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ARAST : « Arèt ek sa »

À l’approche des cantonales

Geoffroy Géraud-Legros / 11 février 2011

A l’approche des cantonales, un nouvel incident a empêché le retour au travail d’anciennes salariées de l’ARAST. Un accrochage visiblement préparé à l’avance, qui a déclenché de vives réactions dans les rangs des ex-ARAST.

Une cinquantaine d’ex-ARAST étaient convoqués mardi dernier dans le cadre des rendez-vous de Pôle Emploi. Objectif : procéder à des entretiens dans la perspective d’embauches au sein de la société Korbey d’Or, spécialisée dans l’aide à la personne. Des contrats à durée indéterminée, dont la rémunération nette devait s’élever à 1.350 euros nets environ.

« Retour à l’esclavage »

La procédure fut interrompue par Mimose Libel, ex-ARAST familière des caméras, proche de Valérie Bénard, ancienne animatrice du mouvement de l’ARAST devenue vice-présidente UMP de la région Réunion. Devant la presse, Mme Libel s’en prit violemment au directeur de la société Korbey d’Or, Stéphane Deniz, qualifiant les contrats et la rémunération proposée de « retour à l’esclavage ».

Incompréhension et colère

Le côté visiblement préparé de l’altercation — la presse avait été prévenue par Mme Libel — et les propos outranciers tenus par cette dernière ont heurté le responsable de Korbey d’Or. Traité de « gros blanc », ce dernier a fait savoir que l’entreprise qu’il représentait ne pouvait, dans ces conditions, poursuivre les entretiens d’embauche. L’interruption du processus de retour au travail a déclenché l’incompréhension, puis la colère des anciennes employées de l’ARAST contre leur collègue. « Si Mimose ne veut pas travailler, c’est son problème, mais i fo pas elle i empêche a nou », nous déclare l’une d’entre elles, qui a préféré garder l’anonymat. « Na eu trop de magouilles si nout dos. Arèt ek sa », ajoute-t-elle. Même son de cloche, ces deux derniers jours, sur les ondes de Radio Freedom, où plusieurs ex-ARAST ont protesté contre une initiative dans laquelle elles disent ne pas se reconnaître. Un collectif de salariées a même fait parvenir un courrier à M. Denize, pour se désolidariser des agissements et des propos de Mme Libel. L’annonce simultanée de la candidature de cette dernière aux élections cantonales a été un facteur supplémentaire de tension dans les rangs des ex-ARAST.

Geoffroy Géraud-Legros


De la rue à la candidature

Omniprésente face aux caméras et aux journalistes pendant la crise de l’ARAST, Mimose Libel est vite apparue comme le bras droit de Valérie Bénard, ex-cadre de l’association, élue depuis sur la liste UMP au sein de la majorité régionale. Cette employée expérimentée — plus de trente années de services d’après ses collègues — s’est fait remarquer par sa virulence. À la chute de l’ARAST, Mme Libel ne s’est pas retrouvée dans une situation comparable à celle d’autres salariées : bénéficiaire d’une convention de reclassement, elle fait partie des quelques ex-employées qui ont touché à peu près l’intégralité de leur salaire pendant une année. À l’issue de ce délai, qui a expiré il y a peu, ce revenu a été porté à environ 50% du salaire, conformément aux textes en vigueur. Proche de la retraite, Mme Libel semble décidée à suivre les traces de son mentor, Valérie Bénard, et à entamer une carrière politique : elle sera la suppléante de Jean-Claude Panechou, candidat du Front de gauche dans le 2ème canton de Saint-Denis. Un choix aux allures de revirement pour cette ex-ARAST qu’on a entendu à plusieurs reprises se lancer dans de virulentes attaques contre « la gauche ».


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