Accueil du site> Social> Mayotte
Océan Indien zone de solidarité
15 novembre 2011
Dimanche dernier au Port, c’était journée de lutte pour l’ensemble des Mahorais vivant à La Réunion, lutte en “synchronisme” avec le grand mouvement de résistance à la vie chère que connaît Mayotte depuis plus de 40 jours. A l’appel du Collectif Mayotte en Actions (MEA) — « pour ce combat qui nous concerne tous » comme l’avaient écrit ses responsables —, s’est tenu au Port un grand rassemblement populaire, qui a remporté un succès considérable. Paul Vergès et Elie Hoarau avaient tenu à être présents à cette manifestation. Ils ont exprimé à nouveau le soutien réunionnais du P.C.R. à la population mahoraise mobilisée pour changer le système actuel.

La détermination et l’entrain des femmes mahoraises faisaient plaisir à voir dimanche au Port : la vie est un combat !
La journée de dimanche au Port fut à la fois festive et combative. Les chants et les danses étaient au centre du rassemblement. Loin d’être une animation anodine, ils avaient un sens profond pour chacune et chacun des personnes présentes. Chants et danses entretiennent le sentiment de la force collective, ils renforcent la solidarité, ils se nourrissent d’un amour partagé pour la justice, d’une aspiration commune à l’égalité.
L’égalité, ce fut bien le mot clé de ce rassemblement, repris par les oratrices et les orateurs, qu’ils soient mahorais ou réunionnais. La salle, très attentive aux discours, scandait les interventions d’approbations chantées et d’applaudissements. Et les paroles de Laurent Vergès, lancées voici plus de vingt ans, ont trouvé un écho particulièrement chaleureux dans le public mahorais : « Nou lé pa plis, nou lé pa moin, respekt anou ! ».
Jean-Hugues Ratenon, de l’Alliance réunionnaise contre la pauvreté, ainsi que Gilles Leperlier, de l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion, ont livré leurs témoignages en tant que camarades ayant été présents sur les lieux de la répression. Ils ont dénoncé la seule réponse apportée par le gouvernement — coups de matraque et bombes lacrymogènes — en lieu et place des mesures de justice sociale qui s’imposaient.
Lui aussi présent à Mayotte lors de la répression, le député européen des Outre-mer, Elie Hoarau, a rappelé l’entier soutien qu’il apporte au combat pour le développement de Mayotte. Mayotte aujourd’hui, sur le plan européen, est passée à un statut de Région ultra-périphérique (R.U.P.), et cela doit lui ouvrir, a-t-il dit, les perspectives de développement auxquelles le peuple mahorais a raison d’aspirer.
Après plusieurs prises de paroles des responsables du MEA, organisateurs et organisatrices de la journée, ainsi que d’un responsable syndicaliste ayant rendu hommage au long combat de Paul Vergès en solidarité avec les peuples frères de l’océan Indien, celui-ci s’adressa au public pour redonner toute sa dimension au principe de l’Egalité, principe intangible pour le respect duquel les Réunionnais ont dû se battre pendant un demi-siècle après qu’il eut été pourtant établi par la loi française en 1946. C’est pourquoi le soutien réunionnais du P.C.R., qui a mené cette longue lutte, est acquis au peuple mahorais.
Un soutien réunionnais également marqué par la présence d’élus municipaux de la Ville du Port, qui avaient tenu à participer à cette grande fête de la solidarité entre nos îles, avec un dénominateur commun : la lutte pour un devenir meilleur.
Alain Dreneau
| Une chaude après-midi d’amitié Ce dimanche 13 novembre, dans la salle du foyer du Cœur Saignant du Port, la communauté comorienne avait convié ses frères et sœurs de toute l’île. D’autres invités étaient également présents. Paul Vergès, Elie Hoarau, Maurice Gironcel. Et aussi Gilles Leperlier et Jean-Hugues Ratenon. Plusieurs élues et élus du Port étaient également venus. Un moment d’amitié et de solidarité avec les Mahorais en lutte depuis plusieurs semaines pour réclamer une plus juste application des prix : c’était là le but de cette rencontre. SB |
© Copyright 5 mai 1944-2012 Témoignages | Tous droits réservés.
La reproduction, même partielle, des contenus des pages de ce site sans accord préalable est strictement interdite (les citations sont autorisées par le droit français pour commentaires et critiques, tant que ceux-ci y sont strictement concomitants et que sont précisés l’auteur original et le lien Internet vers la page source).