Actualités

Baisse des charges : un combat d’arrière-garde de François Fillon

Dans le programme de la droite

Manuel Marchal / 13 février 2017

Tant que les dirigeants parisiens penseront que l’intégration de La Réunion dans son environnement doit se faire sous l’angle de la compétitivité, la crise continuera de s’aggraver.

JPEG - 58.5 ko

Invité du journal télévisé de Réunion Première hier à midi, François Fillon a donné quelques lignes de son projet pour La Réunion. L’objectif n’est pas de donner aux Réunionnais les compétences nécessaires pour décider de leur avenir. Il s’agit plutôt de l’annonce d’une nouvelle loi d’orientation, avec de nouvelles réductions de cotisations sociales et fiscales pour les entreprises. Autrement dit, c’est amplifier ce qui est annoncé pour la France.

Le candidat de la droite pense rendre plus compétitive l’économie réunionnaise face à ses voisins. Manifestement, de telles mesures ne pourront qu’aggraver la crise. En effet, si les règles du libre-échange ne sont pas remises en cause, comment La Réunion pourra-t-elle être compétitive face à des concurrents qui ont un SMIC à moins de 100 euros ? Le gouvernement pourra même décider de supprimer toute contribution des entreprises à la solidarité nationale, la bataille de la compétitivité est perdue d’avance.

Depuis plus de 30 ans, les entreprises réunionnaises bénéficient de régimes fiscaux et sociaux plus favorables qu’en France. Cela n’a pas empêché le chômage de continuer à augmenter.

L’alternative est de donner les compétences aux Réunionnais afin qu’ils puissent discuter directement de leur intégration dans leur région avec leurs voisins. Cela suppose un autre cadre que le libre-échange qui met en concurrence les travailleurs pour augmenter le profit des actionnaires. C’est pour ce nouveau cadre que le PCR milite depuis de nombreuses années au travers du co-développement. Il s’agit de mettre en œuvre un plan de développement à l’échelle des pays du Sud-Ouest de l’océan Indien. Le but est de s’appuyer sur les complémentarités afin que chaque partenaire puisse progresser.

Cette vision d’avenir contraste avec le discours sur la compétitivité. La baisse des charges est bien un combat d’arrière garde.