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BTP : conséquence de la fin des grands chantiers à La Réunion

La crise loin d’être finie à La Réunion

Manuel Marchal / 26 août 2017

En 2010, syndicats et organisations patronales du BTP avaient défilé pour manifester leur inquiétude à la suite de l’arrêt des grands chantiers. Depuis, le BTP a perdu 10.000 emplois.

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Il faut remonter à 2010 pour retrouver pareille mobilisation. Jusqu’alors, le BTP était un moteur de la croissance réunionnaise. En septembre 2010, les syndicats et les organisations patronales avaient manifesté à la suite de l’arrêt de plusieurs grands chantiers sans alternative. Ce mouvement avait été initié en 2007 par le refus de Didier Robert de lancer la construction de la rocade Sud au Tampon qui était totalement financé par la Région. 100 millions d’euros ont ainsi été brutalement retirés aux Réunionnais et les embouteillages n’ont cessé de s’aggraver au Tampon.

En 2008, l’arrivée de nouvelles direction dans les municipalités a débouché sur plusieurs décisions analogues. L’arrêt du Pôle océan représentait un manque à gagner de 250 millions d’euros, auquel s’est ajouté celui du chantier du Zénith intercommunal du Nord dont la première pierre avait été posée, tandis que l’hippodrome de Cambaie à Saint-Paul subissait le même sort. Le coup de grâce a alors été donné lors du changement de majorité à la Région Réunion. La nouvelle direction a remis en cause le Protocole de Matignon qui prévoyait la construction du tram-train et de la nouvelle route du littoral entre 2007 et 2017. D’un trait de plume, plusieurs milliers d’emplois ont ainsi été retirés aux Réunionnais.

La dynamique du BTP a donc été durablement enrayée. À titre d’exemple, aucun lycée n’est sorti de terre au cours des 7 dernières années alors que le rythme habituel était de deux tous les trois ans. Présenté comme une solution de remplacement, le chantier de la route en mer est loin d’être à la hauteur des attentes. Outre le fait qu’il fournisse du travail a à peine 1.000 personnes, ce projet est mal engagé à cause de choix techniques qui ont abouti à gonfler le chiffre d’affaires d’un groupe de transporteurs. Ce chantier concentre une grande partie de la commande publique au détriment d’autres projets nécessaires aux Réunionnais.

M.M.



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  • Pourrait-on estimer le nombre de postes qu’offirait la relance, puis la réalisation de ces divers projets réunionnais avortés sans oublier la durée "normale" car bien souvent, on sait que comme pour le budget, les délais s’allongent ? Les décideurs que nous avons choisi ou pas, sont élus pour nous aider, développer l’île en repsectant les promesses, sans oublier celui de la nature qui est en danger ici comme ailleur. Voir le long terme, réaliste, soucieux de n’avenir de l’humanité. Prenons l’exemple du sable, il en manque de plus en plus, les mafias s’en charge, il en manque car nécessaire pour bétonner encore plus, alors que durant trop lontemps, on a considéré qu’il n’avait pas de valeur, au départ, ce qui est une grave erreur. D’énormes quantités sont tirées de la mer, avec toutes les conséquences qui en découleront, une véritable folie ! Arte vient de diffuser un superbe reportage à ce sujet que j’invite tous les citoyens à aller revoir sur le site de la chaîne franco-allemande. Arthur, bonne rentrée.

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