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Cantonales, sénatoriales et présidentielles : mise en perspective

Sur le blog de Paul Vergès

Témoignages.re / 2 mars 2011

Dans exactement un mois, nous serons au lendemain du 2ème tour des élections cantonales. Il s’agit d’élire 25 conseillers en remplacement des conseillers sortants, sur les 49 qui composent au total le Conseil général de La Réunion. Ces élus siègeront jusqu’en 2014, année où une réforme territoriale devrait entrer en vigueur, réforme voulue par le gouvernement actuel, mais qui sera remise en cause en cas de changement de majorité lors des élections présidentielles et législatives de 2012, autrement dit dans 14 mois.

Par ailleurs, les élections sénatoriales auront lieu dans 7 mois, en septembre. Actuellement, un sénateur et deux sénatrices de La Réunion siègent au Palais du Luxembourg, à Paris. En septembre 2011, les grands électeurs éliront 4 sénateurs.
Ces échéances invitent à mettre les élections les plus proches de nous, celles du 20 et 27 mars, en perspective, à la fois à l’intérieur d’un calendrier électoral et dans le contexte que nous vivons.
Ce contexte, nous l’avons déjà dit souvent, mais il persiste et s’aggrave : c’est la crise qui sévit dans tous les secteurs. Mais à force de toucher de plus en plus de monde, une prise de conscience s’affirme : la nécessité de s’unir pour lutter de manière plus efficace.
L’exemple le plus frappant est la mobilisation contre la suppression de 162 postes dans l’Éducation nationale. Il ne s’agit pas là de la défense d’un aspect corporatiste. Enseignants, jeunes scolarisés et parents d’élèves se retrouvent ensemble pour défendre l’avenir de la jeunesse réunionnaise. Et quand les enseignants se rendent au Pôle Emploi, là aussi c’est pour montrer leur solidarité et le lien entre formation et marché du travail.
Ce rassemblement des forces sociales aura sa traduction politique, et les élections cantonales peuvent participer de ce mouvement. En effet, l’actuelle majorité au Conseil général comporte plusieurs composantes qui, depuis 2008, ont constamment travaillé ensemble : PS, Alliance, Droite sociale et MODEM. On peut penser raisonnablement que les résultats conforteront cette majorité qui pourra ainsi continuer à travailler dans le même sens.
Mars 2011 doit renforcer et non affaiblir le rassemblement le plus large pour le rendez-vous capital de 2012, dans 14 mois.
Pendant ce temps, on constate que celles et ceux qui relèvent de l’UMP font tout pour cacher leur appartenance au parti du gouvernement. Ils s’abritent derrière une nouvelle appellation où la référence à La Réunion n’est qu’un alibi. Il faut sans doute y voir le désir de faire oublier la politique gouvernementale de casse sociale. Veulent-ils aussi faire oublier les sommes que l’État doit au Conseil général pour remplir ses missions centrées précisément sur le social ?
C’est pourquoi nous devons renforcer le rassemblement de toutes les forces sociales et politiques, organisées dans des partis ou émanant de la société civile, pour exprimer notre inquiétude face à la crise qui s’aggrave. C’est à partir de cette base forte que nous pourrons en 2012 manifester notre désir de changement en disant ce que nous voulons pour notre île.


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