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Après la disparition du tram-train, la disparition d’Air Austral

L’arrivée du clientélisme dans un outil de développement

Manuel Marchal / 14 janvier 2012

Didier Robert a politisé le dossier d’Air Austral et s’est octroyé la présidence du Conseil de surveillance de manière unilatérale. Avec un tel démolisseur aux manettes, il faut s’attendre à la catastrophe pour une entreprise exemplaire.

En pleine crise du transport aérien, Didier Robert a fait le choix de la démagogie pour dégager la direction d’une entreprise exemplaire. Il s’est en effet octroyé hier le poste de président du Conseil de surveillance d’Air Austral. Désormais les choses sont claires, Air Austral va disparaître.
C’est en effet celui qui a démoli le tram-train et qui utilise l’argent de la Région Réunion pour financer des opérations clientélistes et des opérations bat’karé qui peut désormais imposer sa politique dans une entreprise exemplaire.
Il est évident que la démagogie va marcher à plein pot. Comme à la Région, les robinets à finance vont s’ouvrir en grand et en très peu de temps la compagnie va connaître des difficultés financières sans commune mesure avec la situation actuelle. Après avoir démoli le tram-train, Didier Robert sera le responsable de la démolition d’Air Austral.
Sa prise de pouvoir montre le niveau d’une partie de la classe politique locale qui confond le développement d’une entreprise avec ses intérêts clientélistes. Tout est parti de la crise mondiale du transport aérien. Air Austral n’est pas la seule compagnie touchée. Il n’y a qu’à voir comment Air France se débat pour éviter la faillite (voir encadré).
Pour faire face à cette situation, et continuer à mener à bien ses projets au service du désenclavement de notre pays, Air Austral a sollicité ses actionnaires pour une augmentation de capital. Didier Robert a décidé de politiser cette question. Il a pour cela profité de sa place de chef de la SEMATRA qu’il s’était octroyée en passant en force l’an dernier.
Le 2 décembre dernier, Didier Robert a tout d’abord boycotté l’assemblée générale devant acter l’augmentation de capital. Puis le 23 décembre dernier, en l’absence du Conseil général, actionnaire à 30% de la SEMATRA, il a fait passer une résolution demandant l’inscription d’un ordre du jour unique à l’assemblée générale ordinaire organisée hier : la révocation du Conseil de surveillance en intégralité.
Au moment où la crise du transport aérien s’amplifie et touche une compagnie aussi exemplaire qu’Air Austral, l’arrivée à sa présidence de Didier Robert est le signal du début de la catastrophe. Après le tram-train, il va démolir Air Austral.
D’ailleurs, la démolition a déjà commencé, car tous les observateurs ont pu constater que la conférence de presse a été contrôlée par "les hommes du président" qui se comportaient déjà comme en pays conquis.

Manuel Marchal


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