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Barrer la route à l’extrême droite

Dimanche, second tour de l’élection présidentielle

Manuel Marchal / 5 mai 2017

Dimanche se déroulera le second tour de l’élection présidentielle. Deux candidats sont en lice, Emmanuel Macron et Marine Le Pen qui représente le FN. Après le premier tour, de nombreux appels à barrer la route à l’extrême droite sont venus de tous les horizons.

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Une lourde responsabilité pèse sur les votants de dimanche.

Comme en 2002, le second tour de l’élection présidentielle dimanche verra la présence d’un candidat d’extrême droite. Le contexte a bien changé. Alors qu’en 2002, Jean-Marie Le Pen n’avait pas obtenu 4 % à La Réunion, en 2017, Marine Le Pen a reçu 23 % des suffrages, soit un meilleur score qu’en France. Plus de 40 % des citoyens n’étaient pas allés voter. Plus de 82.000 ont glissé un bulletin Le Pen, c’était un record.L’affaiblissement du PCR a permis à un vote d’extrême droite de se développer, alors qu’en 2002 le Parti communiste réunionnais était un rempart à ce phénomène.

Le soir du premier tour, le PCR a pris position pour le vote de demain. Il saluait la percée de Jean-Luc Mélenchon et appelait à barrer la route à l’extrême droite. Le PCR n’a pas varié de cette ligne de conduite. Elle a notamment été illustrée par la présence d’une délégation conduite par le secrétaire général Maurice Gironcel, mardi à Saint-Denis lors du rassemblement contre l’extrême droite.

Outre le PCR, d’autres partis politiques implantés à La Réunion ont appelé à la même décision. S’y ajoute la décision de la plupart des syndicats à faire barrage à l’extrême droite.

Bloquer la montée du FN

La mobilisation contre le Front national est moins importante qu’entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002. Pas de rassemblement spontanés de lycéens au lendemain du premier tour, le 1er mai n’a pas été une grande manifestation anti-Le Pen. Des maires ont même annoncé qu’ils n’appellent pas à faire barrage à l’extrême droite.

En France, c’est le même constat. Ce n’est plus l’unanimité de 2002. Arrivée en 4e position au premier tour, la France insoumise a donné comme indicateur le résultat d’une consultation auprès des personnes qui soutenaient la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Près de 35 % d’entre elles ont affirmé vouloir voter pour Emmanuel Macron, et 65 % des participants à la consultation se sont prononcés pour l’abstention, le vote blanc.

La progression des idées de l’extrême droite a joué un rôle, tout comme le rejet de la classe politique qui gère le système. L’identité du candidat opposé à Marine Le Pen joue également. Emmanuel Macron a en effet participé au gouvernement sortant. Il a donc soutenu la « loi Macron » et la « loi travail ». En France, des centaines de milliers de travailleurs ont défilé l’an dernier contre cette dernière loi qui facilite notamment les licenciements. Impossible dans de telles conditions que les syndicats puissent appeler à voter Macron, à la différence des organisations patronales et des partis de l’alternance.

Pas une voix pour Le Pen

Le choix du PCR et des syndicats est donc clair : pas une voix pour l’extrême droite. Marine Le Pen défend en effet un programme plus dangereux que celui d’Emmanuel Macron, car elle est la porteuse d’un parti de divisions qui véhicule une idéologie raciste à l’opposé de ce qui a réussi à cimenter la cohésion de la société réunionnaise.

Le vote du 7 mai sera essentiel. Il place chacun devant un choix très clair : empêcher l’élection à la tête de la France du candidat de l’extrême droite.

M.M.


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