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Après la fête

Parc national

Geoffroy Géraud-Legros / 2 mars 2011

Depuis l’entrée de La Réunion au patrimoine de l’UNESCO, le bilan du président du Parc national des Hauts se limite à des effets de communication. Une inaction lourde de conséquences, dans un contexte marqué par des évènements décisifs.

Les cocktails, les petits fours, le shopping, et pour finir, le kayamb et les affiches d’autocélébration géantes plantées en plein centre de Bras-Panon : telles sont, en résumé, les principales étapes du périple qui a mené Daniel Gonthier de La Réunion à Brasilia et de Brasilia à La Réunion, où il rapportait en août dernier les lauriers du classement de près de la moitié de l’île au patrimoine mondial de l’UNESCO.

René Robert jette l’éponge

L’application du maire de Bras-Panon à assurer sa propre promotion, assez bien relayée par les médias réunionnais, avait occulté le rôle d’autres acteurs dont l’engagement écologiste ne date pas d’hier, dans l’obtention de cette distinction. Le plus renommé d’entre eux vient de jeter l’éponge : 6 mois à peine après l’entrée des “Pitons, cirques et remparts” dans la nomenclature UNESCO, René Robert, directeur scientifique de la Mission UNESCO, a démissionné de ses fonctions au mois d’octobre dernier. Motif : le peu d’intérêt que portent, au fond, les responsables de la gestion du label. Fair-play jusqu’au bout, le géographe ne met personne en cause et semble vouloir simplement tourner la page en toute tranquillité. Un souhait qu’il faut bien entendu respecter, mais qui n’empêche pas d’interroger sur le comportement de ceux qui ont pour mission de faire fructifier cet héritage, à commencer par le directeur du Parc national… Daniel Gonthier.

Le test du Maïdo

Désintérêt : le mot est faible pour qualifier l’attitude de ce dernier envers le rôle que lui assignent ses fonctions et le prestige recueilli à l’UNESCO. Le dramatique incendie qui a ravagé le Maïdo au mois d’octobre dernier a fait figure de test : sur leurs écrans de télévision, les Réunionnais ont vu le courage des pompiers, luttant mètre par mètre pour contrer les flammes. Ils ont vu l’implication exemplaire d’Huguette Bello. Daniel Gonthier était, lui, aux abonnés absents, et ne prit même pas la peine de se fendre d’un communiqué relatif à l’incendie. Le président du Parc national des Hauts ne réapparut qu’à la fin novembre, lors de la visite des lieux du sinistre par une Marie-Luce Penchard accompagnée de caméras.

Deux poids, deux mesures ?

Même absence de réaction après l’annonce de l’attribution à des non-Réunionnais de 17 postes d’agents au sein du Parc national. La question ayant suscité un certain émoi dans l’opinion, on aurait pu, a minima, attendre du recruteur qu’il s’exprime… d’autant plus qu’il s’était, à juste titre, résolument engagé en faveur de la nomination d’une Réunionnaise au poste de directrice du Parc. Ce qui vaudrait pour les bureaux ne serait-il pas valable sur le terrain ? Ou ces deux poids, deux mesures ont-il été dicté par des raisons d’opportunité médiatique ? « Fêter la victoire, c’est bien, mais après ? » se demandait René Robert dans une interview accordée au “JIR”. Après la fête, la distinction internationale décernée à Brasilia demeure en friches.

Geoffroy Géraud-Legros


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