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Budget 2013 de la Région : « Une gestion électoraliste et irresponsable »

L’Alliance lance l’alerte

Céline Tabou / 12 décembre 2012

A l’occasion d’une conférence de presse, les élus de l’Alliance ont évoqué le « tournant que vit la Région, qui va faire face aux réalités budgétaires » a expliqué Catherine Gaud. Aux côtés de Paul Vergès, Béatrice Leperlier et André Thien Ak-Hoon, Catherine Gaud a dénoncé une politique budgétaire « électoraliste » et « floue ».

Les réalités économiques et sociales à La Réunion vont rattraper la majorité régionale, d’autant que l’institution s’est engagée dans des dossiers qui n’étaient de son ressort, notamment le montant de la bouteille de gaz. En fin de conférence de presse, Paul Vergès a précisé qu’il s’agit aujourd’hui de « se battre pour que chacun soit dans sa compétence » .

Les élus ont dénoncé l’absence de perspectives sur le long terme et la vision à court terme mise en place par le Conseil régional, depuis son arrivée à la tête de la Pyramide inversée. Cette situation devrait peser sur les Réunionnais, a précisé Catherine Gaud.

Des conditions budgétaires peu « crédibles »

Le document, définissant les perspectives budgétaires du Conseil Régional, axe principalement son budget primitif autour de la Route du Littoral, dont le montant total et dit définitif par le président de la Région est de 1,6 milliard d’euros. Ce montant est considéré comme une aberration, car il ne prend pas compte les aléas climatiques, comme la hausse du niveau de la mer, et financiers, avec l’augmentation des matières premières. L’élue a indiqué qu’il fallait «  être lucide  » face à la situation actuelle.

Mais pour pouvoir répondre aux objectifs budgétaires définis par la majorité UMP, deux conditions sont imposées. Tout d’abord, l’obligation de ne pas augmenter les dépenses de fonctionnement de 1,8% dès 2014. Cependant, les hausses des dépenses de fonctionnement entre 2011 et 2012 étaient de 13,1% et 13,8% entre 2012 et 2013. Les élus se demandent alors «  comment la Région pourra se limiter à 1,8% » .

Ensuite, le document fourni par la majorité, qui «  s’apparente à un PPI  », indique que dès 2014, le montant de l’investissement ne doit pas dépasser 172 millions d’euros, «  c’est un objectif qui ne prend pas en compte les deux aéroports, la route du Littoral et le trans éco express. Ce chiffre n’est pas crédible, car aujourd’hui la somme – hors route du Littoral – est de 342 millions » a précisé Catherine Gaud.

Il s’agit «  d’une vision à court terme  » pour les élus qui dénoncent un «  flou complet  » en matière budgétaire. «  Pour nous, il faut l’honnêteté d’évaluer correctement le coût de la nouvelle route du littoral, en tenant compte de tous les éléments et réaliser le PPI à partir de ce nouveau montant  » a expliqué Catherine Gaud. Les élus de L’Alliance souhaitent une «  vision juste des choses  » ainsi que «  le recensement et l’identification de toutes les dépenses de fonctionnement et d’investissement jusqu’en 2021  ».

« La Région devra faire beaucoup »

En cette période de crise, les élus ont exprimé leurs inquiétudes face au budget primitif, mis à débat vendredi 14 décembre. En effet, «  les dépenses d’investissement diminuent au profit des dépenses de fonctionnement. En trois budgets, il y a moins de 10 points en dépense d’investissement  » (voir tableau). «  Les choses vont s’aggraver, car le taux réel des dépenses de fonctionnement va être supérieur aux dépenses d’investissement  », a indiqué Catherine Gaud.

Face à ces données, les élus de l’Alliance ont dénoncé «  la dérive du Conseil régional qui ne remplit plus ses missions » de développement économique et aménagement du territoire. « Le budget est sous-estimé alors que nous avions eu l’assurance qu’il n’y aurait pas de décisions modificatives en 2013  », mais le coût des dispositifs mis en place par la Région va rattraper l’équipe dirigeante, a expliqué Béatrice Leperlier.

