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2015, une année de débat

Présentation des 25 propositions du PCR

Céline Tabou / 23 février 2015

« On est à un tournant où tout peut basculer dans un sens comme dans un autre », a remarqué Yvan Dejean en introduction de son intervention, au cours de la réunion publique de dimanche 22 février à Sainte Suzanne. Pour lui, « est-ce qu’on est digne de porter l’héritage de ces 70 années de luttes de ceux qui ont précédé ? ».

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Yvan Dejean, secrétaire général du PCR.

En effet, avant Yvan Dejean, Ary Yée Chong Tchi Kan a évoqué les années de lutte du PCR et du CRADS pour l’égalité. Une égalité encore loin d’avoir atteint son apogée à La Réunion. C’est pourquoi, « on n’a pas le droit d’improviser, d’être imprécis, de jouer parce qu’à partir de ce moment on aura ruiné l’héritage de ceux qui ont contribué à faire de La Réunion ce qu’elle est aujourd’hui ».

Mais dans le même temps, « il y a ceux qui veulent distraire l’attention du peuple » et « escamoter certains sujets » tels que la sur-rémunération, la pauvreté, les inégalités sociales. Alors que les problèmes de La Réunion sont souvent évoqués par le PCR, les dirigeants du parti s’étonnent dans les médias du silence des élus.

Raison pour laquelle, « nous voulons attirer l’attention de la population sur la gravité de la situation ». Le chômage de masse, les demandes de logement social en attente, la pauvreté croissante, les menaces sur les emplois dans le BTP ou encore la filière canne. Des questions restées en suspend, alors que « le remède part du bon sens » pour Yvan Dejean.

Pour le tram-train et la route sécurisée

Dans le domaine des déplacements, il a rappelé la volonté de son parti de créer un réseau ferré : « oui au tram train, non à la NRL », « oui à la sécurisation du réseau routier », a scandé le co-secrétaire général du PCR.

Une proposition mise en exergue dans la brochure du PCR présentée ce dimanche 22 février, imprimée à 50.000 exemplaires. Un livret de 12 pages, dans lequel, le PCR donne son analyse de la situation économique et sociale de l’île.

« Dans tout le compartiment de la vie sociale, économique, environnementale et culturel, tous les voyants sont au rouge. La crise est partout. Est-ce qu’il y a des perspectives de sortie de crise ?", a interrogé Yvan Dejean. Assurant un discours de vérité, « honnêtement, nous n’y croyons pas. Au contraire, nous sommes convaincus que tout va s’aggraver », a assuré le dirigeant communiste.
Les mesures engagées par le gouvernement « s’inscrivent dans la poursuite des politiques menées depuis 1946. Elles ont atteint leurs limites ». Raison pour laquelle, « il est urgent de changer de cap et de faire faire à La Réunion un bond en avant. Les décisions politiques prises dans le passé nous ont conduit à cette situation ».

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« Nous avions raison »

Cependant « le génie réunionnais » a permis le rassemblement des forces en 1945, afin de mettre en place un projet réunionnais, représenté par la loi de départementalisation. Mais l’application de « cette loi est le règne de l’apartheid social », car « il a divisé la société en deux », avec la sur-rémunération, la sous-estimation de la hausse démographique et suppression du chemin de fer, qui répondait aux besoins des réunionnais.

Pour Yvan Dejean, dès 1959, les dirigeants du PCR avaient « une vision prophétique » de la situation économique et sociale de La Réunion. « Nous avions raison » a assuré Yvan Dejean, rappelant le rapport de la Cour des comptes qui préconise la remise en cause du système de la sur-rémunération. la confirmation des thèses du PCR s’est prouvée ces dernières années, a laissé entendre Yvan Dejean.

Ce dernier a assuré que « 2015 est une année de débat politique au cours de laquelle tous les sujets sont abordés sans tabou, ni concession et avec responsabilité ». Toutefois, « il faut impulser le débat, on est dans une situation similaire à celle de 1945, après les générations de 1945, de 1959, cela pose à nous l’avenir de La Réunion. C’est à nous de décider ce qu’il faut pour nous », a expliqué ce dernier. Il a d’ailleurs rappelé qu’à « 10.000 km, ils veulent nous appliquer des décisions inadaptées. On doit faire un projet, pour et par les Réunionnais, et débattre ».

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Concertation préalable à toute décision

« Il nous faut un projet essentiel pour l’avenir de La Réunion », qui pourrait passer par les 25 propositions présentées à l’opinion publique ce dimanche 22 février. Des propositions qui répondent à l’urgence sociale et mettent fin à l’apartheid social, préparent l’avenir en instaurant un développement durable et solidaire, proposent les moyens financiers à mettre en place pour porter notre projet et comment faire évoluer nos propositions, par une nouvelle gouvernance, a expliqué Yvan Dejean.

Mais l’important pour le PCR est qu’aucune réforme ne peut se faire sans la concertation de tous les acteurs concernés et une évaluation des propositions faites, pour une meilleure application des mesures engagées pour La Réunion. Parmi les concertations souhaitées, le PCR préconise l’organisation d’une conférence extraordinaire pour répondre rapidement aux dangers qu’encourt la filière canne et le secteur de l’agriculture en général.


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