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Au lendemain des élections, un contexte difficile à venir

Suspension de l’écotaxe, Pacte de responsabilité

Céline Tabou / 27 mars 2014

Le revers du premier tour des élections municipales pour les candidats socialistes est dû à la politique gouvernementale, menée par François Hollande. Espoir d’un changement lors de la campagne présidentielle de 2011-2012, les espoirs ont rapidement été déçus.

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169.760 Réunionnais cherchent un travail
Voici les derniers chiffres du chômage présenté hier soir par Pôle Emploi, ils donnent une idée du contexte à venir.

Le site d’information de France info s’est procuré la liste des lignes de tramway, de bus ou métros, ayant répondu à l’appel à projet du ministère des Transports. Plusieurs des 117 projets devaient démarrer dès le début de l’année 2014, grâce aux 450 millions d’euros de recette de l’écotaxe.

Des projets dans les cartons

Depuis la suspension en octobre 2013 de l’écotaxe, et le mouvement des « Bonnets rouges », les projets sont restés dans les cartons. 16 tramways, 52 bus à haut niveau de service, 2 tram-train, 4 navettes, 6 réseaux de vélos et également 6 trains, vélos, bus et tramway sont désormais en attente d’un traitement. A La Réunion, plusieurs projets sont également en suspend, comme l’extension du Transport en Commun en Site Propre vers l’Est (TCSP) du Chaudron à Quartier-Français de la CINOR, l’itinéraire privilégié au Port à la Possession du TCO, le TCSP entre le Moufia et la Bretagne de la CINOR et enfin, le TCSP à l’entrée Ouest de Saint Louis de la CIVIS.

Ces 117 projets représentent plus de six milliards d’euros d’investissements, issus de la France entière, ils sont désormais remis en cause depuis le rétropédalage du gouvernement après le mouvement des Bonnets Rouges, né suite à l’annonce de l’écotaxe. La suspension de l’écotaxe a contraint les élus à s’entretenir avec le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, afin de connaitre la participation de l’Etat dans leur projet.

« Tout est suspendu à cause de l’écotaxe »

Cependant, la réponse reste la même : « tout est suspendu à cause de l’écotaxe » a indiqué France Info. Certains élus espèrent des réponses en juin, après les élections européennes. Alors que les projets attendent, les entreprises de BTP, espèrent dans certaines régions, que les projets ne soient pas tous annulés. Ces dernières comptent sur les collectivités les plus aisées pour financer elle-même les projets.

Le gouvernement et les candidats socialistes, et leurs alliés, ont prit connaissance du mécontentement de la population vis à vis de la politique globale de François Hollande. Le Pacte de responsabilité et les 50 milliards d’euros d’économies décidées par le gouvernement vont peser sur les ménages mais aussi sur les collectivités. Celles-ci devront faire face à la baisse des dotations aux collectivités. Les projets proposés par les différentes collectivités en matière de transports ne sont là qu’un exemple parmi tant d’autres. D’autant plus que les détails du Pacte de responsabilité seront fournis après les élections, en avril.

Les candidats face à de fausses promesses

A des fins d’austérité, bon nombre des promesses de François Hollande ont été mises de côté : la réforme institutionnelle, la modernisation de la vie politique, la réforme fiscale, la réforme territoriale. Un programme destiné à briser la politique de Nicolas Sarkozy, mais qui est aujourd’hui dans la suite de celui-ci.

Les candidats, parmi lesquels les prochains maires, devront faire face à des promesses non tenues, mais surtout à une situation financière dégradante. D’autant que Bruxelles a appelé la France à réduire ses dépense publiques. Une raison supplémentaire de croire que la situation va s’aggraver dans le domaine social, car les conseillers généraux sont devenus les seuls barrages à la pauvreté, particulièrement à La Réunion, où 28,9% des Réunionnais sont sans emploi et 42% vivent en dessous du seuil de pauvreté.

D’ailleurs, le gouvernement laisse planer une menace sur l’octroi de mer, ce qui remettrait en cause l’économie de l’île. En effet, en cas de suppression de cette taxe, les communes verront leur budget diminuer de près de 250 millions d’euros. Ajouté au gel des dotations, la fin de l’octroi de mer ruinerait les collectivités et impacterait directement sur la vie des Réunionnais.

 Céline Tabou  


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