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« Beaucoup de jeunes ont la mentalité communiste »

Témoignages.re / 26 octobre 2012

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Pendant la campagne menée par Fabrice Hoarau dans la 7e Circonscription, j’ai eu l’occasion de travailler avec les jeunes de tous les quartiers populaires de ma ville (Saint-Louis) et d’autres quartiers de la circonscription. Je me suis rendu compte que les jeunes ne sont pas hostiles à la politique, contrairement à ce qu’on raconte. Mais ils veulent du concret, ils ont besoin que la politique, ce ne soit pas des mots suspendus en l’air, mais des améliorations dans leur vie quotidienne, dans la vie de leurs proches, de leur famille, de leurs amis. Il est possible de faire comprendre à la jeunesse d’aujourd’hui que des problèmes tels que la vie chère, les logements, le problème de l’emploi, sont des problèmes politiques. Mais ça ne sert à rien d’avoir un discours tout fait, de faire de la théorie ou comme on dit, de parler la bouche rouvèr’. Pour entraîner les jeunes, il faut leur montrer des choses concrètes. Leur faire comprendre où sont les mécanismes d’exploitation. Leur faire comprendre comment ils se font avoir par le système, pour qu’ils comprennent qu’on ne peut pas accepter ce système sans rien dire. C’est pour cela qu’avec plusieurs dalons, nous avons décidé d’une initiative très concrète : montrer la différence de prix entre les magasins en France, et ici.

Actions concrètes

On y est allés, à plusieurs. D’ailleurs, dans les grandes surfaces on ne s’y trompe pas : à Sainte-Suzanne, un responsable est venu nous voir. Ca ne lui plaisait pas ce qu’on faisait…Il faut dire qu’il y a de telles différences de prix. Les gens qui font ce business-là, personne ne les dérange, et c’est ça qu’il faut faire comprendre aux jeunes. Que ce ne sont pas seulement des abus, mais un système d’abus, couvert par l’Etat et les politiques. Nous avons fait les relevés d’étiquettes sur des centaines de produits, et avec ça nous faisons l’explication. Et quand on voit un café qui coûte 1,74 € en France passer à 2,94 € à La Réunion, un autre passer de 2,88 € à 5,23 € ici, des biscuits dont le prix est le plus du double, des lessives à plus de 150% de leur prix ici par rapport à la France… Là, on peut commencer à parler. Parce que ce n’est pas de l’abstrait. Les jeunes peuvent mener de vraies batailles, et beaucoup sont révoltés, ils ont la mentalité communiste. Mais si on ne nous aide pas, si les anciens ne nous mettent pas sur la voie d’une lutte organisée, nous, les jeunes, nous avons du mal à trouver un chemin. Parce que dans cette société, tout est fait pour que nous perdions nos repères. C’est cela que j’attends de la reconstruction, en tant que jeune communiste. 

 Guillaume Coupama 

Notre combat : le logement pour l’emploi des Réunionnais…

 
La Réunion est frappée de plein fouet par le chômage : le nombre de demandeurs d’emplois inscrits à pôle emploi y est bien plus élevé qu’en France. Et il ne cesse d’augmenter. Avec le manque de travail, s’accumulent les maux sociaux les pires : le mal-logement, la vie chère… Tout le monde politique, aujourd’hui, en parle. Et nombreux sont ceux qui annoncent avec fracas qu’ils vont agir radicalement pour changer les choses.

 
Nous ne rejoindrons pas le chœur des présomptueux en disant que nous, nous allons tout régler en quelques jours, à grands coups de baguette magique. Mais nous affirmons néanmoins des propositions concrètes, réalisables dans des délais qui permettraient de répondre à l’urgence de notre situation sociale.
C’est le cas, particulièrement, dans le domaine du logement social, où les communistes portent une proposition majeure.
 

Utiliser les leviers existants

 
Tout le monde s’accorde sur un constat : il faudra construire 10.000 logements par an pendant les 20 ans qui viennent, dont 6.000 logements sociaux. Les bailleurs sociaux comptabilisent 27.000 demandes en souffrance.
Nous proposons d’utiliser les deux leviers qui existent déjà à La Réunion pour la construction de logements sociaux. 
Le premier, c’est la Ligne Budgétaire Unique, que nous demandons au gouvernement de contractualiser au minimum pour les 5 années qui viennent — le temps de la mandature présidentielle — afin de permettre une planification quinquennale des constructions.
Le second, c’est la défiscalisation exercée sur le logement social. Nous demandons au Gouvernement de la prolonger jusqu’en 2017, soit pour les 5 ans qui viennent… Afin, là aussi, de permettre une programmation des constructions. Des rapports officiels montrent aujourd’hui l’efficacité du dispositif, et énoncent que malgré son surcoût, il permet d’augmenter le nombre de logements construits annuellement.

 
Efficacité démontrée

 
Telles sont nos propositions. Elles sont réalistes, car elles portent sur deux dispositifs qui existent déjà. Elles peuvent, elles doivent permettre à notre île d’atteindre la construction de 6.000 logements sociaux nouveaux par an, soit 30.000 constructions nouvelles d’ici à 2017. Cela peut, cela doit devenir l’objectif de tous.
Cette formule permettrait d’offrir, non seulement un foyer neuf à 30.000 familles, mais aussi de mettre plus de 10.000 ouvriers réunionnais au travail pendant les 5 ans qui viennent. 
La construction de logements sociaux au service de l’emploi, c’est possible. Le gouvernement doit pour cela prendre au plus vite deux décisions très simple, dont l’efficacité est démontrée.
 

 Fabrice Hoarau 
 
Chiffres :

29 et 30 Octobre : Conférence économique, sociale et environnementale

14 Novembre : date limite des contributions à envoyer à

                                          
conference-ecosociale@reunion.pref.gouv.fr


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