Actualités

CDPE-FCPE 974 : Non à la répression chronique

Nouvelle proposition de l’UMP : condamner les parents des délinquants mineurs récidivistes

Témoignages.re / 4 août 2010

Suite à la nouvelle proposition de l’UMP sur la responsabilité pénale des parents des mineurs délinquants, proposant de leur infliger deux ans de prison ferme quand ils n’auront pas fait respecter les obligations auxquelles seront soumises leurs enfants condamnés, le Conseil Départemental des Parents d’Elèves FCPE de La Réunion a souhaité réagir dans un communiqué.

« Après la loi du 29 juin 2010 qui prévoit la suppression des Allocations familiales pour absentéisme adopté par l’Assemblée nationale en première lecture, voici qu’un député envisage une proposition, une autre, afin d’emprisonner pour une durée de 2 ans et de faire payer une amende de 30.000 euros aux parents d’enfants mineurs qui auraient commis des actes de délinquance sur l’exemple du Canada, sous prétexte de réaffirmer les responsabilités de l’édifice familial à satisfaire à ses obligations légales.

Quoi pensez quand l’Etat lui-même de respecte pas ses propres textes, à savoir le remplacement des enseignants absents qui, pourtant, est prévu dans les dispositions des articles L. 131-1 et suivants du Code de l’Education en matière de continuité de service public, quand les moyens de remplacement ne seront pas mis en place afin d’assurer la continuité du service public ? Pour mémoire, l’Etat a été condamné par le Conseil d’Etat, par décision du 27 janvier 1988, qui a reconnu cet état de fait et a eu pour conséquence le versement des indemnités aux parents d’élèves qui ont introduit des recours. Cela ne l’empêche pas pour autant de continuer.

A force de faire de la répression à tout vent, c’est l’aveu d’un échec, l’incapacité de conduire une politique de dialogue et de concertation avec les parents.
A force de demander aux plus démunis et à la classe moyenne de se serrer la ceinture et de déshabiller les services publics (Education nationale, Santé, Maladie, etc), nos dirigeants sont en train de fabriquer une société divisée, inégalitaire à trois vitesses.

Ne faut-il pas privilégier d’abord le dialogue et recréer les conditions du lien social inter-générationnel et travailler sur la proximité dans les quartiers avec les citoyens, avant de brandir la répression et le spectre de l’insécurité dont le discours est centralisé sur les mineurs et la faute aux parents ?

A se demander si la priorité de l’Etat serait la construction de lieux d’incarcération au détriment de lieux d’éducation et de socialisation. »

Pour le CDPE-FCPE 974,
Jean Odel Oumana


Kanalreunion.com