APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Affaire Sicalait / EARL Ethève
18 août 2007, par

Après la suspension de collecte du lait provenant de son élevage, Pascal Ethève doit maintenant faire face à l’arrêt de la livraison d’aliments pour ses bêtes. La Sicalait ne veut plus fournir de nourriture à l’éleveur, car il ne peut plus payer. C’est pourtant la conséquence directe de cette suspension de collecte de lait.
La soixantaine de vaches de l’exploitation de Pascal Ethève est en train de mourir de faim sous ses yeux. Dans l’affaire qui oppose l’éleveur de la Plaine-des-Cafres à la Sicalait, le tribunal avait pourtant rendu son verdict en juillet dernier. La Sicalait avait interrompu la collecte de lait chez l’éleveur depuis deux mois, en raison de la présence de la fière Q dans le cheptel. Une maladie non réglementée et peu contagieuse d’après les vétérinaires. Yves Evenat, directeur de la Sicalait nous informait ainsi que le tribunal avait « donné raison » à la Sicalait, mais que la coopérative reprendrait la collecte du lait de l’entreprise Ethève à condition que l’éleveur « s’engage à fournir des documents certifiant que le lait provient d’animaux sains ». De son côté, Pascal Ethève expliquait qu’à l’issue d’une réunion, la Sicalait lui avait « assuré qu’elle allait reprendre le lait ». L’affaire semblait donc réglée.
Plus de nourriture, plus de gasoil...
Mais non. La situation s’est même dégradée pour Pascal Ethève. La Sicalait n’a jamais repris la collecte de lait, malgré l’intervention du préfet et une décision de justice. En effet, le préfet avait décrété un arrêté qui affirmait que « le lait provenant des bovins sans signe clinique peut-être livré à la Sicalait ». Maintenant, non seulement le lait n’est plus collecté, mais la Sicalait refuse de fournir de la nourriture au cheptel de Pascal Ethève. Résultat, les vaches sont en train de mourir à petit feu et tant bien que mal Pascal Ethève tente de nourrir ses bêtes avec de la paille de canne, aliment qui ne sont pas assez nutritif. « L’association SOS animaux m’a aidé pour pouvoir trouver à manger. J’ai récupéré gratuitement de la paille sur Bassin Martin, et j’ai pu mettre du gasoil dans mon camion pour ramener la nourriture. Mon tonton, qui est éleveur de volaille m’a aussi soutenu. Mais aujourd’hui les bêtes n’ont plus d’herbe pour manger. La paille de canne ce n’est pas suffisant, ça maintient les vaches debout, c’est tout », raconte Pascal Ethève. Chaque jour, une vache a besoin entre 20 à 25 kg de nourriture, dont 18 kg d’aliments, le reste en matière sèche, assure l’éleveur.
« Si Pascal Ethève veut nourrir ses bêtes, il n’a qu’à payer au comptant »
Raison invoquée pour ne plus livrer d’aliments à Pascal Ethève : à la coopérative, le compte de l’éleveur est dans le rouge. Patrick Hoarau, Président de la Sicalait, estime que l’éleveur est seul responsable de cette situation. « En mai dernier, Pascal Ethève clamait haut et fort qu’il avait un problème sanitaire chez lui. Pour des raisons de sécurité alimentaire et sanitaire, nous avons décidé de suspendre la collecte et lui avons demandé de nous assurer que le lait provenait de vaches sans maladie apparente. Le procès en référé a donné raison à la Sicalait. L’entreprise Ethève a été déboutée. Nous lui avons proposé de reprendre la collecte de lait à condition qu’il engage sa responsabilité d’éleveur, en fournissant un document attestant que le lait provient de vaches sans signe clinique apparent », affirme le Président de la Sicalait. Ce que Pascal Ethève n’a pas fait. « Comme il n’y a plus de production, nous sommes contraints de bloquer ses comptes déjà à crédit. Il faut arrêter l’hémorragie », continue Patrick Hoarau. « Si Pascal Ethève veut nourrir ses bêtes, il n’a qu’à payer au comptant, il est lui-même à l’origine de cette situation ». Aucun doute pour la Sicalait. D’ailleurs, lorsque le préfet est intervenu, « il n’était pas au courant de la situation », explique Patrick Hoarau. « Nous lui avons fourni les éléments qui ont justifié cette suspension de collecte ». Depuis, tout serait donc clair...
L’expert très attendu
De son côté, Pascal Ethève continue à soutenir que la coopérative est responsable de la maladie de son cheptel. Pour l’éleveur, les vaches étaient déjà malades lorsqu’il les a achetées à la coopérative et il est persuadé que d’autres éleveurs sont concernés. « Lorsque la Silam a trouvé la bactérie dans le lait, elle m’a accusé d’avoir contaminé tout le lait. Et les autres éleveurs ? Pourquoi n’y a t-il pas eu de test ? », se demande t-il. Aujourd’hui, Pascal Ethève attend l’arrivée de l’expert nommé par la Cour de cassation, « peut-être la semaine prochaine ». Il espère bien qu’il déterminera l’origine de cette maladie, et trouvera les responsables. Quoi qu’il en soit, l’éleveur de la Plaine-des-Cafres ne veut plus poursuivre avec ces bêtes, et demande à ce que la Sicalait lui fournisse un nouveau cheptel. En attendant, en bon éleveur, il ne peut se résoudre à laisser ses bêtes mourir de faim. La situation financière de l’entreprise est elle aussi préoccupante. Des prêts à payer, une famille à faire vivre... Pascal Ethève ne sait pas comment il va faire.
La Sicalait campe sur ses positions : les maladies comme la fièvre catarrhale regardent l’éleveur et son vétérinaire. « Attendons l’expert qu’il fasse son travail », concluait Patrick Hoarau. A suivre.
Edith Poulbassia
Jean-Yves Minatchy
La Sicalait impose sa loi
Pour Jean-Yves Minatchy, Président de la Chambre d’Agriculture, ce qui se passe est « un scandale ». « Comment, dans une démocratie, peut-on laisser quelqu’un de cette façon ? C’est un jeune marmaille qui a repris l’entreprise de son père, et qui a tout fait pour que ça marche. Malgré l’intervention du Préfet, alors que la Sicalait reçoit des subventions de l’État, elle persiste dans cette voie. La Sicalait se met au-dessus des lois. », estime-t-il. Il rappelle la difficulté rencontrée par les jeunes agriculteurs et éleveurs pour mettre sur pied une exploitation. « Il faut 15 ans pour ça, et aujourd’hui ce jeune éleveur voit son cheptel mourir par manque d’aliments ». Jean-Yves Minatchy dénonce le comportement dictatorial de la coopérative, « alors que tous les responsables de ce département sont contre ».
La Chambre d’Agriculture ne peut que garantir à Pascal Ethève un soutien morale ainsi qu’une remise gracieuse sur les prestations dues à la Chambre. Son pouvoir se limite à cela.
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Messages
12 juin 2012, 16:24
Ici nous avons tous les maladies bovines notre ile est un laboratoire vivant nos chercheur pourait fabriquer des vacins vivant