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Barrages à La Réunion : Le résultat de l’attitude du préfet

Des professionnels manifestent en bloquant les routes

Manuel Marchal / 1er septembre 2009

Hier, des dizaines de milliers de Réunionnais ont été pris dans des embouteillages. C’est le résultat de l’attitude du préfet. Tout avait commencé au mois de novembre, quand les auteurs du blocus de La Réunion et de la Région ont bénéficié d’une totale impunité.

Hier, RFO n’en finissait pas de comptabiliser les kilomètres de bouchons et de diffuser dans le journal des réactions qui fustigent les manifestants. Ce traitement de l’information reflète l’attitude du représentant de l’État. Car la cause profonde dans les barrages d’hier se situe dans l’attitude du préfet.
Au mois de novembre dernier, alors que des patrons transporteurs décident de bloquer La Réunion pour satisfaire une revendication corporatiste, le préfet ne s’y oppose pas. Et quand devant les caméras de télévision plantées à la préfecture, Joël Mongin appelle à aller bloquer la Région, le préfet fait part de sa compréhension. Et il affirme ne pas être en mesure de faire lever les barrages par la force publique.
Deux mois plus tard, dans deux pages d’interview publiées dans le "JIR", le préfet tente de se dédouaner vis à vis de la population et vis à vis de Paris. Il affirme qu’il ne tolèrera pas de nouveaux blocages.
Six mois après ce discours, le préfet a l’occasion de mettre en pratique cette nouvelle doctrine. Car lors de la venue du Premier ministre, Joël Mongin et ses amis récidivent. Ils organisent à nouveau le blocus de la Région et de plusieurs axes de circulation. Mais le préfet ne bouge pas, il tolère, démentant ce qu’il a affirmé dans le "JIR", ce qui aussitôt relativise sa tentative de se dédouaner vis à vis de Paris et de l’opinion. Cette tolérance préfectorale va même jusqu’à laisser les amis de Joël Mongin placer leurs camions dans le champ des caméras au moment où le Premier ministre prononce le discours d’inauguration de la Route des Tamarins.
Devant une telle attitude, comment s’étonner que d’autres transporteurs décident d’utiliser le même procédé que Joël Mongin, puisqu’ils ne peuvent que constater que ce dernier peut bloquer autant qu’il veut sans être inquiéter.
Hier, le préfet a annoncé le recours à la force publique si les barrages ne sont pas levés. Cela veut donc dire que dès le mois de novembre, il avait la possibilité de faire déguerpir Joël Mongin et ses amis au lieu de leur ouvrir la porte de la préfecture, siège du représentant de l’État.
Tout le monde ne peut que constater que tout cela, c’est uniquement le résultat de l’attitude du préfet. Si au mois de novembre il avait fait respecter l’ordre républicain, aucun Réunionnais n’aurait été pris hier dans des embouteillages.

M.M. 


RFO : la voix de son maître

Hier midi, RFO ouvre son journal en rappelant que La Réunion n’a pas connu pareils embouteillages depuis 10 mois, et que l’AVECA manifeste contre la hausse annoncée des prix des carburants. Tout le monde a saisi la référence au mouvement conduit par Joël Mongin qui avait débouché sur le blocage de la Région. Un blocus qui avait suscité la compréhension du préfet.
Mais au moment où le porte-parole des manifestants s’exprime, il n’est question que de la responsabilité du préfet car lui seul a la possibilité d’intervenir auprès du gouvernement pour tenir compte des revendications.
Autrement dit, la manifestation n’a rien à voir avec le prix des carburants.
Cela n’empêcha pas RFO de conclure le sujet en affirmant que les revendications des manifestants concernent le Protocole Novelli ET la hausse annoncée des prix des carburants.
Décidément, dans pareil moment, RFO montre bien qu’il est la voix de son maître.


Les pétroliers piégés

Depuis déjà plusieurs jours, des médias contribuent à faire courir une rumeur sur une possible hausse des prix des carburants au 1er septembre. Hier, les automobilistes se sont précipités par dizaines de milliers dans les stations services pour faire le plein.
Autrement dit, même si le préfet décide d’augmenter les prix, les consommateurs auront anticipé la hausse car ils se sont ravitaillés avant qu’une augmentation éventuelle ait lieu. Ce qui a été acheté une fois ne l’étant plus, ce sont donc des centaines de milliers de litres de carburants qui ont été vendus au prix actuel, et non pas à un prix plus élevé.
Et pour les pétroliers, c’est le retour de manivelle du mois de novembre, quand les barrages dressés par Joël Mongin et ses amis avaient poussé les automobilistes à se ravitailler avant la baisse des prix.


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