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Après les niches fiscales, la surrémunération ?

Un gouvernement aux abois

Céline Tabou / 17 septembre 2010

D’un côté des ministres qui affirment que les niches fiscales en outre mer ne seront pas touchées, de l’autre la ministre de l’économie, qui annonce un rabot de 10% sur les niches fiscales. Ces contradictions ouvrent la porte à toutes les menaces possibles.

C’est dans un climat tendu, que le gouvernement ne sait plus où donner de la voix pour faire passer des mesures injustes. Celui-ci montre également une attitude inquiétante envers les fonctionnaires en usant de déclarations contradictoires sur les niches fiscales et les mesures liées à l’Outre-mer. Les parlementaires réunionnais, qui devront voter le budget, auront la responsabilité de voter pour ou contre l’appauvrissement de milliers de familles dont les revenus dépendent des capitaux qui peuvent ou pas être investis dans notre île.

Des remises en cause

La ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard attestait en début d’année que « le Gouvernement ne remettra pas en cause les grandes orientations de la LODEOM ». Mais le plan de rigueur décidé par Paris change tout.
Le ton a d’abord été rassurant, François Baroin, ministre du Budget, ayant indiqué à de nombreuses reprises, que les niches fiscales des DOM/TOM ne seraient pas touchées. « Les niches fiscales dans l’Outre-mer seront épargnées. La remise en cause de la défiscalisation en Outre-mer serait un désastre économique pour ces territoires et nous avons pris des engagements vis-à-vis de l’Outre-mer qui ne seront pas remis en cause », a-t-il indiqué.
Mais il vient d’être contredit par sa collègue Christine Lagarde, ministre de l’Économie. Elle atteste que « 22 niches fiscales seront rabotées de 10% ». Parmi lesquelles, quatre d’entre elles relatives aux investissements réalisés outre-mer.
Alors que le gouvernement est en prise avec des polémiques sur la suspicion de conflit d’intérêt du ministre du Travail, Eric Woerth dans l’affaire Bettencourt, la circulaire contre les Roms condamnée par l’Union européenne, et les privilèges que se sont accordés les ministres, Christian Estrosi, Christine Boutin, Christian Blanc, la déclaration de Christine Lagarde envers ses homologues du gouvernement, dénotent un cafouillage médiatique, mais aussi politique.

Quelles assurances ?

Or, il est un sujet essentiel qui a été abordé par deux ministres en visite dernièrement dans notre île. Luc Chatel et Georges Tron ont tenu à dire que la surrémunération des fonctionnaires n’est pas menacée.
Luc Chatel, ministre de l’éducation a indiqué que « le gouvernement ne touchera pas à l’indexation des fonctionnaires ». De son côté George Tron a tenu à rassurer les fonctionnaires, et a déclaré lors de sa visite à La Réunion, le 24 août, « il n’y a aucun projet de cette nature en cours de discussion ».
Mais les propos de la ministre de l’Économie viennent ébranler ces certitudes distillées. Car à partir du moment où les ministres ont parlé de la surrémunération, il y a de quoi s’inquiéter dans le contexte actuel.
Car appuyée par une frange de la majorité chaque jour plus importante, la ministre de l’Économie prône pour des coupes budgétaires dans tous les secteurs. Et pour le moment, sa déclaration sur la fiscalité outre-mer n’a souffert d’aucun démenti. Les fonctionnaires seront-ils les prochains sur la liste ?

Céline Tabou


Kanalreunion.com