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Appuyons nous sur l’histoire pour répondre aux défis futurs, pour construire l’avenir de nos enfants !

Intervention d’Éric Fruteau

Témoignages.re / 7 décembre 2010

L’intervention d’Eric Fruteau a eu lieu dimanche en clôture des débats qui ont suivi la présentation des rapports, juste avant les votes des motions, et les interventions d’Elie Hoarau et Paul Vergès. Eric Fruteau met en avant la capacité du PCR à s’inscrire dans la réalité réunionnaise et à être une organisation ouverte sur la société et sur le monde.

« Notre parti, le Parti communiste réunionnais est un grand parti. Les différentes interventions qui ont été énoncées à cette tribune depuis vendredi en sont la preuve.
Notre histoire, nos actions, notre réflexion, nos projets pour la vie, pour le développement de la société réunionnaise tels que les camarades sont venus les présenter attestent du rôle central que notre parti a joué dans l’histoire de La Réunion depuis 1959.
C’est de son enracinement dans notre terre, dans sa terre qui est sa terre natale que notre parti tire sa force. C’est grâce à la capacité de ses fondateurs d’inscrire notre parti dans la réalité réunionnaise à toute époque afin d’y puiser l’essence et les forces vives de notre combat que nous avons collectivement remporté nos victoires contre les conservateurs, contre le pouvoir néocolonial qui, même après la départementalisation, a tenté de maintenir notre peuple dans une situation de soumission et d’assimilation en niant notamment notre identité culturelle.

La responsabilité

A l’initiative de notre mouvement, de ce parti, notre camarade Paul Vergès a su s’entourer de camarades, de compagnons, de frères d’armes, d’intelligence réunionnaise, de combattants et de partisans dont les formes d’engagement à ses côtés, à nos côtés, qu’elles soient dans les instances ou sur le terrain, qu’elles soient sur le papier ou dans les bureaux de vote, dans nos chemins lors de porte à porte, dont la diversité de militantisme a consolidé notre parti en tant que premier interlocuteur du pouvoir parisien.
Nous sommes les premiers à avoir dit, à avoir clamé contre toutes les formes de répressions imaginables que les Réunionnaises et les Réunionnais ont le droit et la responsabilité de gérer eux-mêmes les questions fondamentales pour l’avenir de leur pays, de sa population, même si elle est une partie de la République française.
Cette voix, ce discours, cette fierté d’être acteur de notre destin a rassemblé une grande pluralité de camarades qui, à tous les échelons, ont agi pour que notre parti s’organise, entre en résistance quand c’était nécessaire contre la censure, la fraude électorale, les injustices et les inégalités dont était victime le peuple réunionnais. Nous leur devons beaucoup. Nous leur devons énormément. J’ai pour eux un profond respect et une grande admiration. Et comme je suis de l’Est, de Saint-André, je voudrais faire un peu de chauvinisme en citant, pour illustrer mon propos, Raymond Vergès, Laurent Vergès, en rendant un hommage appuyé à Lucet Langenier, à Ary Payet, à Jacques Panon, à M. Janac, à Claude Aroumougom, à Rosa Martin, à Carlo Fruteau, à Joseph Mondissa, à Philippe Decamaret, ces grandes figures de la lutte active et de terrain dans l’Est, et plus spécifiquement à Saint-André. Ce sont nos chers disparus à qui notre ville doit beaucoup. Cadre du parti ou militant de terrain, bien que souvent les deux vont de pairs au PCR, peu importe la différence, c’est leur travail main dans la main pour le bien commun que nous devons célébrer.

L’hommage à nos aînés

Je souhaite aussi citer ces chers ainés dont certains ont rejoint le Conseil des sages de notre ville, Adrien Minienpoullé, Evnor Aroubani, Guy Aquiliméba, Adrien Larivière, Yves Allaguérissamy. Ils sont pour nous celles et ceux qui, par leur engagement, leur résistance, leur fidélité à nos valeurs, ont consolidé notre conscience qu’à chaque période de notre histoire, les projets, les solutions pour le progrès et le développement de notre pays sont à puiser au cœur de l’intelligence et des forces vives réunionnaises.
Notre parti, le PCR, au cours de ses 51 ans d’histoire, a intelligemment noué des partenariats, car nous sommes une organisation ouverte sur la société, ouverte sur le monde. Comme le dit un camarade, « le parti n’est rien s’il n’est pas en concordance avec les aspirations profondes de la société où il agit ». C’est ce qui le rend cohérent. C’est ce qui lui a donné sa cohérence et l’a mis en phase avec la volonté profonde de la population réunionnaise. C’est ce qui nous a conduits vers d’historiques victoires.
Une cohésion interne qui rassemble, unie la diversité, donc la richesse des femmes et des hommes de notre parti, qui rassemble et unie leur capacité à mettre en commun, sans exclure, leur savoir ;
Une cohérence trouvée ou retrouvée avec notre société qui, aujourd’hui, va mal et dont le fonctionnement s’est complexifié. (Nous avons tous à l’esprit les chiffres du chômage, de la demande de logement, du seuil de pauvreté, de l’illettrisme…).

« Faire évoluer notre parti et son fonctionnement »

Cohérence s’appuyant sur ces femmes et hommes politiques de notre parti qui, en éclaireurs, sont capables de tracer la route, de saisir les changements profonds de notre société (la mondialisation des échanges économiques, culturels, l’impact des techniques de l’information et de la communication sur les relations sociales, sur la façon dont notre jeunesse se représente le monde ; la surmédiatisation de la société de consommation et ses conséquences sur la cohésion sociale, la course au développement durable, la gestion des déchets, les problèmes causés par l’illettrisme en matière d’insertion sociale et professionnelle, un électorat jeune et en quête de réponses en phase avec leur vision du monde…), saisir donc l’ensemble de ces changements, les mettre en cohérence avec les racines historiques de notre société, telle est la voie d’une cohérence avec les aspirations profondes de notre population.
Tels sont pour nous les moteurs de nos engagements présents et futurs contre la politique de casse sociale du gouvernement ultralibéral de Sarkozy, soutenue par les représentants locaux de l’UMP.
Tels sont nos engagements pour le développement durable de notre société, pour l’avenir des enfants de La Réunion. C’est pour cela qu’il nous faut continuer la lutte et le combat.
C’est pour cela qu’il nous faut faire évoluer notre parti et son fonctionnement. Il nous faut un parti moderne, capable de s’adapter à l’évolution de notre société et répondre aux attentes de notre jeunesse. Tenant compte de nos richesses, et aussi de nos diversités internes. De notre pluralité. Un parti capable de faire son auto-critique pour encore progresser. C’est tout le mal que je nous souhaite pour l’avenir.
Pour finir : tiembo ensemble, larg pa ! En tout cas, nou Saint-André, nou lé la et i fo compte desu nou !


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