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« Cela ne peut plus durer, il faut faire autre chose »

Yvan Dejean, co-secrétaire général du PCR

Correspondant Témoignages / 1er septembre 2016

Le PCR organise, dimanche à Sainte-Suzanne, une importante assemblée, point de départ d’une action en direction des Réunionnais et des Réunionnaises pour défendre un projet de développement qui prenne en compte les réalités de l’île. Mercredi soir, Yvan Dejean et Elie Hoarau étaient à Saint-Pierre pour rencontrer les responsables des sections du Sud.

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« Ce n’est pas un problème de personne. Ce qui importe, c’est la politique qu’elle va mener. D’autant qu’elle porte aussi le dossier de l’égalité réelle et que c’est ce dernier qui intéresse les Réunionnaises et les Réunionnais », affirme Yvan Dejean, commentant la nomination d’Ericka Bareigts au poste de ministre des Outremer. Et de ce point de vue, tout le monde s’accorde sur un point, « c’est que cela ne peut plus durer et qu’il faut faire autre chose ».

Le secrétaire du Parti communiste Réunionnais énumère ce qui ne va pas. « Des retraites de misère ; des milliers de jeunes diplômés qui n’ont pas de travail ; 30 % de la population au chômage ; un manque de logements sociaux ; 18 % de la population qui ne sait ni lire, ni écrire ; une vie plus chère qu’en France avec une population qui, majoritairement, ne perçoit pas un complément de revenu.

Et pour Yvan Dejean, « cela risque de s’aggraver ». Ainsi, prochainement, 1.500 jeunes vont être jetés au chômage, après un contrat d’avenir de trois ans ; la crise de la canne met en danger l’emploi de 20.000 personnes ; des accords de participation économique (APE) ouvrant nos frontières aux pays voisins sont en train d’être signés entre l’Union européenne et les pays de la zone Océan Indien qui bénéficient déjà d’un plus faible coût de production.

Notre combat de communiste

« On ne peut pas faire cela » s’indigne le co-secrétaire général du PCR qui note que les entreprises réunionnaises n’auront d’autres choix que la fermeture ou la délocalisation, donc à encore plus de chômage. Et pour lui, le fond de l’affaire, c’est que depuis soixante-dix ans, la France refuse de décoloniser La Réunion. Laquelle prend la forme d’une colonisation directe jusqu’à la départementalisation, et d’un néocolonialisme à partir de 1946.

Une situation aggravée par une mondialisation qui entraîne un changement climatique dû aux activités humaines. Une question qui doit nous préoccuper, « même si elle ne fait pas gagner les élections » ; c’est en effet un désastre qui s’annonce dans les pays voisins victimes de la sécheresse, mais aussi chez nous car ce sont les pays insulaires et leur agriculture qui seront les plus touchés.

Un désastre qui n’est pas abordé dans le rapport d’Ericka Bareigts parce qu’il s’appuie sur le système capitaliste basé sur l’exploitation de l’homme, de la femme et des enfants. Or, c’est notre combat de communiste. Si nous ne faisons rien, la situation s’aggraver. Il nous faut redonner confiance à la population, en créant des emplois, notamment par l’ouverture de deux grands services à personne (petite enfance et personnes âgées). Lequel pourraient créer 20.000 emplois pérennes.

Il nous faut aussi régler la question des inégalités. C’est à La Réunion que l’on trouve l’une des plus fortes inégalités de France. Il faut donc lancer une enquête sur la différence des prix entre ici et la France et déterminer une augmentation des revenus qui s’appliquera à tous et à toutes, sans que soit remise en cause la situation actuelle des fonctionnaires.

Le début d’une grande offensive

Aujourd’hui, c’est Paris qui décide. Or, les Réunionnais sont capables de décider ce qui est bon pour La Réunion. Il faut donc créer une assemblée unique capable de légiférer sur la défense de notre économie Il ne s’agit pas de toucher aux droits régaliens de l’Etat. Mais, comme le fait Maurice qui a créé une taxe de 15 % pour défendre son sucre, de soutenir notre économie, en s’appuyant sur des lois péï comme l’autorise la constitution aux Antilles et en Guyane. La loi Bareigts n’aborde pas non plus cette question.

Enfin, il faut créer un fonds d’investissement constitué du versement des bénéfices des grosses entreprises et du PMU, des épargnants et de l’Etat… C’est un ensemble de propositions réunionnaises en rupture avec ce qui se fait depuis soixante-dix ans, que propose le PCR et que l’on ne retrouve pas dans la loi sur l’égalité réelle. Ce qui est contenu dans cette loi n’est pas bon. Les Réunionnaises et les Réunionnais doivent se mobiliser, se battre et être solidaires.

« Nous devons nous mettre en ordre de marche » conclut Yvan Dejean. Car il y aura dans huit mois les présidentielles et dans neuf mois les législatives. Dimanche à Sainte-Suzanne c’est le début d’une offensive pour défendre un véritable projet de développement et aller à la rencontre des Réunionnaises et des Réunionnais.

Correspondant


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