Actualités

78% pour le tram-train

Un des enseignements du sondage du "Quotidien"

Manuel Marchal / 9 mars 2010

Parmi les résultats du sondage "Louis Harris" diffusé hier par "Le Quotidien", l’avis des personnes sondées sur les grands projets lancés par l’Alliance est très favorable. Près de 8 personnes interrogées sur 10 se disent pour le tram-train. Ce résultat souligne l’échec total de la stratégie de refus des grands projets soutenue par les adversaires de l’Alliance.

Au cours de leur mandat, les conseillers régionaux élus ce mois-ci auront à faire face à d’importantes questions. Ils devront en effet défendre l’intérêt des Réunionnais sur des dossiers tels que l’avenir de la filière canne, le maintien de 30 à 40% des recettes des communes via l’octroi de mer, les conditions de la survie de la production réunionnaise avec l’ouverture au marché unique mondial. À cela s’ajoutent les négociations des prochains documents de programmation avec l’Europe (Programmes opérationnels européens) et l’État (Contrat de projet État-Région), en sachant que l’Europe est touchée par une crise sans précédent depuis que le statut colonial a été aboli à La Réunion.
Or, à l’initiative de plusieurs adversaires de l’Alliance, le débat n’a pas porté sur ces dossiers essentiels. Il a été concentré sur les grands projets lancé par la Région, et surtout sur un des deux chantiers prévus par le Protocole de Matignon : le tram-train.
D’emblée, Jean-Paul Virapoullé, Michel Vergoz et Didier Robert ont fait part sous différentes formes de leur opposition à ce projet : recherche d’une alternative pour Michel Vergoz, mise sur la route de 2.000 bus pour Didier Robert, la route du Littoral d’abord pour Jean-Paul Virapoullé.

L’épreuve de la réalité

Mais ces arguments n’ont pas résisté longtemps à l’épreuve de la réalité. Michel Vergoz a tenté une inflexion, en mettant la réalisation du tram-train sous condition du versement d’une dotation ferroviaire. En visite à La Réunion, la dirigeante de son parti, Martine Aubry, a fait part de sa volonté de faire pression sur le gouvernement pour obtenir une participation de Paris au fonctionnement du tram-train, au même titre que ce qui est déjà le cas dans toutes les autres Régions de France.
Pour ce qui concerne l’argument "la route du Littoral d’abord", il s’avère que ce projet est lié au tram-train. Autrement dit, faire campagne contre le tram-train, c’est aussi dire non à la nouvelle route du Littoral. De plus, aucun chantier n’est prioritaire sur l’autre. La Région n’a la compétence de la route du Littoral que depuis le 1er janvier 2009. Le dernier Comité de pilotage du chantier de la nouvelle route a indiqué que l’enquête publique sera lancée avant la fin de l’année, et la route livrée en 2017, soit à peine 8 ans après le transfert de compétence.
Enfin, le projet des 2.000 bus est hors sujet puisque en dehors des compétences de la Région.

Construire le rassemblement le plus large

Ceci fait que, désormais, les conditions d’un large consensus sont en bonne voie. C’était une des conclusions de la dernière conférence de presse de Paul Vergès le 2 mars dernier.
Le résultat du sondage publié hier confirme que, pour ce qui est des personnes sondées, le consensus est quasiment obtenu sur le tram-train car près de 80% des personnes interrogées se disent pour. C’est donc une très large majorité en faveur de la réalisation de l’axe majeur de l’aménagement du territoire de La Réunion du million d’habitants en 2025. Cela constitue une avancée intéressante pour la mise en œuvre d’un projet partagé par le maximum de Réunionnais, et donc un pas important vers la mobilisation de tous pour sortir de la crise. Car le rassemblement le plus large est une des conditions du développement du pays.

