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Après la Grèce, l’Italie sous surveillance

Une fin de présidence française du G20 dominée par la crise en Europe

Céline Tabou / 5 novembre 2011

Souhaitant faire de la présidence du G20, une réussite et un atout, pour sa prochaine campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a perdu la main sur les propositions faites pour sortir de la crise. Ce sont en effet les conséquences de ces échecs en Europe qui ont dominé le sommet final de la présidence française. Le G20 a pris fin le 4 novembre avec l’annonce d’une remise en cause du référendum grec, la surveillance de l’Italie et l’augmentation des fonds du Fonds Monétaire International.

Face à l’absence de reprise économique, la hausse mondiale du chômage, la fluctuation des marchés, et l’aggravation des dettes souveraines européennes, les dirigeants du G20 ont annoncé dans un communiqué de « redynamiser la croissance économique, créer des emplois, assurer la stabilité financière, favoriser l’intégration sociale et mettre la mondialisation au service des besoins des populations ».
Cependant, malgré ces promesses, les États européens vont mettre en place de nouveaux plans d’austérité destinés à réduire leurs dettes, la Grèce n’échappera pas aux conditions de la troïka et devra trouver de l’argent pour rembourses ses créanciers.

Adieu à la démocratie

Alors que La Grèce a officiellement renoncé vendredi 4 novembre à son projet de référendum sur le plan de sauvetage décidé le 26 octobre par le FMI, la BCE et l’Union européenne, la pression des marchés s’est accentuée sur l’Italie, troisième économie de la zone euro, quatrième emprunteur dans le monde, et principale cible des investisseurs en cas de propagation de l’incendie.
Toutefois, même si le référendum a été abandonné, les moyens de sortir de la crise politique et financière en Grèce ne sont pas trouvés. Le Premier ministre grec Georges Papandréou va tenter lors d’un vote de confiance à haut risque au Parlement dans la nuit de vendredi de rester en place le temps de garantir le lancement du plan européen anti-crise qui doit sauver son pays de la faillite et le maintenir dans l’euro a indiqué l’Agence France Presse.

Italie sous surveillance

En dépit des mesures « rapides » annoncées par Silvio Berlusconi, le 2 novembre, le pays sera dorénavant sous surveillance du Fonds Monétaire International (FMI), comme l’est la Grèce. Ses engagements budgétaires seront contrôlés par l’institution internationale et la Commission européenne a annoncé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à la clôture du G20.
« Rappelons que si le « cas grec » semble avancer, la focalisation sur l’Italie et son incapacité à donner le timing de la mise des promesses de réduction des déficits réitérées depuis le mois d’août ressert plus encore l’étau autour de Silvio Berlusconi », a souligné François Duhen chez CM-CIC Securities, aux “Échos”. De son côté, Christine Lagarde, directrice du FMI, a estimé que « le problème de l’Italie, c’est le manque de crédibilité », en effet, Silvio Berlusconi a expliqué avoir refusé les fonds offerts par l’institution internationale.

Nicolas Sarkozy dépassé par les évènements

Bien que le communiqué final du G20 ait évoqué la taxe sur les transactions financières, défendue par Paris et Berlin, cette proposition risque de ne pas être votée à l’unanimité. La France, l’Allemagne, la Commission européenne, l’Espagne, l’Argentine, l’Afrique du Sud, le Brésil se sont dits intéressés par le principe de cette taxe, qui doit servir à financer le développement dans les pays les plus pauvres, a déclaré Nicolas Sarkozy en clôturant le sommet.
La stratégie coordonnée de retour à la croissance, face au ralentissement mondial, a eu pour effet de miner les espérances de Nicolas Sarkozy qui a décidé que chacun agirait selon sa situation économique. De fait, les pays européens devront imposer la rigueur pour réduire le déficit, les États-Unis vont faire bande à part et les Chinois seront obligés de consommer et de dévaluer le yuan.

Céline Tabou


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