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56 emplois verts supprimés et le site du Tévelave abandonné

Conséquence de la gestion des contrats-aidés par la Région

Sophie Périabe / 4 mars 2011

Depuis maintenant un mois, les sites touristiques du Tévelave et de la Ravine des Avirons ne sont plus entretenus par les emplois verts du pôle associatif de l’Étang-Salé. C’est la conséquence de la politique régionale qualifiée « de clientéliste et sectaire » par des associations en colère.

Le hall des associations de l’Étang-Salé, regroupant plusieurs associations, s’est entouré de l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté, l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion, ainsi que deux adjoints de la commune des Avirons lors d’une conférence de presse hier matin sur l’aire de pique-nique du Tévelave. Les associations, notamment celles chargées d’entretenir l’aire de pique-nique du Tévelave et le site de la ravine des Avirons, se disent victimes de la politique municipale de l’Étang-Salé et de la politique régionale.
En effet, lors du passage en commission en février des renouvellements de chantiers ayant pris fin en décembre ou janvier, la Région a indiqué que suite à la demande d’audit du maire de l’Étang-Salé, les chantiers d’associations dans cette commune étaient bloqués.
« Pourquoi demander un audit sur ces associations qui fonctionnent dans la transparence depuis 2003 ? s’interroge Gilles Leperlier, président de l’AJFER. Tous les ans, il y a le contrôle d’un commissaire aux comptes ».
Pour ce dernier, « c’est une véritable chasse aux sorcières menée par Didier Robert ».
Ainsi, ce sont 56 emplois qui ont été supprimés depuis le début de l’année 2011 sans aucune raison et plongeant des familles dans une précarité et une détresse grandissante.
Pour Jean Hugues Ratenon, président de l’ARCP, « il y a une véritable volonté de casser le travail accompli sans réelle volonté de reconstruire. Nous avons milité pour la mise en place d’une chambre consulaire des associations à La Réunion. À l’Étang-Salé, nous avons le seul endroit où on expérimente à petite échelle le regroupement d’associations ». L’objectif, pour ces dernières, optimiser les moyens et baisser les coûts, « c’est une stratégie de pérennisation ».
D’autre part, le président de l’ARCP s’insurge contre l’utilisation d’une photo représentant ces personnes, aujourd’hui au chômage, entretenant le site du Tévelave dans un numéro de “Réunion Mag”, le trimestriel de la Région Réunion. « C’est une véritable insulte que d’utiliser la photo des personnes qu’on jette au chômage. Abandonner ce site est un crime et un gaspillage de fonds publics ».

C’est un manque de respect pour le travail accompli

Du côté de la mairie des Avirons, Gilles Eschyle, adjoint au maire, déplore la non-reconduction de ces contrats qui permettaient l’entretien de ce site exceptionnel. « Nos effectifs ne permettent pas l’entretien de tous les espaces verts et voiries de la commune. C’est pour cela que la gestion de ce site a été confiée à une association. Que va devenir ce site s’il n’y a pas d’entretien ? », se demande l’adjoint au maire.
Durant cette période de fréquentation importante, la municipalité a dépêché une petite équipe pour entretenir une partie du site la semaine dernière. Mais déjà, un peu plus loin, on peut voir les conséquences de l’absence d’entretien. La hauteur de la végétation n’incite pas du tout au pique-nique en famille ou entre amis. Ce lieu touristique va-t-il être de nouveau envahi par le raison marron ? De même, pour le site d’escalade de la Ravine des Avirons, lui aussi abandonné depuis un mois.
Alors que le tourisme a été défini comme priorité régionale, c’est l’un des sites touristiques les plus fréquentés des hauts du Sud qui est laissé à l’abandon.
Pour les employés qui ont participé à l’embellissement de ce site, c’est un manque de respect pour le travail accompli durant toutes ces années.
M. Corré, encadrant d’une association, constate la contradiction entre ce qui est dit et ce qui est fait, « il a été annoncé 10.000 emplois verts, pour qui ? »
Selon Gilles Leperlier, un nombre important de contrats aidés emplois verts a été attribué à des associations nouvellement créées, « qui n’ont pas fait leur preuve, au détriment de celles qui travaillent déjà sur les sites ».
Soutenues par l’ARCP et l’AJFER, les associations victimes ne comptent pas en rester là et vont passer à l’action très prochainement. « On ne peut pas laisser tout ce travail sacrifié ».
Le président de Région devra notamment notifier par écrit la non-reconduction des contrats pour cause d’un audit, « pas encore commandé, dont on ne connaît pas les résultats et qui ne sera peut-être jamais réalisé », a conclu Jean Hugues Ratenon.

 SP 


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