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5 députés ont décidé d’appauvrir les Réunionnais

Le vote sur les retraites fait s’effondrer toutes les déclarations de la campagne électorale

Manuel Marchal / 22 octobre 2013

Le nouveau projet de loi sur les retraites va priver la majorité des Réunionnais d’une retraite décente. Les députés de La Réunion le savent. Malgré tout, Ericka Bareigts, Jean-Claude Fruteau, Patrick Lebreton, Monique Orphé et Jean-Jacques Vlody ont voté pour. Et c’est à cause d’eux que le texte a été adopté, à 10 voix près.

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Voici la reproduction d’une partie du détail du vote du projet de loi. Sur les 270 pour, 268 sont des députés du groupe PS, dont cinq députés de La Réunion.

Au cours de ces dernières semaines, plusieurs études ont confirmé la situation sociale de La Réunion. Elle est qualifiée de « hors-norme » dans une revue de l’INSEE. Quant aux données de Pôle emploi, elles montrent une augmentation constante du nombre de demandeurs d’emploi. Il approche les 170.000 Réunionnais officiellement à la recherche d’un travail. C’est ce chômage massif qui est la cause de la pauvreté.

Le système actuel produit des familles où plusieurs générations sont obligées de cohabiter sous un même toit, toutes privées d’emploi.

Les règles de ce système condamnent une part importante de la population à vivre au revenu minimum. Quant à ceux qui arrivent à échapper à la plus grande précarité, s’ils ne travaillent pas en tant que titulaires dans la fonction publique, ils ont souvent une retraite de misère. C’est la conjonction des bas salaires, et du manque d’emploi à La Réunion.

C’est déjà difficile

Il est donc quasiment impossible pour un travailleur du privé de remplir les conditions minimales pour avoir droit à une retraite décente. Le handicap commence dès la jeunesse, car la moitié des jeunes de moins de 25 ans est au chômage. Toutes ces années sans emploi ne sont pas des années de cotisation.

C’est la situation actuelle.

C’est dans ce contexte que le gouvernement présente un projet de loi. Ce que tout le monde retient, c’est l’allongement de la durée de cotisation : il prévoit un passage à 43 ans.

Dans le système actuel, il est extrêmement difficile pour un travailleur du privé d’avoir droit à une retraite.

Une fois la nouvelle loi votée, il sera impossible pour la majorité des salariés du privé d’avoir une retraite autre que le minimum vieillesse.

Les députés sont tous informés de ce risque. Allaient-ils défendre les intérêts de La Réunion, ou suivre le gouvernement ?

Le 15 octobre, c’était le vote en première lecture.

Ils votent contre les Réunionnais

Pour que le texte soit adopté, il fallait 260 voix. 270 députés ont voté pour, soit une majorité de 10 voix. Or, ce sont précisément les députés de La Réunion qui ont fait basculer le vote en faveur des 43 ans de cotisation, et donc contre l’intérêt des Réunionnais.

Ericka Bareigts, Jean-Claude Fruteau, Patrick Lebreton, Monique Orphé et Jean-Jacques Vlody ont voté contre le droit des Réunionnais et de leurs enfants à avoir une retraite.

Ce sont des actes concrets, et c’est là dessus qu’ils seront jugés aux prochaines municipales, qu’ils soient candidats ou qu’ils en soutiennent un.

Vont-ils redresser la barre lors du vote définitif en deuxième lecture à l’Assemblée, ou vont-ils définitivement condamner la majorité des Réunionnais et leurs enfants à ne jamais avoir de retraite ?

M.M.

La vérité est dans le vote à l’Assemblée nationale

Patrick Lebreton vote contre les Saint-Joséphois

Saint-Joseph est une ville où le chômage fait le plus de ravage selon l’INSEE. Son maire a donc voté pour un texte qui interdit à la majorité des Saint-Josephois le droit à une retraite.

Jean-Claude Fruteau condamne les Bénédictins

Saint-Benoît abrite des quartiers où le taux de chômage bat des records, comme à Bras-Fusil. Ailleurs, ce n’est guère mieux. La majorité des Bénédictins doivent savoir que leur maire a voté contre leur droit à une retraite décente.

Jean-Jacques Vlody sanctionne les Tamponnais

Au Tampon, un député veut être maire. Faute d’activité économique, Le Tampon est durement touché par le chômage. Tous ces travailleurs n’auront pas de retraite, c’est ce qu’a décidé Jean-Jacques Vlody.

Ericka Bareigts et Monique Orphé appauvrissent les Dionysiens

A Saint-Denis, les jeunes et les pauvres comptent peu pour les deux députées du Nord. Elles ont voté un texte qui condamnera les jeunes actuellement au chômage et les travailleurs précaires à finir leur vie dans le dénuement.


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