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Au cœur de la bataille de Sainte-Suzanne : la solidarité réunionnaise face à l’injustice

Élie Hoarau sur Réunion Première

Témoignages.re / 25 janvier 2012

Hier matin, Élie Hoarau était l’invité de l’émission "Gran Matin" sur Réunion Première. Nous publions ci-après de larges extraits de l’entretien qu’il a eu à cette occasion avec Philippe Dornier avant 8 heures sur l’élection municipale partielle de Sainte-Suzanne. Au cours de cet entretien, le secrétaire général du Parti communiste réunionnais (PCR) a notamment rappelé que, contrairement à ce qui est dit parfois, les communistes ne soutiennent pas trois, mais une seule liste, seule candidate de leur organisation, celle de Maurice Gironcel. Et cela, sur la base du respect de principes fondamentaux du PCR : la solidarité réunionnaise face à l’injustice et le respect de nos engagements au service du peuple réunionnais. Les inter-titres de cette interview sont de "Témoignages".

Philippe Dornier : Le PCR joue gros avec ce scrutin ; quel est son enjeu ? La crédibilité du PCR ?

Élie Hoarau : Il y a plusieurs enjeux en réalité ; et tout d’abord, le respect d’un certain nombre de principes. Nous mettons en avant surtout deux principes. Le premier, c’est l’affirmation de la solidarité avec un de nos camarades qui, selon notre point de vue, a été injustement frappé.
Le deuxième principe, c’est le respect de la parole donnée. À partir du moment où Maurice Gironcel avait été injustement frappé, tous les élus de la majorité municipale de Sainte-Suzanne et la Section communiste de Sainte-Suzanne ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas accepter cette injustice et que, dès le moment où Maurice Gironcel retrouverait ses droits, eh bien, on ferait appel à nouveau à la population. C’était une parole donnée. Et au moment de passer à l’acte, on s’aperçoit qu’un grand nombre a tenu sa parole. Mais il y a quelques-uns qui ont considéré que leur place était peut-être bonne et ils ont renié l’engagement qu’ils avaient donné.

Le respect des principes

Donc, l’enjeu essentiel de ce scrutin pour nous, à Sainte-Suzanne, c’est le respect des principes. Les principes de solidarité, qui ont toujours été à la base de la solidité du Parti communiste réunionnais. Eh bien, on va tester devant la population le respect de ces principes : la solidarité et la parole donnée.

S’il y a un deuxième tour, est-ce qu’on pourra considérer cela comme une défaite pour vous ?

- Les choses sont claires ; il n’y a qu’un seul candidat soutenu par le Parti communiste réunionnais. C’est Maurice Gironcel, entouré de plus d’une quinzaine d’élu(e)s sur sa liste en 2008 et qui ont démissionné en solidarité avec Maurice Gironcel. Et ces élu(e)s ont respecté la parole qui a été donnée.

L’objectif, c’est la victoire

Maintenant, l’objectif, c’est la victoire. Il est évident que nous souhaitons — et ce n’est pas impossible — obtenir la victoire dès le premier tour. Mais cela se jouera à la fin du match. Et si le 5 février on a gagné, c’est également une victoire. La victoire au premier tour serait bien entendu plus importante pour nous, ce serait la cerise sur le gâteau, mais ce que nous visons pour cette élection partielle, c’est la victoire de la liste conduite par Maurice Gironcel.

"Témoignages" annonce tous les jours la victoire de Maurice Gironcel à l’issue de ces élections ; n’est-ce pas un manque de respect des électeurs ?
- Quand vous lisez "Témoignages", vous vous rendez compte que c’est un appel à aller ensemble à la victoire de Maurice Gironcel. On soutient un candidat ou on ne le soutient pas. Et quand on le soutient, on le fait à la manière de "Témoignages". Et je pense que cela fait plaisir aux gens, puisque les gens s’arrachent le numéro de "Témoignages" chaque jour.

Pourquoi ne pas avoir laissé Yolande Pausé aller au terme du mandat qui était en cours ? Pourquoi avoir fait démissionner et accélérer ces Municipales ? C’était vraiment nécessaire ?

- Bien entendu que c’était nécessaire. On a un de nos camarades qui est frappé par une injustice à cause de son engagement politique. À partir de ce moment, il y a la nécessité d’avoir envers lui une solidarité.
Cela a toujours été un principe cardinal de notre parti : quand un de nos camarades est frappé, il doit avoir la solidarité de tout le parti. Et cette solidarité a été exprimée dès le moment où Maurice Gironcel a été frappé.

Un principe qu’on appliquera toujours

Eh bien, il est normal que cette solidarité s’exerce de plein droit. Et au moment de le faire, c’est-à-dire quand Maurice Gironcel retrouve ses droits, c’est le moment d’exprimer sa solidarité. Ceux qui ne l’ont pas fait ont manqué au serment, ont manqué à la parole donnée.
Le problème n’était pas de savoir si Yolande Pausé a bien fait ou mal fait son travail. Globalement, elle a bien fait son travail. Mais le problème n’était pas celui d’une sanction vis-à-vis d’elle. Le problème, c’est la manifestation de la solidarité de notre parti vis-à-vis d’un de nos camarades qui est frappé, et c’est un principe qu’on appliquera toujours.


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