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2011 : l’année la plus grave de l’Histoire de La Réunion

Paul Vergès et les perspectives pour notre île

Manuel Marchal / 15 janvier 2011

Les pires situations de chômage et d’augmentation des prix vont marquer l’année 2011 à La Réunion. Devant les conséquences de cette crise, Paul Vergès appelle à s’unir pour éviter à tout prix les explosions sociales qui déchirent le monde.

Que réserve 2011 ? Où allons-nous ? Ces questions sont posées par les Réunionnais qui ont les plus faibles revenus, ils s’inquiètent de leur avenir immédiat. Mais le grand changement indiqué par Paul Vergès, c’est que ce questionnement concerne un nombre beaucoup plus important de travailleurs. Ce sont les milliers de salariés du BTP qui ne savent pas s’ils seront toujours en activité dans les mois à venir, les employés des entreprises de services, et même la fonction publique.
L’inquiétude concerne également les dirigeants des entreprises, indépendamment de la taille de la société. Les difficultés rencontrées par les groupes Caillé et Foucques montrent que la crise touche tout le monde, et pas seulement les plus petits traditionnellement plus vulnérables.
Les jeunes sont également inquiets. Car la croissance démographique amène chaque année 4.500 travailleurs supplémentaires dans la population active au moment où les possibilités d’emploi se réduisent. Comment pourront faire les jeunes ?

Des facteurs extérieurs

« Jamais les Réunionnais n’ont ressenti aussi profondément le sentiment que leur situation personnelle dépend de facteurs extérieurs qu’ils ne maîtrisent pas », dit en substance Paul Vergès, « c’est la conséquence de la crise structurelle qui fait dépendre notre économie de l’extérieur ».
Ces facteurs sur lesquels les Réunionnais n’ont pas de prise sont de plusieurs ordres.
C’est tout d’abord la crise climatique. 2010 a été marquée par une spectaculaire augmentation du nombre des catastrophes liées au climat. La sécheresse a touché la Russie, provoquant des incendies. Les inondations ont frappé notamment le Pakistan, puis l’Australie. Au Brésil, des centaines de personnes viennent de perdre la vie à cause de coulées de boue provoquées par des pluies diluviennes. Tout comme le Brésil, La Réunion est un pays tropical. Est-elle à l’abri de dégâts tels que ceux infligés par les cyclones de 1932 et 1948 ? Quant à la sécheresse, elle sévit alors que nous sommes dans la saison des pluies. Cela désorganise totalement le travail des planteurs qui s’attendent à des pertes pour la prochaine campagne sucrière.
La croissance démographique est un autre facteur. Au cours des 40 prochaines années, l’humanité verra sa population augmenter de 2,5 milliards d’habitants. 2,5 milliards d’habitants, c’était la population du monde en 1950. Avec 9,5 milliards d’êtres humains en 2050 se pose la question de la survie de peuples entiers. Pour notre île, cette croissance se matérialise par une hausse importante de la population active.
Enfin, la mondialisation pèse chaque jour davantage. La crise financière puis économique s’est répandue dans le monde. L’Europe est frappée sévèrement. La réponse des gouvernements européens, c’est la compression des dépenses publiques au travers de plans d’austérité.

« Nous entrons dans un cycle catastrophique »

Tous ces facteurs se combinent pour aggraver la situation dans le pays. La croissance démographique et les phénomènes climatiques extrêmes augmentent la pression sur les matières premières et les productions alimentaires de base. La conséquence, c’est l’augmentation des prix.
C’est à ce moment décisif que le gouvernement décide d’appliquer un plan de rigueur. 2011 sera la première des trois années durant lesquelles le gouvernement va pratiquer d’importantes coupes budgétaires. Cela vise par exemple la défiscalisation, moyen de financer les investissements.
L’effet cumulatif de ces plans de rigueur successifs et la hausse des prix des matières premières provoquée par la situation mondiale auront des répercussions dans de nombreux domaines d’activité.
Dans ces conditions, comment relever les défis de l’emploi, du logement ou du pouvoir d’achat. Problème numéro un à La Réunion, l’emploi voit sa pénurie augmenter du fait de l’arrêt des grands chantiers. « Nous entrons dans un cycle catastrophique », précise Paul Vergès. La cohésion de notre société sera donc durement mise à l’épreuve. Les événements de Tunisie montrent que malgré une chape de plomb imposée par un régime politique, l’explosion sociale peut survenir, totalement incontrôlable dans son évolution.
L’année 2011 qui se profile sera « l’année la plus grave de l’Histoire de La Réunion ». Pour éviter l’explosion sociale, le président de l’Alliance appelle tous les Réunionnais à s’unir.

Manuel Marchal 


La présidentielle a commencé dans l’Outre-mer

Paul Vergès a évoqué les vœux du président de la République à l’Outre-mer. Le président de l’Alliance constate une répétition du discours de l’an dernier. Mais ce qui a été dit en 2010 n’a pas été suivi de faits allant dans le sens des paroles. L’an dernier, Nicolas Sarkozy avait vanté l’autonomie énergétique et les énergies renouvelables. Dans les actes, la filière photovoltaïque connaît un coup d’arrêt à cause d’une décision du gouvernement.
Cette cérémonie des vœux a marqué le lancement de la campagne présidentielle dans l’Outre-mer, précise Paul Vergès. Nicolas Sarkozy s’est avancé sur le terrain institutionnel en annonçant des changements en Martinique et en Guyane, en donnant rendez-vous aux élus guadeloupéens le 11 février, et en gardant un « silence absolu » sur La Réunion. Cette question, le président de la République en fait un enjeu du scrutin présidentiel, quel sera le point de vue de l’opposition ?


L’impact de la sécheresse

Alors que La Réunion devrait connaître des épisodes pluvieux, elle est confrontée à la sécheresse. Des mesures de restrictions ont été prises par le préfet. Cette pénurie pose un grave problème. Car si la sécheresse persiste, alors les nappes phréatiques seront insuffisamment rechargées au moment de la prochaine saison sèche. Les planteurs prévoient déjà des pertes importantes, indique le président de l’Alliance.



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Messages






  • Oui. Le futur immédiat et à moyen terme s’annonce grave.
    Les départements, l’outre-mer, sont enclavés dans la République française. En tenant compte de cette réalité, une part importante de la solution dépend des choix qui sont effectués par l’Etat français.
    Parmi ces choix déterminants : la politique monétaire. Si la France s’accroche à la volonté allemande du maintient d’un euro fort, alors on peut se faire beaucoup de souci pour le devenir de l’outre-mer d’une part, mais aussi pour celui de la France. Telle que nous l’avons connue depuis...toujours, elle n’existera plus : fin des services-publics, fin des industries en France (sauf à revoir totalement le droit du travail, afin de s’aligner sur le droit du travail du Bengladesh...)... Et donc baisse massive de la consommation, déflation très probable (déjà que...) et quoi après ?
    Si la France (ou l’Allemagne) quittait l’euro, alors nous aurions la possibilité de retrouver la souveraineté monétaire. Nous pourrions dévaluer. Par là, relancer l’activité économique en France. C’est à dire, à terme, redynamiser notre agriculture moribonde, rééquilibrer notre balance économique, relancer l’emploi, développer la recherche...
    Ce second scénario serait un moindre mal, en comparaison du premier. Il aurait le mérite de nous rendre compétitifs sur le marché mondial. Et de répondre à nos angoisses.

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