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Accord de partenariat économique et élections : des batailles qui commencent

Conférence de presse du Parti communiste réunionnais

Geoffroy Géraud-Legros / 10 septembre 2009

Lors d’une conférence de presse tenue hier matin, Maurice Gironcel et Élie Hoarau ont abordé les questions liées aux scrutins partiels de Saint-Denis, de Saint-Paul, de Saint-Louis et de Saint-Leu, ainsi que les grands enjeux du mandat européen du député Élie Hoarau.

Au cœur de l’actualité politique réunionnaise, les combats électoraux qui font suite aux annulations de scrutin dans les communes de Saint-Paul, et de Saint-Louis et dans les cantons de Saint-Denis et de Saint-Leu. Au plan européen, le député Élie Hoarau a rendu compte des travaux en cours, avant d’évoquer la question centrale que constitue l’application des APE à La Réunion.
Maurice Gironcel a rappelé le contexte de crise aiguë dans lequel se tiendront les rendez-vous électoraux : marqué avant tout par une progression vertigineuse du chômage et la fragilisation des plus pauvres. Ainsi, dans le seul domaine du BTP, ce sont 10.000 emplois qui ont été supprimés ; dans l’éducation nationale, l’État vient de supprimer 350 postes d’assistants d’éducation.
Dans cette situation dramatique, les élections donnent l’occasion d’un contact privilégié avec la population réunionnaise, au cours duquel le PCR se mobilisera aux côtés de l’ensemble des forces de progrès.
Le PCR a affirmé sa solidarité active et son soutien déterminé à Claude Hoarau, à Thierry Robert et à Isabelle Poudroux et à Huguette Bello ; les communistes seront présents dans toutes les réunions publiques, à Saint-Paul comme dans les autres communes et cantons.

« Graves menaces » sur l’économie et l’emploi

Rappelant les séquences de l’agenda européen, le député réunionnais au Parlement européen a annoncé la proposition du groupe GUE-NGL de le nommer au poste stratégique de membre du Bureau de la Commission parlementaire au développement régional.
Élie Hoarau a rendu compte des travaux en cours, au cours desquels il a, en matière milité pour la mise en place d’une politique de développement des ressources maritimes dans le cadre d’une grande politique de la mer, et pour une protection des diversités biologiques et culturelles.
Le député européen réunionnais a plus particulièrement abordé la question décisive, malheureusement trop mal connue par les Réunionnais, des Accords de partenariat économique (APE).
Ces conventions, qui permettent aux produits des pays ACP de franchir les frontières de l’Europe – donc celles de La Réunion – sans acquitter de droits de douanes, font peser de « graves menaces » sur l’emploi et l’économie de La Réunion. En effet, les productions locales ne bénéficieront plus désormais de protections face à celles issues de pays dont les coûts de production sont biens moins élevés.
À titre d’exemple, le député européen a évoqué le cas de la farine, dont le coût de fabrication s’élève à 440 euros par tonnes à La Réunion, d’ores et déjà concurrencée par de la farine importée de notre région, produite pour un coût inférieur à 300 euros.

Faire entendre la voix des Réunionnais

Constatant le décalage entre les déclarations qui exaltent la coopération régionale et les conditions réelles d’élaboration des APE, Élie Hoarau a élevé une protestation solennelle contre le fait que les Réunionnais n’aient pas été associés à la négociation et à la conclusion de ces conventions, qui affectent pourtant directement leurs intérêts vitaux.
Contrairement aux États parties aux accords, qui ont eu la latitude de négocier des marges de manœuvre et d’établir des listes de produits pouvant être – temporairement au moins – mis hors du champ d’application des APE, les Réunionnais n’ont pas été en mesure de faire entendre leur voix. Ils n’ont ainsi pas pu obtenir à leur profit des mesures transitoires comparables leur permettant de faire face à l’application des Accords.
Néanmoins, a souligné le député européen, les APE ne sont pas encore devenus définitifs : il leur faut encore recevoir l’aval du Parlement européen.
Élie Hoarau a déjà demandé la réalisation d’une étude d’impact des APE, et à ce que soient tenues à La Réunion des réunions d’information sur le contenu des accords. Au-delà du rôle du parlementaire, c’est, a affirmé Élie Hoarau, la voix du plus grand nombre des Réunionnais qui doit désormais être entendue. La grave question des APE doit inciter l’ensemble des élus de La Réunion à alerter l’opinion publique qui demeure encore trop peu informée des bouleversements qui se préparent : « c’est une bataille qui commence », a conclu le représentant des Réunionnais au Parlement européen.

Geoffroy Géraud 


APE : Élie Hoarau interpelle la Commissaire européenne au Commerce

Par un courrier adressé à la baronne Catherine Ashton, Commissaire européenne chargée du commerce, le député Élie Hoarau a rappelé la spécificité des Régions ultrapériphériques de l’Union européenne (RUP) dont fait partie La Réunion, et les conséquences qui en découlent dans le contexte de mondialisation des échanges que renforcent les APE. Voici quelques extraits.

« Les Régions ultrapériphériques de l’Union européenne de par leur situation géographique se distinguent des autres régions de l’Union européenne. Bien sûr, leur développement passera indéniablement par la mise en valeur de leurs atouts ; cependant, des contraintes permanentes pèsent et continuent de peser sur leur développement. Ces contraintes permanentes – reconnues dans l’article 299 (2) du Traité – sont liées aux facteurs de l’éloignement, de l’insularité, de la faible superficie des territoires, du relief, de la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes, de la dépendance économique vis-à-vis d’un petit nombre de produits, de la dépendance énergétique aux ressources fossiles (…).
Ces contraintes font que les défis contemporains inhérents à la globalisation, à l’approfondissement du marché commun, à la convergence économique, sociale et territoriale au changement climatique (…) ne pourront être relevés par les RUP sans aides d’État à hauteur des ambitions.
Durant la dernière semaine d’août, l’Union européenne, que vous représentiez, et les pays d’Afrique orientale et Australe ont signé des accords intérimaires aux accords de partenariat économique. (…) Ces accords impliquent de profonds changements pour La Réunion et Mayotte, et sont en contradiction avec les différentes communications de la Commission (…) ayant trait à l’intégration régionale des RUP dans leur bassin spécifique et à l’objectif de création de marché interrégional spécifique et leur voisinage immédiat (…).
Il est inadmissible que ce processus se soit déroulé (…) et se poursuive sans la participation – et a minima la concertation – des RUP de cette zone géographique.
Pouvez-vous considérer le besoin d’associer sans plus attendre les RUP concernées par ces accords à la table des négociations ?
Il est aussi urgent que la Commission européenne organise, à La Réunion, une réunion à destination des socioprofessionnels ayant vocation à expliquer précisément le contenu des accords signés (…) ».
Élie Hoarau


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