filozofé
30 avril 2010
Je ne voudrais pas rendre le débat interminable entre Roger Orlu et moi-même, mais juste montrer que les échanges de ces dernières semaines à propos d’un « occupant dominant » non identifié mettent en lumière les difficultés d’un véritable dialogue.
J’ai certes eu droit à un “merci” initial et une adhésion finale à l’idée de « résistance créatrice » que je proposais. Mais, entre les deux, un long discours où Brigitte Croisier est interpellée à chaque paragraphe pour n’avoir pas compris le fond du débat. Elle aurait eu tort d’avoir été sensible aux connotations, pourtant reconnues, du terme “occupant”. Certes on peut “occuper” sa salle de bains, comme le remarque Roger Orlu, mais si on est « occupant dominant », cela change tout, me semble-t-il.
Je continue à penser qu’il aurait fallu définir les termes habiter et occuper, préciser s’ils sont strictement synonymes ou s’ils comportent des différences et lesquelles. Ensuite, il aurait fallu justifier le passage d’un terme à l’autre et montrer en quoi ce passage équivalait à une réunionnisation.
J’aurais eu tort également d’interpréter le terme de “traduction” comme le passage d’une langue à l’autre. C’est pourtant le sens habituel du mot.
En fait, je n’aurais raison que… lorsque j’admets tel ou tel point de l’article de Roger Orlu.
Je maintiens donc que le sens des termes utilisés n’a pas été suffisamment pensé sous tous ses aspects. Au final, il ressort du premier article de Roger Orlu que le peuple réunionnais serait entièrement soumis à un « occupant dominant » dont on attend qu’il soit identifié. Des positions ou oppositions aussi tranchées permettent-elles de comprendre véritablement ? Ne faudrait-il pas analyser la société réunionnaise dans toute la complexité de ses rapports de force internes ?
Brigitte Croisier
© Copyright 5 mai 1944-2012 Témoignages | Tous droits réservés.
La reproduction, même partielle, des contenus des pages de ce site sans accord préalable est strictement interdite (les citations sont autorisées par le droit français pour commentaires et critiques, tant que ceux-ci y sont strictement concomitants et que sont précisés l’auteur original et le lien Internet vers la page source).