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Air Austral : un plan de démolition en œuvre ?

Après l’arrivée précipitée d’anciens cadres d’Air France à la direction

Manuel Marchal / 5 mai 2012

Les dirigeants réunionnais d’Air Austral avaient mis au point une stratégie permettant de préserver tous les emplois, ils ont été chassés de la compagnie et remplacés par des cadres venus d’Air France. Le 15 mai, les anciens salariés de la compagnie française vont-ils annoncer une vague de licenciements de Réunionnais à Air Austral ?

Toutes les compagnies aériennes sont confrontées à une crise liée à la hausse des prix du pétrole. Face à cela, plusieurs stratégies sont mises en œuvre.
La première consiste à réduire les intermédiaires en produisant soi-même son kérosène à partir du pétrole brut. C’est ce que compte faire Delta Air Lines aux États-Unis. Ainsi, Delta prévoit d’économiser 300 millions d’euros par an dans le coût de production de ses vols intérieurs aux États-Unis.
L’autre stratégie est d’utiliser le personnel comme variable d’ajustement. C’est ce qui se fait en Europe, et notamment chez Air France. On ne compte plus les postes supprimés dans cette compagnie en grande difficulté. Dans un communiqué daté de la semaine dernière, l’UNSA craint 2.000 licenciements supplémentaires, et note qu’Air France pourrait se retrouver dans la situation de Sabena ou Swissair, deux grandes compagnies nationales disparues au cours des 10 dernières années.
À noter que le directeur d’Air Austral qui a remplacé les Réunionnais était un cadre dirigeant d’Air France, salarié de cette compagnie juste avant de débarquer à La Réunion.

Didier Robert au service d’Air France

Mais il y a une stratégie alternative, qui permet d’épargner l’emploi. C’est celle qui était mise en œuvre par la Direction réunionnaise d’Air Austral. Elle avait décidé de suspendre les lignes les moins rentables, et d’augmenter la fréquence sur l’axe La Réunion-France, là où Air Austral était le leader incontesté, loin devant Air France.
Mais dès qu’il s’est octroyé le poste de président du Conseil de surveillance, Didier Robert a décidé de s’opposer à cette décision de la direction opérationnelle de la compagnie. C’était un fait sans précédent, car jamais le politique ne s’était mêlé de la gestion de la compagnie. Le président de la Région a donc décidé de politiser Air Austral.
Didier Robert a exigé le maintien des lignes les moins rentables, et a donc refusé qu’Air Austral intensifie ses liaisons vers la France. Il est clair que la seule compagnie gênée par l’option combattue par Didier Robert, c’était Air France.

Coupable précipitation

En faisant cela, Didier Robert crée les conditions de l’aggravation de la situation financière de la compagnie, tout en favorisant une compagnie extérieure à La Réunion au détriment des intérêts des Réunionnais.
L’arrivée à la Direction d’Air Austral de plusieurs cadres d’Air France vient confirmer cette stratégie cousue de fil blanc. L’objectif, c’est bien de démolir Air Austral.
La menace la plus claire, c’est que le 15 mai, les ex-cadres d’Air France vont annoncer des licenciements à Air Austral. Mais les adversaires d’Air Austral savent que le 15 mai, il y aura un nouveau président de la République. Air Austral est un des enjeux de la présidentielle, c’est la conséquence de la politisation voulue par Didier Robert. Ils auront beau vouloir précipiter les choses, ils ne pourront pas démolir Air Austral, car ils ne pourront rien contre le changement.

M.M.


L’UNSA craint 2.000 licenciements à Air France

Voici un communiqué de l’UNSA Air France publié le 27 avril dernier :

Les négociations engagées entre la Direction et les syndicats d’Air France dans le cadre de la restructuration initiée par Alexandre de Juniac n’augurent rien de bon pour les 55.000 salariés de l’entreprise.

L’UNSA ne peut s’empêcher de penser qu’Air France est à l’aube d’un plan social sans précédent dans son histoire. Les mesures annoncées par l’entreprise, tant sur l’augmentation de la productivité que sur la réduction des coûts, concourent à engendrer un sureffectif de 2.000 hôtesses et stewards sur un effectif global de 15.000. Ces mêmes mesures qui seront de toute évidence appliquées à l’ensemble de l’entreprise entraineront des suppressions de postes massives à l’horizon 2014.

Air France, leader dans le domaine aérien il y a encore deux ans, n’est plus à l’abri d’un scénario catastrophe à l’instar de Sabena, Swissair ou Alitalia. A l’heure actuelle, La Direction d’Air France reste muette concernant un éventuel plan social, doit-on faire un lien avec les échéances électorales ?


