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Avancées de la coopération bilatérale dans la région

L’urgence du co-développement —2—

Geoffroy Géraud-Legros / 11 février 2010

Depuis 1998, La Réunion a acquis une dimension internationale. Le développement de relations bilatérales et multilatérales est un outil qui doit être développé pour affronter la mondialisation.

La géographie, l’histoire et la géopolitique ont placé La Réunion à la rencontre des grands ensembles du monde. Africaine par la géographie, notre île est une Région ultra-périphérique (RUP) de l’Union européenne, une Région et un département de la République française. Le profond métissage des vagues de peuplement issues de l’Europe, de Madagascar, des Comores, du continent africain, de l’Inde, et de la Chine, a mis notre île à l’unisson du monde, qui est aujourd’hui une image de l’humanité métissée de demain.
Pourtant, si l’explosion des transports et des échanges ont fait de la planète un village, le XXIe siècle est loin d’être celui de la "mondialisation heureuse" fantasmée par les dogmes libéraux, -sociaux ou non- : la conclusion des Accords de partenariat économique (APE) qui instaurent la libre concurrence entre l’Europe et 6 pays d’Afrique et de l’Océan Indien. Elle fait aujourd’hui peser un danger sur le tissu social réunionnais… et sur la condition des travailleurs de toute la région. Dans cette perspective, la multiplication des échanges sur la base de la solidarité et de la fraternité est la seule alternative à une mondialisation qui ne promet que divisions et pauvreté aux peuples d’Afrique, de Madagascar et des îles de l’Océan Indien.
C’est là que réside tout l’enjeu du co-développement, qui a reçu depuis 12 ans une impulsion sans précédent de la part de la Région. La conclusion de conventions bilatérales, qui a permis de rapprocher La Réunion et les Réunionnais d’espaces avec lesquels ils entretiennent des liens historiques et culturels profonds, est un outil indispensable pour construire un rapport d’égalité et de justice envers dans notre environnement.

La construction d’une solidarité directe avec les îles…

L’action développée par la Région envers les pays et îles voisines touche tous les domaines : culture, économie, aide à l’enseignement, etc…
Si l’on considère les relations intimes qui existent entre les peuples réunionnais et malgaches, il n’est guère surprenant que la Grande île ait reçu le plus grand nombre d’initiatives régionales en matière de coopération. En 2003, une antenne de la Région Réunion a été créée dans la Grande île, afin de favoriser la conclusion de partenariats entre la Réunion et Madagascar sur la base d’échanges gagnant-gagnant.
Parmi les avancées les plus notables, il faut mentionner le soutien apporté par le Conseil Régional aux divers programmes qui mettent en actes la solidarité avec le peuple malgache, tels les programmes PAISE (Programme d’appui à l’Insertion Socio-économique), et PARSEM (Programme d’appui réunionnais au système éducatif malgache). Grâce à ce dernier, 3.000 instituteurs ont pu recevoir une formation à la langue française, dont 120.000 élèves ont bénéficié à leur tour. L’engagement de la Région en partenariat avec le FEDER a permis l’envoi sur le terrain de jeunes diplômés réunionnais et leurs affectations à des missions d’éducation. Les relations bilatérales entre La Réunion et Madagascar ont pris une nouvelle dimension avec la signature en 2008 d’un accord signé avec le Gouvernement français, qui ouvre un cadre élargi à la coopération régionale entre les deux îles. Il faut aussi mentionner, dans le domaine des nouvelles technologies, l’étude de faisabilité du câble sous-marin haut-débit, financée par la Région Réunion et le Gouvernement malgache.
Aux Comores, la Région Réunion a apporté son aide à la marche des Comoriens vers l’autonomie alimentaire au travers du Programme d’appui au développement de l’agriculture comorienne (PARDAC). La solidarité s’exprime aussi envers les Seychelles, où un accord-cadre ambitieux a été signé en 2003 entre l’Etat seychellois, la Région Réunion, l’Etat français, et le département. Dans ce cadre, la Région a apporté des financements dans les domaines de l’éducation et de la formation, du tourisme, de la culture, de la protection de l’environnement marin et de l’aménagement du territoire. A Maurice et à Rodrigue, la coopération a particulièrement porté sur les secteurs du sport, et de l’éducation

… et le continent africain.

L’action de la collectivité envers le continent africain est aussi déployée vers l’Afrique du Sud et le Mozambique. L’Afrique du Sud s’affirme aujourd’hui comme la grande puissance dans notre zone. Notre pays s’y est notamment fait connaître au travers d’une "Semaine de La Réunion", organisée tour à tour dans les villes de Durban et de Johannesburg, en partenariat avec les services de l’Ambassade de France. Le rapprochement avec le Mozambique a permis de resserrer des relations héritées de l’histoire qui, comme à Madagascar, lient les Réunionnais à ce grand pays. C’est donc surtout dans le domaine culturel que les relations ont gagné en intensité au cours des dernières années. Depuis 2003, la Région est liée au Ministère de l’éducation du Mozambique par une convention de partenariat.

Geoffroy Géraud-Legros


L’UMP-Union et le PS face à la mondialisation : ça promet…

• Didier Robert entre dans un réseau ultraconservateur basé aux Etats-Unis
Depuis trois décennies, des réseaux basés aux Etats-Unis s’emploient à diffuser une conception ultra-libérale de la mondialisation. Dans chaque pays, ces groupes d’intérêt qui se nomment eux-mêmes "boites à idées" (think-tanks) recrutent des acteurs de la société civile ou du personnel politique, afin de faire progresser une idéologie généralement favorable aux multinationales et à l’influence politique des Etas-Unis. Parmi les plus célèbres de ces groupes, on trouve les influents "Instituts" Cato, ou… Aspen. Ce dernier, qui tire son nom de l’élégante station de ski californienne où il fut fondé en 1950 vient d’intégrer Didier Robert via sa branche française, au titre des "jeunes politiques" prometteurs. Vu l’orientation ultralibérale et volontiers "bushiste" de ce groupe d’influence, voila, en effet, qui "promet"… Et ne laisse planer aucun doute sur l’attitude envers la mondialisation qui sera celle du leader de l’Union s’il vient à gagner les élections.

• Le PS, soutien de la mondialisation ultralibérale
On entend peu le Parti socialiste sur les menaces que fait peser la mondialisation capitaliste sur notre pays. Et pour cause : c’est dans les rangs du PS que se recrutent les partisans les plus convaincus de l’ultralibéralisme. Ainsi, Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn, respectivement directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et du Fonds monétaire international (FMI) sont tous deux, dans le civil, membres du Parti que représentera Michel Vergoz aux élections régionales. On sait les effets qu’ont eu les politiques d’un libéralisme effréné menées par ces deux institutions sous la direction des deux membres éminents du PS. Selon le Prix Nobel d’économie Maurice Allais, il est « urgent de délocaliser Pascal Lamy, facteur majeur de chômage ». Soyons justes : on ne peut soupçonner les représentants du PS à La Réunion d’un activisme comparable à celui de leurs collègues et camarades du FMI et de l’OMC. Pour l’heure, la mondialisation et ses conséquences sur les Réunionnais semblent même complètement inconnues à Michel Vergoz et à ses colistiers. Il n’empêche : si l’on juge le PS sur son bilan en la matière, les Réunionnais ont tout intérêt à continuer de « délocaliser » le PS de la direction du Conseil Régional pour répondre au défi de la mondialisation.

G. G-L


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