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9 novembre 2007
C’est avec regret que j’apprends, par le biais de la presse, le report de la publication du livre de Bernard Estève, même si je m’y attendais. Et je comprends parfaitement sa déception car il en est de même pour mon ouvrage sur Saint-Joseph qui sera peut-être sur le marché l’année prochaine. Il se trouve que je connais Bernard car j’ai eu l’occasion de travailler avec lui : simple, professionnel, honnête. Bref, que des défauts dans notre société égoïste vouée à l’argent, la voiture, la paresse ne laissant aucune place aux loisirs intellectuels... Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi il est presque impossible de publier un ouvrage sur le patrimoine, à La Réunion : les éditeurs ne veulent pas se mouiller, font des choix éditoriaux souvent contestables (toujours les mêmes universitaires, les mêmes pseudo écrivains médiocres, et des droits d’auteurs entre 4 et 6% contre 10% en Métropole). Nous avons beaucoup travaillé sur nos projets, photos, mise en page, déplacements nombreux et on n’arrive même pas à rentrer dans nos frais. Comme le souligne Bernard, pas d’aide ni de subvention. Si l’on ne parle pas de maloya, d’esclavage, de la “malbarité” et j’en passe, les collectivités restent indifférentes. Il faut donc se débrouiller seul ou abandonner. Bonjour la politique culturelle locale. En ce qui me concerne, je termine les quelques travaux en cours et j’arrête de travailler pour une île aussi ingrate. Tant pis pour le patrimoine de La Réunion, qu’il disparaisse ! De toute manière, l’île a déjà perdu son identité créole.
Pascal Marion
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