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30.000 postes supprimés et moins d’argent pour l’emploi et l’enseignement

Aggravation du plan d’austérité du gouvernement

Manuel Marchal / 23 juin 2011

Mardi, François Baroin a présenté les orientations du Budget 2012. Le plan d’austérité va s’aggraver, avec près de 30.000 postes de fonctionnaire supprimés l’an prochain, dont 16.000 enseignants. Le budget de l’enseignement sera amputé de plus de 25%, et celui consacré à l’emploi de 12%. Ce plan de rigueur n’empêchera pas la dette publique d’augmenter à 86,9% du PIB.

Au moment où la Grèce a deux semaines pour mettre en œuvre un plan de casse sociale, en France le gouvernement accentue le plan d’austérité.
Une nouvelle fois, c’est le secteur de l’enseignement qui connaîtra d’importantes coupes budgétaires. Le Budget 2012 présenté par François Baroin prévoit une baisse d’au moins 25% des crédits affectés à l’enseignement scolaire. Le nombre d’enseignants diminuera de 14.000.
L’autre secteur qui sera touché par l’austérité, c’est l’emploi avec une baisse de 12% des crédits. En cette année électorale, le budget consacré à la Sécurité sera d’ailleurs plus important que celui de l’Emploi.
Pour sa part, le budget de la Défense continuera d’augmenter de 1,5%, mais les effectifs des fonctionnaires de ce secteur diminueront de 7.500.
Dans le même temps, les impôts augmenteront d’un milliard d’euros.
Mais pour la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, ce n’est pas suffisant. Et le député UMP Gilles Carrez d’affirmer qu’il faudra trouver 3 milliards de recettes, et comprimer les dépenses de 2 milliards pour tenir l’engagement de réduire le déficit budgétaire. Il constate d’ailleurs que si le gouvernement a pu réduire le déficit annuel, c’est grâce à la conjoncture.

Graves conséquences à La Réunion

C’est donc une nouvelle étape qui sera franchie dans la rigueur, et elle aura de graves conséquences pour La Réunion. Dans notre île, le problème numéro un est l’emploi. Le projet de Budget 2012 du gouvernement prévoit de réduire les efforts de l’État dans ce domaine. Étant donné que l’UMP, avec le soutien de Michel Vergoz, a cassé les grands chantiers dans le pays, les perspectives de reprise n’existent pas. L’annonce d’une baisse de l’intervention de l’État dans les politiques publiques de lutte contre le chômage prépare donc l’aggravation de la situation.
Le gouvernement veut aussi poursuivre la casse des services publics en supprimant des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires. C’est l’enseignement le premier visé. Cela signifie que pour la rentrée 2012, la situation sera encore pire qu’en 2011. Le mouvement de suppression de postes commencé cette année va donc se poursuivre, puisque pour Paris, il est clair que l’Outre-mer doit être mis à contribution pour faire face au déficit gigantesque provoqué par la politique de l’UMP.
À La Réunion, ce plan de rigueur va s’appliquer dans un pays qui connaît un chômage record, un retour de l’inflation et une perte de pouvoir d’achat pour les plus pauvres.
Aussi drastiques qu’elles soient, toutes ces coupes budgétaires ne permettront pas à l’État de réduire sa dette. Elle augmentera encore d’1,5 point, selon le ministère du Budget, pour atteindre 86,9% du PIB. Malgré tous les efforts demandés aux plus pauvres, la dette de l’État augmente. C’est bien la preuve que le gouvernement prend des décisions qui contrebalancent toutes les économies faites sur le dos des plus démunis.
D’autres voies sont possibles pour sortir de la crise, mais elles ne pourront être mises en œuvre sans un changement au plus haut sommet de l’État en mai prochain.

M.M.


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