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Après les 19 jours de grève des dockers de la SERMAT
24 mai 2013, par

Lors d’une rencontre avec la presse ce vendredi 24 mai, Paul Vergès a tiré les premiers enseignements de la grève de 19 jours des dockers de la SERMAT, un conflit social qui a touché tous les secteurs économiques et toutes les communes de l’île de La Réunion. Sa durée, ses conséquences et la prise de conscience de l’opinion confirment l’urgence d’agir pour aller vers une autre politique pour La Réunion. Paul Vergès a également abordé la question du RSTA et les conséquences de sa suppression dans moins d’une semaine à l’île de La Réunion.
Paul Vergès aujourd’hui en conférence de presse a tiré les premiers enseignements de la grève à la SERMAT. Mené contre un plan de licenciement de 19 travailleurs, ce conflit social a impacté toute l’île de La Réunion. C’est la conséquence d’une obstination de la part des patrons, qui ont claqué la porte de négociation, rappelle le sénateur de La Réunion.
C’est là qu’il est intervenu avec le Parti communiste réunionnais pour que les patrons reviennent à la table des négociations. Un courrier a également été adressé au ministre des Outre-mer et au Premier ministre, tandis que les dockers recevaient le soutien de la Fédération nationale CGT Ports et Docks qui rencontra à plusieurs reprise le ministère des Transports.
Le résultat fut un accord qui aurait pu être signé au bout de quelques heures de discussion, constate Paul Vergès. C’est la démonstration extraordinaire de l’obstination et du refus du dialogue social du patronat.
La victoire des dockers est un encouragement à la fermeté dans leur mouvement. L’échec de l’obstination des patrons doit les amener à avoir une attitude normale dans le dialogue social.
Ce conflit révèle une fois de plus la fragilité extrême de l’économie. Un pays de 880.000 habitants est ébranlé par la non-arrivée de containers pendant quelques jours. Des produits périssables arrivent de l’extérieur, et de plus en plus. C’est un système condamné.
« Nous sommes alimentés par un cordon extérieur. Toute interruption de l’alimentation amène ici une menace de catastrophe », ajoute Paul Vergès.
Ce bilan, c’est la conséquence d’une politique menée depuis 60 ans, comment faire ?
De ce conflit, Paul Vergès tire un autre enseignement : « c’est la première fois que pas de campagne d’excitation contre les dockers. On demandait un miracle au préfet, mais jamais n’a été mise en cause la justesse de la revendication des dockers ». « Dans l’opinion, un début de prise de conscience sur la gravité de la situation et qu’il faut changer », ajoute le président de l’Alliance.
Paul Vergès a aussi souligné le silence des élus devant un tel conflit. « Ces élus lisent-ils la presse ? Ils ont là uniquement pour avoir capté les voix des électeurs au nom de leur promesse », déplore le sénateur qui constate que le Conseil régional, collectivité responsable de la planification économique, a été totalement absente, son président étant d’ailleurs parti assister au Festival de Cannes « je ne connais pas d’exemple d’irresponsabilité la plus grande ».
« Nous avons la plus importante représentation parlementaire à La Réunion, 7 députés, 4 sénateurs : c’est un concours de silence. Ils ont des opinions sur tous les aspects, sauf sur ce conflit ».
C’est un problème très grave, car cela favorise la perte de confiance de la population vis à vis des élus, la population va chercher d’autres moyens de se faire entendre, indique Paul Vergès.
« On ne peut plus continuer comme cela. Il faut changer, allons en discuter.
À l’issue de cette prise de conscience, on peut arriver à un consensus qui ne repose pas sur des illusions, sur les programmes des candidats à la mairie. » Les critères peuvent être l’urgence sociale, la relance des grands chantiers dont le tram-train, et la réorientation des flux financiers venant de la France.
Au moment où la sur-rémunération est menacée à cause des restrictions budgétaires en France, Paul Vergès rappelle l’alternative proposée permettant de préserver les avantages acquis des fonctionnaires, tout en contribuant au développement du pays : l’affectation des 600 millions d’euros de la sur-rémunération dans un fonds de développement sous forme d’épargne. « Avec cela, on peut faire le rattrapage de tous les équipements à La Réunion. Cela devrait faire l’unanimité des parlementaires. Sinon le problème se fera en dehors d’eux ».
Retrouver les autres thèmes développés lors de cette conférence de presse de Paul Vergès dans Témoignages de demain.
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