En ce qui concerne la continuité territoriale, Béatrice Leperlier a relevé «  systématiquement  », la phrase énoncée par la Région indiquant que «  la continuité territoriale ne relevait pas de la compétence de la Région, mais de l’État » . La jeune élue a indiqué qu’entre 2010 et 2011, le montant est passé de 8 millions à 16 millions, le nombre de bons a explosé de 40.000 à 80.000, ce qui démontre «  une gestion électoraliste et irresponsable  ».

Même son de cloche pour le dossier des emplois verts qui relèvent d’une « politique clientéliste » a dénoncé Béatrice Leperlier. Les élus sont aujourd’hui «  incapables de dire combien est ce qu’il y a d’emplois verts à la Région. Si l’on écoute le rapport, il y en aurait de 2.000 à 2.300, mais si l’on fait le compte selon les dossiers qui sont passés, il y en aurait beaucoup plus ». En août 2010, Maya Cesari, élue de l’Alliance, avait demandé des précisions sur l’objectif de 10.000 emplois verts au cours de la mandature. Cette demande n’a toujours pas reçu de réponse.

La nécessité de «  choix cohé rents »

Face à ce flou, l’Alliance demande une gestion pluriannuelle des contrats, d’autant que «  le Conseil régional est face au mur, préférant renvoyer à l’État ses responsabilités  » et vice versa. Sur la question du prix du gaz, les élus ne sont pas contre le principe d’aider les plus démunis, mais ils contestent la prise en charge de ce dossier par la Région qui n’est pas de sa compétence, contrairement au Conseil général.

«  Ces trois dossiers sont une caricature, car nous avions prévenu des risques, le Conseil régional devra faire face aux réalités budgétaires  »,a indiqué Béatrice Leperlier. Cette dernière a indiqué que la Région «  ne pourra pas se retirer après s’être engagée auprès de la population en disant que c’est de la compétence de l’Etat. Les conséquences se feront sentir sur le long terme, car il s’agit d’une politique démagogique et populiste de la Région ».

Pour conclure, Catherine Gaud a indiqué qu’il faut « un président de Région qui fasse des choix cohérents sur dix, vingt ans et non sur du court terme, c’est l’avenir de La Réunion qui en dépend, alors que là, on n’a une vue électoraliste et très populiste ».

Céline Tabou

SPLA : La goujaterie de Didier Robert

Face aux déclarations du président de la Région concernant la Société Publique Locale d’Aménagement, Catherine Gaud s’est dite choquée des excuses données par Didier Robert. Ce dernier a mis en cause l’ancien président de la Région pour évoquer l’absence d’activité de la société. « Le bilan d’activité de 2011 est à zéro, mais de bons salaires ont été versés » a précisé Catherine Gaud. Cette dernière a expliqué qu’il s’agit d’un « mensonge éhonté alors que l’on a respecté le fonctionnement de l’institution ». 

Didier Robert est devenu président du SPLA en novembre 2010, après l’assemblée générale convoquée par le précédent président. Les délibérations du 4 novembre 2010 de l’assemblée plénière octroyaient à Didier Robert un salaire, « alors que le précédent président de la Région n’était pas rémunéré. Nous pouvons vous envoyer le mail pour preuve si vous le désirez » a indiqué Catherine Gaud. Cette dernière a affirmé « il n’y a aucun retard de notre part ». Depuis, les élus de l’Alliance expliquent qu’il y a « une avalanche de mandats attribués » , notamment sur des dossiers critiqués par le passé par le président, dont le Réseau Gazelle. Ces derniers dénoncent les excuses de Didier Robert et constatent son « inefficacité ». 

De 65 à 55% : la chute des investissements

Voici l’évolution des sections de fonctionnement et d’investissement lors des budgets présentés par Didier Robert.

AnnéeInvestissementFonctionnement
2011 65% du budget 35% du budget
2012 59% du budget 41% du budget
2013 55% du budget 45% du budget


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