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(Avec) qui est Fabienne Couapel-Sauret ?

Campagne contre la MCUR .

Geoffroy Géraud-Legros / 9 décembre 2009

Les Etats généraux de l’Outremer ont légitimé les grands projets de développement des Réunionnais. Au premier rang de ceux-ci, le Tram-train et la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR). Dans le cas du Tram-train, on a vu à quelles manipulations se livraient des politiciens en rupture de ban pour contrecarrer l’application des décisions prises au sommet de l’Etat. L’ouverture de l’enquête publique relative à la MCUR donne lieu aux mêmes misérables intrigues. Cette fois-ci, les adversaires des grands projets agissent par le biais d’associations "apolitiques". Les Réunionnais ont vu ainsi réapparaître l’association Réagir, spécialisée dans l’obstruction…et sa porte-parole, Fabienne Couapel-Sauret, avocate en "congé sabbatique" et politicienne en rupture de ban.

Un parcours de radicalisation.

Fabienne Couapel-Sauret n’a pas laissé un souvenir impérissable à Béziers, où elle a démarré sa carrière politique. Elue RPR en 1998, l’avocate ne se signalait pas alors par ses interventions, apparaissant même quelque peu effacée. « Elle ne trouvait pas vraiment sa place dans la gestion de la ville par M. Couderc –le sénateur-maire de Béziers-, et à vite perdu pied. Elle a d’ailleurs perdu une partie de sa délégation » se souvient l’un de ses collègues d’alors au cours d’un entretien accordé à "Témoignages". « Elle a été très déçue en 2004, de n’être retenue ni pour les régionales, ni pour les cantonales » ajoute-t-il. Dépassée par l’évolution de son courant politique, Fabienne Couapel-Sauret se rend à La Réunion, au cours des dernières années de son mandatt.
L’air de notre pays est-il propice à l’affirmation de soi ? Ou Fabienne Couapel-Sauret, identifiée comme "dure" a-t-elle trouvé ici l’idéologie qui lui a permis de se révéler ? Quoiqu’il en soit, la transformation est radicale : hier adjointe anonyme de l’agglomération de Béziers, elle est aujourd’hui à La Réunion la porte-parole virulente de plusieurs associations, connue pour ses outrances et sa propension à déclencher des scandales lorsque les caméras sont alentour.

Une compétence universelle et omnisciente.

« Ne rien connaître à un territoire n’est pas un gage de compétence universelle et omnisciente », ironisait le Président de La République lors de la nomination de Mme Penchard au poste de secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. Si l’on en croit les déclarations dont elle inonde les médias, Fabienne Couapel-Sauret est fermement animée de la conviction contraire. Ainsi, l’avocate et sa collègue Mme Mazel relaient le point de vue selon lequel « on ne peut pas parler de colonisation à La Réunion ». Forte de cette méconnaissance ahurissante de l’histoire du pays où elle se trouve, Fabienne Couapel-Sauret est entrée en guerre contre la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR). La science de l’avocate ne se cantonne pas au domaine historique et culturel ; il semble que rien n’échappe à sa sagacité. Fabienne Couapel-Sauret s’est ainsi engagée sur la question de la fiscalité –à l’heure de l’effondrement des ressources communales, elle prône l’abolition de l’Octroi de mer sans envisager de solutions alternatives. De même, elle a pris parti sur le problème de la parentalité –sans connaissance aucune de la sociologie de la famille réunionnaise- : il est peu de sujets qui échappent à la puissance d’expertise de Mme Couapel-Sauret.

Qui se ressemble s’assemble.

Ce savoir est selon elle largement connu et reconnu : dans une interview à "l’Eco austral", Fabienne Couapel-Sauret affirme avoir été chargée d’une mission d’envergure : il s’agit de rien moins que de « réfléchir à un projet de société pour La Réunion »… après quelques années seulement de présence dans notre île. Malheureusement, Mme Couapel-Sauret ne précise pas qui lui a confié une réflexion si décisive. A l’examen, le "projet de société" de Mme Couapel-Sauret présente pourtant d’étranges similitudes avec celui que portent le groupe "Objectif Réunion" et la liste conduite aux élections Régionales par Didier Robert et ses alliés. Point de rencontre entre le "projet" de l’avocate et la "pensée" de ces derniers : le refus radical des grands projets de développement. On retrouve d’ailleurs dans l’une des multiples associations "apolitiques" fondées par Maître Couapel-Sauret, un membre de premier plan d’"Objectif Réunion", le conseiller régional Thierry Sam-Chit-Chong …On pourrait ajouter que les slogans des campagnes menées par Mme Couapel-Sauret (« Vol Pa Nou ») en rappellent d’autres. Rien d’étrange, finalement, dans cette alliance : mise de côté par l’évolution de son courant politique dans l’Hexagone, l’avocate décrite par son ancien collègue comme « peu adaptée à l’UMP de l’ouverture » a rejoint ici les perdants des Etats généraux.

Geoffroy Géraud-Legros 


« Pas à l’aise dans l’environnement pluriculturel »

Au cours de son enquête, "Témoignages" a pu échanger avec un conseiller municipal de Béziers, agglomération où Mme Couapel-Sauret a occupé des fonctions électives à partir de la fin des années 1990. Interrogé sur l’origine que pouvait avoir la violence des propos tenus par Mme Couapel-Sauret à l’égard de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, notre interlocuteur s’étonnait qu’une telle transformation soit intervenue chez une élue alors peu démonstrative…Avant de préciser toutefois qu’il ne « l’imaginait pas très à l’aise dans l’environnement pluriculturel » qui est le nôtre. Ceci explique sans doute cela…


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