Qantas supprime des emplois

La compagnie australienne Qantas vient de reporter la réception de deux gros porteurs d’Airbus livrables en 2013. Dans le cadre de son programme d’économies, Qantas a décidé de réduire ses dépenses et d’enrayer le déclin de ses performances opérationnelles en retardant la livraison des A380. En février, la compagnie a réduit ses investissements, puis supprimé 500 emplois dans les services de restauration et de maintenance. D’ici quelques semaines, Qantas va réduire de 312 millions d’euros en capital sur l’exercice 2012/2013. « Nos efforts sont concentrés sur le développement de notre présence sur le marché national (australien), la valorisation de l’offre Qantas Frequent Flyer (voyageur fréquent), la remise à flot de Qantas International et le développement de Jetstar (filiale low cost) en Asie », a expliqué le PDG, Alan Joyce, sur le site “Usine Nouvelle”.


Lufthansa supprime 3.500 postes

Oliver Wagner, vice-président en charge des « direct services » chez Lufthansa, a annoncé la réduction du personnel au sein de la compagnie. Ce dernier prévoit d’externaliser en totalité le personnel navigant commercial (PNC) sur ses lignes court/moyen courrier au départ des aéroports allemands, sauf Francfort et Munich, pour économiser 40% sur les coûts salariaux.
Ces travailleurs ne seraient plus sous contrat avec Lufthansa, mais avec une société dénommée Aviation Power.
Le premier groupe aérien européen Lufthansa a annoncé jeudi 3 mai la suppression de 3.500 emplois dans ses services administratifs dans les années à venir. Ces coupes de personnel devraient réduire de 25% ses coûts administratifs, a expliqué Christoph Franz, directeur de Lufthansa.
Cette situation met en évidence les difficultés du secteur aérien européen, affecté par l’augmentation des prix du carburant.


Menaces en Scandinavie

Jeudi 3 mai, la compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé avoir quasiment doublé ses pertes au premier trimestre et a décidé d’accélérer un grand plan de réduction des coûts. De même, la petite compagnie low cost danoise Cimber Sterling s’est déclarée en faillite.



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  • Je doute que Gabriel Pinelli, veux couler Air Austral et il faut des personnes compétentes pour sauver Air Austral, et visiblement vu les noms qui ont circulé il y avait aucun personnage de la réunion pour prendre la tête de UU

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  • Savez vous pourquoi M Pinelli s’est faché avec M Etheve ? Il faut savoir que ce monsieur avait traité Air austral de compagnie de"(…)".Et la il revient comme si rien n avait été dit.Quelle honte de voir celà !

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  • Le temps du mépris, Mr Robert, c’est terminé.
    Le coût du pétrole déjà met en difficulté bon nombre de compagnies aériennes mondiales, les forçant à se structurer par des mesures de licenciements massifs, allant jusqu’à la faillite.
    Pour le moment on pense que la principale faute revient au pétrole cher, sans s’occuper de sa raréfaction, ainsi que de l’influence monétaire.
    Si pour quelques avions et pratiquement aucun paquebot, pour la Réunion c’est difficile d’en sortir, je vois mal comment on pourrait "batt’carré" avec 2000 bus, sans compter "tout’ sak nana un bel l’auto".
    Voir qu’un politique, Didier Robert organise la démolition d’une oeuvre réunionnaise : dans AIR AUSTRAL, c’est le comble.
    Le temps du mépris, Mr Robert, c’est terminé. le peuple saura juger votre arrogance.

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  • Je pense que au lieu de critiquer AF les Réunionnais feraient mieux de trouver une solution pour sauver le Entreprise.
    Avec 4.6 milliard de déficit il va de soit que AF veut garder la main mise sur ce qu’ils appellent leur vache à lait ( Afrique et Outre-Mer)...

    Moi je pense que la direction précédente à vu trop grand et trop vite ac des investissement totalement futiles
    Exemeple B777-200LR et aussi l’ouverture de lignes sans études de marché .....

    Effectivement cela me semble louche que ce soit des membres anciennement travaillant chez la concurrence qui aient été débauché surtt concurrence directe.

    J’ose espérer que les remaniment effectué sur les déssertes provinciales seront efficaces....
    De mon avis celles-ci devraient etre saisonnières tout comme la liaison sur bangkok ....

    La flotte devrait etre plus adéquate car il est clair qu’il y a un sureffectif en terme d’avion et de personnel c’est triste mais c’est comme cela ...

    L’achat d’un avion n’est pas comme une voiture il y a la maintenance à prendre en compte et aussi le taux de rentabilité de l’appareil la flotte critique d’air austral devrait se situer autour de 7 avions soit 5 gros porteur B777-300ER etB 777-200LR 2 moyen court courrier B737-800NG

    Il va de soit que une flotte boeing doit etre super rentable afin de pouvoir subvenir aux frais de la maintenance qui est plus élevée compte tenu du court del’euros par rapport au dollars bref

    Il y a du potentiel au niveau de la compagnie et comme c’est le cas aux antilles aussi AF veut garder sont pseudo monopole (…) j’espère que les locaux feront vivres encore longtemps leur entreprise local .....

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