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Au Port, vers une convention de partenariat : "Abeille, sentinelle de l’environnement"

Une nouvelle grande première à La Réunion, grâce à la Commune conduite par Jean-Yves Langenier

Témoignages.re / 2 mai 2012

Jeudi dernier, le Conseil municipal du Port a voté en faveur de la signature d’une convention de partenariat entre la Commune portoise et l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) afin que la cité maritime participe à un grand projet intitulé "Abeille, sentinelle de l’environnement". Un projet qui prévoit notamment l’installation d’un rucher dans la pépinière de la ville lancée par Paul Vergès il y a une quarantaine d’années. Le Port est la première commune de l’île à signer cette convention. Voilà un exemple portois à suivre dans tout le pays, comme dans bien d’autres domaines (logement social, alimentation de la population en eau potable, ville verte, ville cyclable, versement des indemnités des élus au parti réunionnais de la liberté, etc.).

Dans le cadre de la politique de développement durable, une déclaration d’intention entre la Ville du Port, le Syndicat apicole de La Réunion et le Conservatoire botanique national et Centre permanent d’initiatives pour l’environnement de Mascarin a été signée en août 2011 pour la sauvegarde et le développement de la population d’abeille sur le territoire communal portois (voir encadré) .
Dans la continuité de cette démarche, la Commune du Port souhaite présenter sa candidature à l’Union Nationale de l’apiculture française (UNAF), en vue de l’intégration de cette convention au programme "Abeille, sentinelle de l’environnement", avec la signature d’une charte qui engagerait la collectivité à l’installation d’un rucher.
Ce rucher sera composé de 6 ruches. Il fera l’objet d’un suivi régulier — avec la récolte du miel entre autres — effectué par un apiculteur.
Pour unifier le soutien à cette action, l’UNAF sollicite l’aide de la Ville du Port à hauteur de 10.000 euros annuels, avec un engagement de 3 ans, pour l’ensemble de sa collaboration. Celle-ci prévoit l’installation des 6 ruches, le suivi du rucher et les actions de communication.
C’est pourquoi, le jeudi 26 avril dernier, le Conseil municipal du Port a autorisé le maire — ou tout adjoint habilité — à signer cette convention de partenariat avec l’UNAF et tous les actes correspondants. Une grande première réunionnaise.

Déclaration d’intention

« Plante in piédboi so matin, sé rod lonbraz pou domin »

Voici de larges extraits du texte de la "Déclaration d’intention pour la sauvegarde et le développement de la population d’abeilles sur le territoire communal portois" signée le 5 août dernier entre la Ville du Port, le Syndicat apicole de La Réunion et le Conservatoire botanique national et Centre permanent d’initiatives pour l’environnement de Mascarin.

« Plante in piédboi so matin, sé rod lonbraz pou domin. Planter un arbre aujourd’hui, c’est pouvoir se mettre à l’ombre demain. En 1971, la municipalité décide de transformer le paysage portois en créant une trame verte à travers la plaine des Galets. Des moyens importants sont déployés : création d’une pépinière communale, végétalisation massive, ceinture boisée, parc arboré, gestion et recyclage des déchets verts et ménagers, maîtrise des ressources en eau, expérimentations diverses. La terre rocailleuse des « pionniers du désert » se transforme, au fil des ans, en ville-jardin.

De la plaine semi-désertique du 19ème siècle à la ville verte d’aujourd’hui, le chemin est long. La Ville du Port, c’est aujourd’hui 1 million 560.000 mètres carrés d’espaces verts, soit 35 à 40 mètres carrés en moyenne d’espaces verts urbains par habitant.

À l’heure où les exigences environnementales se posent à l’échelle du village planétaire, la Ville du Port s’engage dans une démarche volontariste en faveur de la Terre, pour que celle-ci ne devienne pas « le probable paradis perdu » annoncé par le poète espagnol Federico Garcia Lorca. Cet engagement prend forme notamment à travers la multiplicité des actions menées par la municipalité en matière d’éducation à l’environnement.

Dans la continuité de cette démarche et :

- fidèles à une politique engagée en matière de développement durable,

- conscients du rôle primordial de l’abeille dans la sauvegarde de la richesse de la biodiversité végétale à travers l’acte de pollinisation,

- sensibles aux dangers qui guettent aujourd’hui le développement de la population d’abeilles,

- convaincus de la richesse pédagogique qu’offre l’observation de l’abeille et de son habitat,

- déterminés à participer à la conscientisation de toute une population à l’intérêt de l’abeille pour la cité,

la Ville du Port, le Syndicat apicole de La Réunion et le Conservatoire botanique national et Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) de Mascarin conviennent de définir les principes de leur partenariat dans une déclaration d’intention pour la sauvegarde et le développement de la population d’abeilles sur le territoire communal portois.

Article 1 : Objet de la déclaration d’intention.

La Ville du Port s’engage à :

- Ne pas utiliser de produits toxiques et de pesticides dans ses espaces verts, dans la continuité des engagements pris dès 1971 par le Conseil municipal en faveur de l’environnement,

- Favoriser la plantation de plantes mellifères sur le territoire communal, dans le respect des conditions écologiques des espèces et des stratégies régionales et nationales en faveur de la biodiversité et de lutte contre les espèces invasives,

- Accueillir un, voire plusieurs ruchers sur le territoire communal,

- Travailler à la présentation de sa candidature à l’Union nationale de l’apiculture française en vue de son intégration au programme “L’abeille, sentinelle de l’environnement ”.

Le Syndicat apicole de La Réunion s’engage à :

- Assurer le suivi des ruchers installés sur le territoire communal,

- Assurer la récolte du miel portois,

- Apporter son expertise à la Ville du Port en matière d’apiculture.

Le Conservatoire botanique national et CPIE de Mascarin s’engage à :

- Apporter son expertise à la Ville du Port en matière de plantes mellifères,

- Accompagner la Ville du Port dans les conditions de plantations de plantes mellifères afin de respecter les connaissances écologiques de ces espèces et le patrimoine naturel de La Réunion et les stratégies citées ci-dessus,

- Accompagner la Ville du Port dans ses actions de sensibilisation, dans le cadre des actions menées par les CPIE pour limiter l’emploi des pesticides,

- Intégrer un volet “plantes mellifères” dans les interventions prévues dans le cadre de son partenariat avec la Ville du Port.

Article 2 : Perspective.

La présente déclaration d’intention est conclue dans la perspective de l’intégration ultérieure de la Ville du Port au programme national “L’abeille, sentinelle de l’environnement ” sous l’égide de l’Union nationale de l’apiculture française. Elle pourra être ouverte à d’autres partenaires, après accord de l’ensemble des signataires. (…)


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