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Avec Didier Robert, un chantier pour le prix de deux

Un document qui ne résiste pas à la réalité

Manuel Marchal / 16 octobre 2010

Hier, au lendemain de la signature d’accords avec François Fillon, Didier Robert s’est cru obligé d’organiser une conférence de presse. C’est bien la preuve qu’il avait besoin de préciser les choses, car ce qui a été signé ne résiste pas à la réalité. Le manque d’enthousiasme de la presse est d’ailleurs révélateur, tout comme l’énervement manifesté publiquement par le président de Région à une question posée par un confrère hier.

« À propos du remboursement des loyers annuels, le président s’énerve un peu : "Si nous faisons des comparaisons, faisons-les jusqu’au bout, remettons les éléments chiffrés dans leur contexte », voici un extrait du compte rendu de la conférence de presse d’hier de Didier Robert paru sur le site de Clicanoo. Mais pourquoi donc cette pointe d’énervement ? Tout simplement parce que l’opération de com’ de jeudi à Matignon ne passe pas.
Voici trois ans, lors de la signature du Protocole de Matignon par Paul Vergès et Dominique de Villepin, tout s’était fait en direct à la télévision. Et le lendemain, aucun des protagonistes n’a eu besoin d’organiser une conférence de presse pour réexpliquer ce qui s’est passé. Tout était tellement clair que pour la presse, il n’y avait pas de problème. Tout était bouclé, et c’est d’ailleurs sur un des éléments du financement que le "Quotidien" faisait alors sa "une" : le péage de la nouvelle route du littoral.
Trois ans plus tard, personne ne croit en la réalisation de ce qui a été signé, comme l’indiquent les commentaires de la presse. Le "JIR" constate que « tout n’est pas financé » alors qu’en 2007, il affirmait en "une" : « route du littoral, tram-train : financement bouclé ». Quant au "Quotidien", il relègue la nouvelle dans un coin de sa "une", ne mentionnant que l’engagement de l’État et pas le montant global.

Un chantier supprimé

De plus, tout le monde sait également que Didier Robert n’est en rien responsable de l’engagement de l’État dans un plan de financement de 2,2 milliards d’euros d’investissements. Le président de Région ne fait là que récolter le fruit du travail de son prédécesseur qui avait négocié et obtenu de l’État cet engagement sans précédent pour deux chantiers : le tram-train et la route du littoral. Donc Didier Robert n’a du gouvernement que la confirmation d’une enveloppe, mais qui est érodée par l’inflation. Car au lieu de deux chantiers, il n’en reste plus qu’un. Pour ce qui concerne les bus, tout cela était prévu en liaison avec la construction du tram-train, tandis que quoi qu’il arrive, les travaux de modernisation des aéroports étaient programmés. Le plan de composition de l’aéroport de Gillot présenté par la Chambre de commerce date bien avant l’arrivée de Didier Robert à présidence de la Région : en 2009, il prévoyait déjà 200 millions d’euros d’investissements.
Donc au final, il ne reste réellement qu’un seul chantier, et dont le coût est sous-évalué dans le document signé jeudi, puisqu’en Commission permanente le projet le moins cher pour la nouvelle route du littoral est déjà estimé à 1,7 milliard, pas 1,6. Le Protocole signé trois ans plus tôt en prévoyait deux pour le même prix : le tram-train et la nouvelle route du littoral.
Autrement dit, Didier Robert, pourtant membre du bureau politique de l’UMP, réalise le tour de force de n’avoir qu’un seul chantier pour le prix de deux. Le président de Région n’apporte donc rien de plus qu’avant, sauf des contraintes supplémentaires qui rendent très hypothétique la réalisation de la nouvelle route du littoral dans de telles conditions. Et sans la route du littoral, que reste-t-il du document signé jeudi ?
Il était donc clair que le document acté jeudi à Matignon ne résiste pas à l’épreuve de la vérité. Cela explique pourquoi Didier Robert s’est senti obligé d’organiser une conférence de presse pour tout réexpliquer hier.

Manuel Marchal 


Séance d’autoflagellation à Matignon ?

Dans son discours jeudi lors de la signature de l’accord avec Didier Robert, François Fillon a déclaré que pas un euro du Protocole signé en 2007 n’a été engagé. Ceci ne peut qu’être considéré que comme une mise en cause très sérieuse du travail des services de l’État et de Didier Robert. En effet, le Protocole de Matignon affirmait deux responsabilités clairement établies. La Région s’occupait du tram-train, et l’État de la nouvelle route du littoral.
La Région s’est impliquée dans le tram-train pour que les travaux soient lancés en 2010. Le financement était bouclé, le contrat de PPP signé et tout était prêt à démarrer. La volonté de la part de la Région d’enchaîner le chantier du tram-train après celui de la route des Tamarins était d’ailleurs clairement manifestée, et des décisions étaient appliquées dans ce sens.
Pour la route du littoral, toutes les études étaient sous la responsabilité de l’État, pas de la Région. Et c’est pour la route du littoral que les études ont eu un sérieux retard. Le Premier ministre ne peut donc que s’en prendre aux services de l’État.
Par ailleurs, quand François Fillon dit qu’il n’y a pas eu d’argent d’injecté du Protocole de Matignon, il oublie que se sont ses propres amis qui ont fait capoter le projet du tram-train.



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Messages






  • Cette signature n’est qu’un acte d’une politique de parade, l’UMP a peur des cantonales qui arrivent et veut sauver la face.Didier Robert est aussi "bling-bling que son mentor Sarkozy".

    Nous sommes tous conscients que rien ne sera fait avant les échéances régionales : pour exemple une route de littorale à 6 voix telle que prévue est irréalisable pour ce prix surtout (cf les études sous marines réalisées par le Président Vergès qui ne faisait rien à la légère).

    Encore une fois l’UMP cherche à berner les réunionnais mais comme disait mon vieux voisin : "moune vilain y trouv encor mais moune couillon la pu trop".

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