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À La Réunion : pour aggraver la crise, la casse des grands chantiers

Des décisions politiques favorisent le chômage et la précarité

Manuel Marchal / 13 août 2010

La singularité de La Réunion est à nouveau exprimée à travers l’article qui a fait la "une" du "Monde" daté du 11 août. Alors que dans toutes les Régions, des dizaines de milliards d’euros sont investis dans des partenariats avec l’État pour concrétiser de grands chantiers, à La Réunion tout a été stoppé par une décision politique prise par la direction de la Région. Les premières victimes sont les travailleurs jetés par milliers au chômage.

Quelques semaines après la publication par le ministère de l’Écologie d’un plan d’investissement de 170 milliards d’euros dans les infrastructures, dont 51% pour les chemins de fer, un article de presse met à nouveau l’accent sur les grands travaux d’infrastructures.
Ainsi, loin de ralentir les projets, la crise en France a l’effet inverse. Tout est maintenu, ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays européens. Les grands chantiers sont l’occasion de réaménager le territoire, ce sont donc les voies ferrées qui sont mises en avant avec plusieurs lignes à grande vitesse.
Les élus des collectivités montrent le chemin en limitant strictement les dépenses de fonctionnement afin de dégager un maximum de fonds pour investir, et donc créer des emplois.
Ces décisions politiques prises en France ne sont pas sans rappeler ce qui était la caractéristique de la Région jusqu’en mars dernier. Le compte administratif 2009 de la collectivité a d’ailleurs indiqué que 68% du budget était consacré à l’investissement, tandis que la Région Réunion avait réussi à dégager 136 millions d’euros d’épargne brute afin de favoriser les mises en chantier.
Toute cette stratégie s’inscrivait dans un plan de grands travaux, validé par tous les candidats à la présidentielle. Le protocole signé par le président de la Région et le Premier ministre en janvier 2007 prévoit en effet la construction de deux grands équipements : le tram-train et la nouvelle route du littoral. Outre les milliers d’emplois créés, ces deux grands projets réparent une erreur commise par Paris voici plus de 50 ans : la suppression du chemin de fer et la construction d’une route du littoral impossible à sécuriser totalement.
Avant que se déclenche la crise financière internationale, La Réunion avait donc déjà la garantie d’un plan de relance.
"Le Monde" daté du 11 août dernier décrit donc de nombreux projets d’envergure pilotés par les Régions en France. Bien que les directions de ces collectivités ne soient pas UMP, le gouvernement n’a pas pris prétexte de la crise pour revenir sur la signature de l’État. Tous les investissements prévus seront donc honorés, et les grands chantiers se multiplient désormais en France, car ils permettent à l’économie de préserver l’essentiel en cette période de crise.
Ceci souligne donc que l’argument invoqué par la nouvelle direction de la Région est totalement dénué de tout fondement. Car Paris donne des dizaines de milliards d’euros aux Régions pour la construction de TGV, de trains et de musées. C’est bien la preuve que l’argent est là, et donc que le tram-train n’a pas de problème de financement.
La casse des grands travaux dans notre pays n’a pas de raison financière, ce n’est qu’une stratégie politique dont les contours apparaissent clairement. Il s’agit de fermer toute possibilité de développement et donc de création d’emplois durables pour maintenir dans la précarité le peuple réunionnais. Les premiers effets de cette stratégie se font ressentir, ce sont les milliers de travailleurs jetés au chômage.

Manuel Marchal


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