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Après la casse, Didier Robert n’a que des miettes à offrir

La « relance » selon la Région

Geoffroy Géraud-Legros / 3 septembre 2010

La Région a annoncé avant-hier qu’elle contribuerait à hauteur de 28 millions à une trentaine de chantiers dans les communes, lesquelles investiront pour leur part 22 millions d’euros. Voilà, selon Didier Robert, une avancée décisive dans la politique d’investissement de la Région… Cette somme ne représente même pas le tiers des 100 millions d’euros qu’il avait mis à la poubelle en arrêtant net la construction de la rocade du Tampon. Une décision qui avait engagé le secteur du BTP dans une crise dont il n’est pas sorti depuis.

Les grands discours du président de la Région n’auront en tous cas pas pris auprès du secteur : immédiatement après l’annonce du programme « révolutionnaire » de la Région Réunion, le BTP dans son ensemble annonçait qu’il descendrait dans la rue le 10 septembre. Un camouflet infligé à l’UMP qui sanctionne la politique de démolition engagée par Didier Robert bien avant son entrée à la pyramide inversée.

Casse de la Rocade du Tampon : le point de départ de la crise du BTP

En prenant la suite de la livraison de la route des Tamarins, la construction de la Rocade devait assurer une continuité dans l’activité du BTP, lui permettant d’assurer l’emploi en attendant le lancement du tram-train. La Rocade, c’était 5 kilomètres de route, dont la plus large partie en 4 voies, indispensables pour soulager le trafic automobile sur le trajet Saint-Pierre-Le Tampon. Devenu maire du Tampon, Didier Robert n’a pas exprimé tout d’abord son opposition au projet, qu’il a même soutenu publiquement… tout en multipliant les retards et les atermoiements. Finalement, le nouveau premier magistrat du Tampon avait procédé à une votation citoyenne : verdict, les votants s’exprimèrent en faveur du projet, par 110 voix pour, contre 65.
On connaît la suite : malgré les multiples validations du projet, Didier Robert a fini par décider unilatéralement l’arrêt pur et simple des travaux. Seul motif invoqué : il ne « fallait pas couper la ville en deux ». Cette décision a eu un effet immédiat et terrible sur le secteur du BTP : l’ouvrage disparu, les PME se retrouvaient sans travail, les ouvriers à la rue, les chefs d’entreprises face à la nécessité de payer les crédits engagés pour le matériel. Des deux côtés, une plongée dans le cycle infernal de l’endettement, dont les entrepreneurs espéraient sortir avec l’ouverture du chantier du tram-train. Pour bon nombre d’entre eux, la casse de la Rocade restera comme le point de départ de la catastrophe.


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