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Budget 2015 : quelle prise en compte des intérêts réunionnais ?

Les modifications du Sénat ne changent pas l’orientation

Manuel Marchal / 27 novembre 2014

Par 190 voix contre 154, le Sénat a adopté la première partie d’un projet de budget profondément rectifié par les sénateurs. Le document prévoit une réduction des dotations aux collectivités locales de 2,06 milliards au lieu des 3,67 milliards prévus initialement, ainsi qu’un relèvement du quotient familial. Sans prise en compte de sa situation sociale et démographique, La Réunion continuera de payer les conséquences de mesures inadaptées. Car sur le fond, les deux principaux partis français sont d’accord sur l’austérité.

Le Sénat a profondément rectifié la première partie du projet de loi de finances du gouvernement validé par les députés. Le texte initial prévoyait d’amorcer le Pacte de responsabilité. Cela se traduisait notamment par une diminution des subventions versées aux collectivités. Le gouvernement veut baisser la dotation de 3,67 milliards en 2015, avec la perspective d’une diminution de 11 milliards d’ici 2017. Composé en grande partie d’élus de ces collectivités, le Sénat a ramené ce nombre à 2,06 milliards. Il a aussi apporté des modifications en relevant le quotient familial.
Ce texte a été adopté par 190 voix pour, et 144 contre. Les soutiens du texte du Sénat sont les groupes UMP, UDI et RDSE. Du côté des élus réunionnais, Paul Vergès a voté contre, Didier Robert et Michel Fontaine pour, et Michel Vergoz contre.

Accord sur le fond

Cette adoption permet la poursuite de l’examen du texte que les sénateurs ne manqueront pas de poursuivre à modifier. Après le vote final de la haute assemblée le 9 décembre, une commission paritaire de l’Assemblée nationale et du Sénat se réunira pour tenter d’harmoniser les textes issus des délibérations des deux institutions. A défaut d’accord, l’Assemblée nationale aura le dernier mot pour imposer le point de vue du gouvernement.
Même modifié, le texte adopté par le Sénat ne remet pas en cause l’orientation prévue par le gouvernement. En effet, une baisse des dotations de 2,06 milliards aura des effets à La Réunion. Cela montre que les partis de l’alternance en France sont d’accord sur la politique de rigueur.

Où sont les spécificités ?

Dans ce contexte, la position de La Réunion est fragilisée. Tant qu’il ne sera pas tenu compte de sa situation spécifique, elle subira les conséquences de décisions inadaptées. Dans notre île, la pauvreté, la croissance démographique et la crise économique nécessitent une intervention plus forte des pouvoirs publics. Cela n’a rien à voir avec la réalité vécue en France.
Il est clair que si la France avait 30 millions de personnes sous le seuil de pauvreté et 10 millions de chômeurs, le gouvernement et son opposition proposeraient d’autres mesures. C’est cette politique différente dont a besoin La Réunion.


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