Manuel Marchal



Jean-Paul Virapoullé contre le gouvernement

Dans "le Quotidien" du 6 mars dernier, Jean-Paul Virapoullé estime que le tram-train est une bombe à retardement glissée sous le pied des Réunionnais.
Jean-Paul Virapoullé s’attaque donc clairement au contrat de financement du tram-train. Or, ce contrat, c’est le Protocole de Matignon qui a été signé par Dominique de Villepin, Premier ministre, et par Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur.
Le jour où les propos de Jean-Paul Virapoullé sont publiés dans la presse, Christian Estrosi arrive à La Réunion pour soutenir le candidat investi officiellement par l’UMP, Didier Robert. Le conseiller politique de l’UMP, et par ailleurs ministre, prend donc connaissance dans la journée des propos de Jean-Paul Virapoullé. Le soir, il tient un meeting avec Didier Robert, et il ne peut pas ne pas tenir compte de cette déclaration d’un concurrent de Didier Robert, issu du même bord politique que le député-maire du Tampon. Résultat, lors de ce meeting, Christian Estrosi dit que la dotation financière n’est pas légale, ce qui empêche de faire le tram-train.
En s’attaquant au Protocole de Matignon, Jean-Paul Virapoullé montre qu’il est contre le gouvernement. Ce dernier signe un accord pour le développement de La Réunion, et Jean-Paul Virapoullé qualifie ce document de bombe à retardement. Voilà où en est arrivé un sénateur membre du groupe UMP.


Pourquoi cacher l’objectif de la rencontre de mardi dernier ?

Mardi dernier, au lendemain de la publication d’un sondage dans la presse, une réunion a eu lieu. Elle réunissait Michel Vergoz, Jean-Paul Virapoullé, Eric Magamootoo et Nadia Ramassamy.
Cela fait une semaine que cette information a été diffusée, et à ce jour, ni Michel Vergoz, ni Jean-Paul Virapoullé, ni Eric Magamootoo et ni Nadia Ramassamy n’ont démenti.
De deux choses l’une : soit un démenti va venir, soit la rencontre avait pour but de contrer Didier Robert et pas autre chose.
En effet, les protagonistes à cette rencontre ne comptent pas affaiblir l’Alliance à travers ce procédé, l’Alliance a une base solide. Quel est alors le concurrent direct de ces quatre candidats. C’est bien entendu Didier Robert, et c’est lui qu’ils tentent d’isoler. C’est-à-dire qu’ils visent le représentant du gouvernement. Alors pourquoi se cacher ?


Où sont Joël Mongin et Eric Magamotoo ? Sont-ils vraiment les défenseurs des entreprises réunionnaises ?

Tout le monde a encore en mémoire le deux blocus de la Région organisés par Joël Mongin et ses complices. Ces derniers estimaient que les élus ne faisaient rien pour les entreprises, allant même jusqu’à déployer en toute impunité une banderole insultant les élus.
Samedi, un chargé de mission de l’UMP soutenant la ligne de Didier Robert a dit que le tram-train ne se fera pas, selon la "une" du "Quotidien" du lendemain. Si tel était le cas, ce serait 1,6 milliard d’euros d’investissements en moins pour La Réunion, une catastrophe pour des milliers d’entreprises.
À ces propos a succédé un silence assourdissant venant de Joël Mongin. Le patron transporteur sait pourtant que Didier Robert est capable d’arrêter un chantier, il a déjà jeté par la fenêtre la rocade du Tampon, plus de 100 millions d’euros de perdus pour l’économie réunionnaise. Qu’attend donc Joël Mongin pour aller organiser le blocus de la Mairie du Tampon, afin d’exiger que le candidat soutenu par l’UMP revienne sur son engagement de priver les entreprises réunionnaises des retombées d’un investissement de 1,6 milliard d’euros ? Et comment se fait-il que Eric Magamootoo, grand défenseur autoproclamé des entreprises réunionnaises, n’ait fait aucun communiqué, aucune déclaration, pour condamner les propos de l’émissaire parisien venu soutenir la ligne de Didier Robert ?



Kanalreunion.com