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42% des ministres sont des cumulards

Le départ de Michèle Alliot Marie affaiblit davantage le gouvernement

Céline Tabou / 3 mars 2011

Tout juste éjectée de son ministère des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie a annoncé dans les médias nationaux son intention de s’exprimer sur cette affaire. Sur France 2, mardi 1er mars, elle a promis qu’on allait « l’entendre ».

Cette dernière a indiqué « comme je ne serai plus tenu à la langue diplomatique que l’on doit parfois avoir dans les ministères régaliens et bien, on va m’entendre ! », mais cet ex-ministre n’est pas le premier a annoncé des révélations. En effet, Christine Boutin s’était essayée à cet exercice, mais celle-ci n’a rien révélé de plus que l’opinion en savait. Idem pour Yves Jego, et d’autres ministres sortis du gouvernement après un remaniement ministériel de Nicolas Sarkozy.
À l’instar de ces anciens confrères, MAM va « écrire un ou deux livres. J’ai sans doute des choses à dire, en tout cas, j’ai bien l’intention de les dire ». Plus ministrable, Michèle Alliot-Marie reviendra sur les bancs de l’Assemblée nationale, en reprenant « la place qui est la sienne », déclarait lundi son suppléant au Palais Bourbon, le député des Pyrénées-Atlantiques Daniel Poulou à l’AFP. Celle-ci devrait être « aux côtés de Nicolas Sarkozy à l’occasion de la campagne présidentielle », a ajouté Daniel Poulou, car comme elle l’a affirmé sur France 2, « (je) n’en voudrais certainement pas au président de la République ou au Premier ministre, qui, l’un comme l’autre, (l)’ont soutenu jusqu’au bout ».

Les problèmes des Français ne sont pas une priorité

Dans sa lettre de démission, Michèle Alliot-Marie ne mâche pas ses mots et explique, « Ddepuis quelques semaines, je suis la cible d’attaques politiques puis médiatiques véhiculant, pour créer la suspicion, contre-vérités et amalgames. J’y ai répondu point par point afin de rétablir la vérité. Depuis quinze jours, c’est ma famille qui subit de la part de certains médias un véritable harcèlement dans sa vie privée, pour tenter d’y chercher de quoi m’affaiblir à défaut de l’avoir trouvé chez moi ». Le Mercator est actuellement en effervescence pour théoriser autour des propos que pourrait avoir Michèle Alliot-Marie. Les rumeurs et hypothèses vont bon train sur les initiateurs de cette débâcle médiatique autour de Michèle Alliot-Marie. Qui aurait intérêt au gouvernement et ailleurs d’écarter MAM, ancienne présupposée au poste de Premier ministre, lors du remaniement de novembre 2010 ?
D’autant plus que le nouveau ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, gère deux agendas l’un de ministre et l’autre de maire de l’une des plus grandes villes de France. Le cumul des deux pourrait entraîner des difficultés à faire face à des situations d’urgence, comme ce fut le cas lors de l’explosion des révoltes tout d’abord en Tunisie, puis dans le monde arabe.
Le nouveau gouvernement de Nicolas Sarkozy connaît quelques faiblesses, 42% des ministres sont des cumulards, a annoncé le “NouvelObs”. Ce cumul de mandat met en évidence un certain manque d’engagement dans des ministères qui touchent à la vie des Français : Philippe Richert, ministre délégué aux Collectivités territoriales et président de Région Alsace, Michel Mercier est Garde des sceaux et président de Conseil général, comme Maurice Leroy, également ministre de la Ville. Le ministre français chargé de la Coopération Henri de Raincourt est président de communauté de commune. Et enfin, le nouveau gouvernement compte neuf maires : Alain Juppé (Affaires étrangères), Nathalie Kosciusko-Morizet (Écologie), Xavier Bertrand (Travail), Luc Chatel (Éducation nationale), François Baroin (Budget), Patrick Ollier (Relation avec le parlement), Éric Besson (Industrie), Laurent Wauquiez (Affaires européennes, et Georges Tron (Fonction publique).

 Céline Tabou 


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