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« Changer de cap »

Intervention d’Elie Hoarau le 30 Septembre 2012 — 1 —

Témoignages.re / 6 octobre 2012

Dans le cadre de la Reconstruction, "Nout Journal" restitue l’intervention du camarade secrétaire général Elie Hoarau, lors de l’Assemblée réunie le 30 septembre 2012 à La Rivière. 

La création du PCR en 1959 poursuivait les objectifs suivants : mettre fin aux séquelles du régime colonial et réaliser véritablement l’Egalité prévue par la loi de 1946, mais qui n’était toujours pas réalisée. Mais la revendication du PCR, dès sa création était aussi le droit des Réunionnais-e-s de diriger leur pays : c’était le programme de l’Autonomie.

Avec le PCR est né une véritable conscience réunionnaise, qui a fédéré toutes les composantes de notre société ; composantes souvent opposées les unes aux autres, exploitées les unes par les autres dans les conditions atroces de l’esclavage, de l’engagisme, de la colonisation. Les communistes ont été les premiers à reconnaître l’existence d’un peuple réunionnais : son identité, sa langue, sa culture, son histoire. Pour faire reconnaître non seulement l’existence mais aussi la dignité de ce peuple, le PCR a lutté pour les libertés, la justice, l’égalité… Pour les libertés électorale, liberté d’expression, liberté de la presse, liberté culturelle, liberté religieuse. De nombreuses conquêtes issues de ces luttes sont devenues irréversibles.

Ainsi, le PCR est vraiment le Parti de La Réunion qui se bat pour La Réunion. En tant que Parti communiste, sa priorité est la défense des plus faibles, des plus démunis… Des avancées sociales considérables ont été obtenues pour les plus pauvres — l’Egalité sociale — pour les planteurs, les ouvriers, mais aussi les femmes, les jeunes…

 Les progrès obtenus par les lutte du PCR, menées avec les militants et les dirigeants, dont, à leur tête, Paul Vergès, sont innombrables. Et il convient de rendre hommage à tous ces camarades, dont certains ont parfois perdu leur vie dans ces combats.

"Le capitalisme malmène les peuples" 

Le PCR s’est aussi montré solidaire des peuples du monde qui luttent pour la liberté, l’égalité, la justice. Aujourd’hui plus que jamais, cette solidarité internationale est une nécessité tant le capitalisme dans sa phase néo-libérale mondiale actuelle, sous la dictature de la finance et des marchés, est en train de malmener les peuples, les richesses de la terre et la planète elle-même. Le PCR doit, encore plus aujourd’hui qu’hier, se battre pour la défense des intérêts des Réunionnaises et réunionnais et être solidaire des peuples en lutte. Défendre les intérêts des Réunionnais-e-s, c’est apporter des solutions à leurs difficultés, et leur ouvrir des perspectives pour les 10-15 ans à venir.

La gravité de la situation actuelle nécessite des mesures pour faire face à l’urgence sociale et tracer des perspectives pour le développement durable.

À chaque moment de leur histoire, les communistes ont montré la voie : en 1946, il y eut la loi loi Vergès-Lépervanche. Les années 1980 furent celles du combat pour l’égalité sociale. Aujourd’hui : il faut inventer de nouvelles solutions, celles appliquées jusqu’à maintenant ayant trouvé leurs limites… L’impératif, c’est de changer de cap ! En ce sens, nous avons fait des propositions à François Hollande. Il était alors candidat, et il les a approuvées. Pour cette raison, nous avons voté et fait voter pour lui dès le 1er tour.

Maintenant qu’il est élu, il faut voir comment il les mettra en œuvre. Et c’est là notre combat d’aujourd’hui. Mais pour avoir une chance de voir se réaliser nos propositions, il nous faut un Parti, fort, uni, solidaire et fraternel.

 

"Ne commettez plus ces erreurs"

Et c’est bien cela qui nous a manqué ces temps derniers. On l’a vu aux dernières élections : aux sénatoriales, comme aux législatives. Ces manquements, dans certains cas, sont imputables aux dirigeants : l’ autocritique est alors de mise et chacun doit pouvoir dire « je prends ma part de responsabilité ». Un Parti fort, c’est d’abord un Parti uni sur des idées, rassemblé autour d’un programme : c’est cela l’unité idéologique.

Nous n’avons pas su garder cette cohésion : c’est une erreur car l’unité idéologique est essentielle dans la vie d’un Parti. Ainsi, je demande à ceux qui vont me replacer demain de ne jamais plus commettre ces erreurs : c’est cela la Reconstruction.

"Assurer le débat interne"

De plus, nous n’avons pas su maintenir une organisation basée sur l’existence et la vie des cellules, afin que la voix des militantes et des militants puissent avoir la même audience que celle des dirigeant-e-s ; pour qu’il n’y ait pas qu’une expression unique, une pensée unique. Dès lors, il nous faut revenir à l’organisation cellulaire du Parti, afin d’assurer le débat interne, garant d’une bonne démocratie. Si ce débat n’existe pas, comment ne pas comprendre les interrogations des camarades sur les alliances électorales, sur la réaction du Parti face aux manquements de tel ou telle camarade ? Ces interrogations sont légitimes…

Le Parti réagit, parfois avec retard, sans informer les camarades des tenants et aboutissants ; informons désormais les camarades, afin que les problèmes soient réglés collectivement le moment venu, dans la transparence. Et pour cela, remettons en place les structures d’échanges et de dialogue entre les militants et les dirigeants : c’est cela aussi la Reconstruction.

(à suivre)  


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