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A contre-courant de l’intérêt de La Réunion

Les premières initiatives du nouveau président de la Région

Geoffroy Géraud-Legros / 3 avril 2010

A peine une semaine après son élection, Didier Robert rompt avec la démarche de son prédécesseur. Alors que Paul Vergès et les élus de la Région se rendaient dans l’Hexagone pour défendre La Réunion et conquérir les moyens de son décollage, le nouveau président UMP va à Paris dans le but de supprimer des projets. Est-ce pour permettre au Gouvernement de reprendre son argent, aux dépens du développement du pays ?

Il a fallu soixante ans pour que la relation entre les Réunionnais et la République passe du cadre colonial à celui de l’égalité et du respect mutuel. Six décennies de combats, au cours desquelles les élus réunionnais se sont imposés comme les représentants d’une région de la République et de l’Union européenne, et non les tenanciers d’un comptoir appointés par la Métropole. Cette transformation a profondément modifié la démarche des Réunionnais envers Paris : il ne s’agissait plus de tendre la main, ni d’assurer des bénéfices sans risques aux monopoles, mais de construire l’avenir d’une région sur la base d’une égalité réalisée à tous les niveaux avec l’ancienne puissance coloniale. Un nouvel élan qui, en une décennie, a fait de La Réunion la première région de la République en termes d’investissement, et a abouti il y a trois ans à la signature des Accords de Matignon.

Des fonds très convoités

Conclus entre Paul Vergès et le Premier ministre, en présence d’élus d’horizons politiques différents, ce protocole assure une somme record de 2,5 milliards d’euros abondée par l’Etat, la Région, l’Europe et des opérateurs privés, en vue de la réalisation conjointe de deux grands travaux d’intérêt général : le Tram-train et le Route du Littoral.
Depuis cette signature, la crise a déferlé, n’épargnant aucune économie ; dans ce contexte, les Accords de Matignon constituent aujourd’hui un véritable trésor, et sont aujourd’hui la seule source de relance véritable pour notre économie sinistrée.
Chacun a pu constater que ces fonds avaient fait l’enjeu d’une surenchère démagogique tout au long de la campagne des régionales : d’un Magamootoo à un Didier Robert, c’était à qui promettrait le plus de lunes avec l’argent des Accords de Matignon.

Didier Robert casse les grands projets…

A peine élu, Didier Robert s’est envolé pour Paris. Tout montre qu’il n’est pas parti pour poursuivre ou garantir la politique d’intérêt public engagée, mais bien pour faire allégeance à un appareil de Parti et à un Gouvernement. Les Accords de Matignon sont au centre de ce voyage : selon le “Quotidien”, « Didier Robert demande le redéploiement des sommes prévues pour le Tram-train vers d’autres projets » au centre desquels on retrouve la promesse phare de campagne, « l’organisation d’un transport commun en site propre (TCSP) pour améliorer les déplacements sur l’ensemble du territoire ». Notre confrère précise que « l’Etat ne sera pas mis à contribution pour acheter les 2000 bus prévus, mais pour participer au financement des travaux routiers, estimés à 250 millions d’euros ».

…pour le compte du gouvernement ?

Voilà qui porte un éclairage certain sur la démarche de Didier Robert et sur ses conséquences. La préoccupation principale du nouveau Président de Région est donc bien l’abandon du Tram-train, grand chantier déjà préparé dans les moindres détails, qui pourrait débuter immédiatement. Cela au profit des “2000 bus”, dont l’installation prendrait des années et des années d’enquêtes, de déclarations d’utilité publique, d’acquisition de foncier et de matériel, sans apporter de solution au problème de la saturation du réseau routier. S’ils ne sont pas prêts de voir les “2.000 bus” sillonner leur île, les Réunionnais peuvent déjà constater qu’en demandant une simple “participation” de l’Etat aux travaux routiers, Didier Robert semble vouloir réduire de beaucoup la portée du protocole initial. Si cette orientation se confirme, il aura donc créé toutes les conditions pour que le Gouvernement puisse se contenter d’un investissement minimal et économiser des sommes considérables acquises par son prédécesseur pour le décollage de La Réunion. Si l’Etat veut reprendes son argent, il pourra compter sur Didier Robert.

Geoffroy Géraud-Legros



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  • une consolation, didier robert aura beaucoup de difficultés à gerer le conseil régional ! car chaque mesures qu’il prendra dressera encore un peu plus les Réunionnais contre sa politique de destructions, il ne réussira qu’a faire augmenter le chomage, les prix,les gréves vont ce développer, donc s’il poursuit la politique de destruction il aura la réponse des réunionnais dans la rue !

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