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1.700 touristes en moins et 10 millions d’euros de pertes

Bilan de "2010 l’année du tourisme" : Didier Robert incapable de tenir ses promesses

Manuel Marchal / 12 mai 2011

À son arrivée à la Région, Didier Robert avait annoncé que 2010 allait être l’année du tourisme. Il avait d’ailleurs décidé de gérer personnellement ce dossier, ne laissant à aucun autre élu la délégation tourisme. À l’heure du bilan, c’est la démonstration d’un échec. Malgré la hausse considérable du budget de l’Ile de La Réunion Tourisme et une gouvernance confiée à des "professionnels", le nombre de touristes a baissé. Pour l’économie réunionnaise, le manque à gagner atteint presque 10 millions d’euros. 2011 sera, d’après Didier Robert, l’année des communes. Les maires savent donc à quoi s’en tenir ! La démolition continue.

La ronde des Régions à Montélimar, l’opération bat’caré à Adélaïde, les voyages de Jean-François Sita en Australie… le résultat de tous ces gaspillages vient de tomber, il est désastreux et la Région ne peut pas le cacher car les chiffres restent les chiffres.
C’est lors d’une conférence de presse commune que l’Ile de La Réunion Tourisme que l’INSEE a dévoilé hier les chiffres de la fréquentation touristique. Alors que depuis 2006, ce nombre était en hausse constante, il a subi un coup d’arrêt l’an dernier avec l’arrivée d’une nouvelle direction à la Région.
En 2009, La Réunion avait accueilli 422.000 touristes, soit 6,4% de plus qu’en 2008, et 3,2% de plus qu’en 2005, l’année précédant la crise du chikungunya.
En 2010, c’est la catastrophe. Le nombre de touristes baisse de 1.700, les pertes sont énormes pour l’économie avec 10 millions d’euros de manque à gagner pour notre pays. Ce bilan est catastrophique eu égard aux sommes folles dépensées et aux annonces faites durant la campagne des régionales.
Un tel résultat donne la mesure de l’efficacité de la nouvelle équipe qui dirige la Région. Didier Robert avait affirmé que 2010 allait être "L’année du tourisme", et il n’avait de cesse de critiquer le travail accompli par l’ancienne direction de l’Ile de La Réunion Tourisme. Le nouveau président de la Région commençait donc par prendre en main personnellement la délégation Tourisme. Puis il a nommé un comité d’experts en charge de donner une ligne stratégique. À en croire cette fine équipe, on allait voir de l’action (voir encadré). À l’heure du bilan, c’est bel et bien l’amorce de la démolition du secteur du tourisme qui est lancée. Après la casse de la MCUR, de la géothermie, du tram-train, du photovoltaïque et du câble RAVENAL, c’est un nouveau secteur prometteur qui subit le choc de la politique UMP menée à la Région.

Manuel Marchal


Didier Robert, le 9 juin 2010 : « j’ai souhaité fixer l’année 2010 comme l’« année du tourisme » pour la Région et garder en propre les compétences régionales en matière de politique touristique ». La chute de la fréquentation touristique donne donc un aperçu de la "compétence" de Didier Robert, personnellement responsable de ce dossier.


La gabegie de la direction de l’Ile de La Réunion Tourisme

Dès le 3 août dernier, l’Alliance précisait : « à ce jour, conformément à la décision de la Commission permanente du 23 décembre dernier, l’Ile de La Réunion Tourisme (IRT) a reçu en acompte 50% de la subvention prévue pour 2010, soit 4,8 millions d’euros ». Cela signifiait que la subvention prévue était inférieure à 10 millions d’euros.
Quelques mois plus tard, l’Alliance réagissait au vote d’une rallonge de 5,9 millions d’euros votée par la Région pour l’IRT : « ces 5,9 millions s’ajoutent aux 13,8 millions déjà attribués à l’IRT cette année, soit 50% de plus, ce qui porte la subvention totale pour l’association présidée par Mme Farreyrol à plus de 19 millions d’euros. En principe, les 6 millions d’euros supplémentaires doivent être engagés par l’association avant la fin de l’année… ». Seule l’Alliance avait voté contre cette rallonge. Ces décisions montrent que de 10 millions d’euros, le budget de l’IRT est passé à 19 millions d’euros. Deux fois plus d’argent public pour la structure dirigée par une députée UMP, mais pour un résultat moins bon puisque le nombre de touristes diminue. À quoi donc a servi tout cet argent ?


Le développement à l’envers ?

Serge Gélabert le 9 juin 2010 : « j’ai toujours refusé catégoriquement pendant 20 ans de travailler avec l’ancien CTR car son objectif n’était pas de développer le tourisme ». Est-ce à dire que le développement du tourisme passe par une baisse de la fréquentation touristique et par la diminution des dépenses des touristes à La Réunion ?


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