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6 députés de La Réunion demandent le maintien des emplois aidés

Lettres à la ministre du Travail et à la ministre des Outre-mer

Témoignages.re / 23 octobre 2017

Les députés de La Réunion, à l’exception de Thierry Robert, ont adressé le 20 octobre un courrier à Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Annick Girardin, pour leur demander le maintien des emplois aidés à La Réunion au niveau de 2016. Pour appuyer leur demande, ils se réfèrent à des accords entre l’État et les collectivités qui rendent cela possible en Guadeloupe et en Martinique. Voici de larges extraits de leur courrier.

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Manifestation de maires et d’élus contre la baisse des emplois aidés à La Réunion.

Avec un taux de chômage s’élevant à 22,4 % en 2016, La Réunion connaît malheureusement un taux de chômage représentant plus du double de la moyenne nationale. L’INSEE publiait le 29 septembre dernier une étude montrant que 40 % des Réunionnais vivaient sous le seuil de pauvreté national en 2014 et que le risque de pauvreté était directement lié à l’absence de revenus d’activité. L’organisme de statistiques note par ailleurs que la moitié des enfants réunionnais vivent dans un ménage pauvre, ce qui, compte tenu de la priorité affichée par le gouvernement en matière de pauvreté infantile, ne manque pas d’appeler une attention encore plus soutenue.

Face à une situation sociale si difficile, nous considérons que la réduction drastique de l’enveloppe de contrats aidés dédiée à l’île de La Réunion est extrêmement regrettable et préjudiciable tant aux personnes qu’au département tout entier. En 2016, 24 000 contrats aidés avaient été signés pour permettre l’insertion économique et sociale des Réunionnais. Pour l’année 2017, une baisse de 20 % des contrats aidés est prévue par rapport à 2016. En 2018, nous ne savons toujours pas quel va être le chiffre retenu par le gouvernement si ce n’est qu’il sera en nette baisse par rapport à 2016.

Parallèlement à la baisse du nombre d’emplois aidés annoncée par le gouvernement, le préfet de Martinique et une délégation de syndicats et de maires de l’île ont signé, le 27 septembre dernier, un accord entérinant le maintien des contrats au niveau prescrit en 2016 « jusqu’à la mise en place d’un dispositif plus satisfaisant pour l’emploi durable des personnes concernées » avec un taux de prise en charge identique.

De même, un courrier, du 13 octobre dernier, de la Ministre des Outre-mer au président de la Délégation aux Outre-mer, M. Olivier Serva, nous apprend que les besoins de contrats aidés en Guadeloupe seraient comblés en 2017 au même niveau qu’en 2016 et dans les mêmes conditions « que l’accord avec la Martinique afin de respecter le principe d’équité entre territoires ».

Il va de soi que nous approuvons ces deux accords. Il nous paraît nécessaire et légitime que ce principe d’équité soit étendu aux territoires et aux populations qui souffrent d’un taux de chômage particulièrement important. C’est pourquoi nous vous demandons d’appliquer également un moratoire pour les contrats aidés de La Réunion jusqu’à ce qu’un nouveau dispositif satisfaisant soit créé. Ce moratoire impliquerait ainsi le maintien du taux de prise en charge aux niveaux et selon les conditions en vigueur en 2016. Il suppose également une durée des contrats qui ne soit pas limitée à 6 mois.

Les contrats aidés permettent une réelle insertion économique et sociale des bénéficiaires. Une étude de la Direction d’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques (DARES) du ministère du Travail de mars 2017 montrait ainsi que le taux d’insertion professionnelle des contrats du secteur marchand s’élevait à 67 % (dont 72 % en CDI) et du secteur non-marchand à 41 %. Ces chiffres sont loin d’être négligeables. Néanmoins, l’utilisation des contrats aidés est susceptible d’être perfectionnée. C’est pourquoi nous proposons que la gestion de cette enveloppe, et notamment le recrutement des personnes, puisse être confiée à Pôle emploi.

Considérant l’état d’urgence social de La Réunion, il nous paraît vital d’éviter toute décision brutale et de maintenir, durant la phase transitoire, le même nombre de contrats et selon les mêmes conditions.