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200 millions d’euros pour sauver les artisans, agriculteurs et petits commerçants à La Réunion

Pour préserver l’emploi et l’outil de travail, des propositions concrètes et réalistes face à la crise

Manuel Marchal / 13 novembre 2015

Patrick Lebreton aux côtés de Nazir Valy, Maurice Gironcel, Julien Magamootoo, Ginette Sinapin, et Jean-Jacques Grondin a présenté une des propositions de la liste Pour une Réunion nouvelle : un plan d’urgence contre l’exclusion économique des artisans et petits commerçants. Doté de 200 millions d’euros, il se décline en deux dispositifs pour soutenir les entreprises en difficultés ; le Fonds régional d’aide aux entreprises, le Fonds régional d’action d’urgence. Patrick Lebreton propose aussi un rééchelonnement sur 7 ans des dettes envers le RSI.

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Nazir Valy, Maurice Gironcel, Julien Magamootoo, Patrick Lebreton, Ginette Sinapin, et Jean-Jacques Grondin.

Tête de liste de l’Union PCR-Progrès-PS-PRG-MRC-Société civile, Patrick Lebreton a présenté hier un plan d’urgence contre l’exclusion économique. Pour exposer ce sujet, il était accompagné de responsables politiques impliqués dans cette question. Outre Maurice Gironcel, secrétaire général du Parti communiste réunionnais et maire de Sainte-Suzanne, étaient présents Nazir Vally, commerçant et membre de la section PCR de Saint-Pierre, Julien Magamootoo, avocat qui défend souvent les intérêts d’entrepreneurs en difficulté, Ginette Sinapin, agricultrice et secrétaire du PCR, Jean-Jacques Grondin, artisan et secrétaire de la section PS de Salazie.

Halte à la confiscation des pouvoirs

« Deux présidents de chambre sur la liste d’un candidat qui n’a pas fait grand-chose pour le petit commerce et l’artisanat, ce n’est pas commun », note Patrick Lebreton. Il constate aussi « la visite du patron des grands patrons » à La Réunion. La venue d’Yvon Gattaz en pleine campagne des régionales n’est pas une coïncidence. « Le programme du président sortant a une forte odeur de politique médefienne », dit-il.
Le développement économique est une compétence de la Région. Or, la « situation laissée en héritage catastrophique » pour les artisans, le petit commerce et les agriculteurs. Les leviers régionaux n’ont pas été utilisés sous le mandat de Didier Robert. « Entre 1998 et 2010, c’était un autre pilote à la Région, Paul Vergès, et c’était autre chose ».

La présence sur la liste de Didier Robert du président de la Chambre de commerce et d’industrie et de celui de la Chambre des métiers et de l’artisanat confirme le risque « de voir le pouvoir se concentrer dans les mains de personnes qui n’ont aucun intérêt à changer les choses », poursuit Patrick Lebreton. Le but de cette manœuvre, ce sont « les pouvoirs confisqués au profit d’une caste qui vient de tomber les masques ». Et de conclure sur ce chapitre : « nous ferons tout pour qu’ils perdent ».

Artisans, petits commerçants et agriculteurs abandonnés

« Ont-ils regardé le programme de leur associé Didier Robert », interroge Patrick Lebreton tout en feuilletant les 8 pages des promesses du président sortant : « pas un mot pour les entreprises artisanales, les petits commerçants, les petits exploitants agricoles, pas un mot pour ceux qui luttent pour faire vivre leur entreprise ».
Patrick Lebreton prend la défense de ceux qui sont « les victimes de l’exclusion économique ». « Ils représentent plus de 90.000 actifs. 15000 entreprises pour 41000 travailleurs dans l’artisanat, 10000 sociétés pour 30000 dans le commerce, 7500 chefs d’exploitation et 21000 emplois dans l’agriculture. Par contre, d’autres sont bien servis, notamment du côté de la téléphonie…

Le député-maire de Saint-Joseph indique également que 70 % des artisans réunionnais disent manquer de trésorerie. Le bilan de Didier Robert, c’est aussi une forte baisse des créations d’entreprise à La Réunion. 8133 en 2010, 6347 en 2014. 910 par moins en 2010, 500 par mois en 2014. C’est à peine une entreprise sur deux qui passe le cap des 5 ans de durée de vie.
« C’est une dynamique de création d’entreprise cassée, et les deux présidents de chambre consulaire applaudissent », souligne Patrick Lebreton.

Pour un plan d’urgence économique

« Il faut un véritable plan d’urgence. Pour des achats de proximité qui sont des emplois de proximité ».
Julien Magamootoo présente alors le plan d’urgence de 200 millions d’euros pour sauver les emplois et soutenir les entreprises en difficulté.

Il se décline en deux dispositifs. Intitulé Rebond, le premier pourra accompagner les sociétés qui rencontrent des soucis passagers liés par exemple à la défaillance d’un client important. Il sera également destiné aux entreprises qui ont des problèmes structurels obligeant à une procédure de sauvegarde ou de redressement.
Le second est le Fonds régional d’action d’urgence (FRAU). Ce sera un accompagnement pour les entreprises en difficulté ou en prévention de difficulté à cause de la conjoncture.

Prestation d’appui, de conseil individualisé en stratégie, management financée par la Région Réunion, le FRAU pourra intervenir dans un délai de trois jours après la demande.

Patrick Lebreton a également présenté des propositions pour la Sécurité sociale des artisans, commerçants et agriculteurs. C’est tout d’abord le problème des retraites souvent trop faibles. La tête de liste de Pour une Réunion nouvelle revient sur l’initiative de Paul Vergès, qui a déposé un amendement demandant la revalorisation de ces pensions. Il a aussi présenté une proposition de rééchelonnement des sommes dues au RSI sur 7 ans. C’est un retour à l’esprit qui avait prévalu lors de la rédaction de la Loi d’orientation pour l’outre-mer, la LOOM, qui comportait ce type de dispositif afin de permettre aux entreprises de passer un cap difficile.

Changer de logiciel

Maurice Gironcel est intervenu au sujet de la visite mardi de Patrick Lebreton à Sainte-Suzanne. La tête de liste de l’Union PCR-Progrès-PS-PRG-MRC-Société civile y a rencontré des agriculteurs et des artisans. Il en est ressorti une grande inquiétude de l’avenir des acteurs économiques à cause du présent et face à l’avenir.
C’est la raison pour laquelle s’est construite l’union sur 20 ans des forces de progrès, car « tous les problèmes ne se régleront pas sous une seule mandature ».

Le communiste le mieux placé sur la liste a également rappelé « la gestion calamiteuse de la Région, mise en avant par le magazine Capital ». Il a ajouté que les dépenses suite aux embauches sont passées de 65 à 130 millions. « Ce n’est pas la conséquence du transfert des lycées » qui peut expliquer cela.

Il a aussi souligné ce qui se cache derrière les promesses sans lendemain. « Il faut arrêter de raconter des histoires, construire 30 000 logements, c’est 6 milliards d’euros, où les prend-on ?

Patrick Lebreton a conclu en rappelant une nouvelle fois que le contrat avec la France, fondé sur des droits et des devoirs nécessite un autre logiciel.

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Patrick Lebreton.


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